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Auteur/autrice : Vivre le Marais

  • Nouvel an chinois dans le IIIe : rencontre avec Sacha LIN de l’ACRF…

    SachaSacha LIN, chargé du pôle "citoyens" à l'ACRF (photo VlM)

     

     

    Nous connaissons tous ce local qui fait penser à une ruche tant il bourdonne d'activités, au 43 rue du Temple (IVe), siège de l'ACRF (association des chinois résidant en France) où des Chinois vivant et travaillant en France côtoient des Français d'origine chinoise de la première à la troisième génération. Sacha LIN s'occupe de ces derniers. Il appartient lui-même à la deuxième génération. Sa famille vit en France et tient le restaurant Hoa Tong, 35 rue Beaubourg (IIIe), qui s'est spécialisé dans les banquets, mariages et autres réunions de famille. Les clients ordinaires y sont également bien reçus.

    Nous avons évoqué le nouvel an chinois, nouvel an lunaire ou fête du Têt, qui tombe le 16 février. Placé sous le signe du chien, il donnera lieu à deux semaines d'animation à Paris, essentiellement dans le XIIIe car le défilé des IIIe et IVe arrondissements est annulé cette année.

     

    Temple 16 02 18Rue du Temple, carrefour Gravilliers (IIIe). Quelques lampions sont là pour rappeler qu'on change d'année !

     

    Les lampions sont en place pourtant dans le Marais mais ils sont plus clairsemés. Pour Sacha LIN c'est dû au fait que de nombreux commerçants chinois se sont éloignés d'ici pour s'installer à Aubervilliers où ils disposent de meilleurs conditions de travail. Il relève aussi un phénomène de simple lassitude de la part des organisateurs.

    Nous sommes revenus sur ce débat de l'an dernier qui a fait suite à un article de notre part qui traitait de la difficulté de convaincre les commerçants de soigner leurs devantures et de respecter les normes qui découlent des règles d'urbanisme du Marais.

    D'un commun accord, nous avons exprimé le regret que dès l'année 1996 où le règlement du PSMV (plan de sauvegarde et de mise en valeur) est entré en vigueur, les autorités de la Ville n'aient pas engagé un dialogue avec ces commerçants pour les faire adhérer à la grande ambition de réhabiliter le Marais et d'en faire le lieu prestigieux qu'il est devenu aujourd'hui. Ils auraient sans doute compris qu'il était de leur intérêt de participer à l'effort de rénovation  pour profiter en retour de l'attractivité du quartier où ils exercent.

    Certes le mouvement est lancé. Une rue comme celle des Gravilliers qu'on a longtemps montrée du doigt offre aujourd'hui un florilège de commerces à la devanture étonnante de créativité. Mais tous ne sont pas sur ce modèle et il faudra du temps encore pour la rue soit affranchie des devantures qui la défigurent. Une démarche plus pro active aurait probablement permis d'y arriver plus vite.

    GS

     

  • Décrue de la Seine : des berges exclusivement accessibles aux piétons…

    Maison rougeLes berges rive droite à hauteur de la "Maison Rouge" (IVe) (photo VlM) 

     

     

    On peut maintenant accéder aux berges mais difficilement s'y promener car c'est encore "la gadoue". L'eau stagne dans les passages bas et aucun véhicule ne s'y risque. Ce matin, pas de vélos, de trottinettes, de rollers ou de gyropodes, c'était le domaine exclusif des quelques piétons qui ont timidement repris leurs habitudes et des touristes cherchant à ramener chez eux un souvenir peu habituel des bords de Seine.

    Quai HdV

     

    Sur les quais, on circule comme d’habitude, c'est-à-dire pas très bien, sans pourtant que la situation puisse être qualifiée de dramatique, comme montre cette photo prise à 12h00 quai de l'Hôtel de Ville.

     

  • Michel Delpuech Préfet de police de Paris : si je ne fais pas respecter le droit des habitants à la tranquillité, qui le fera ?

    Delpuech
    Michel Delpuech, Préfet de police de Paris, (Photo Le Parisien)

     

    Le droit des habitants à dormir est un impératif de santé publique qui oppose régulièrement riverains et exploitants de lieux musicaux bruyants. L'article 3332-15 du code de santé publique est là pour les protéger. Il précise en particulier que l'émergence du bruit par rapport au volume ambiant ne doit pas dépasse 5 décibels le jour et 3 décibels la nuit (3 décibels correspondent à un doublement du volume sur l'échelle logarithmique des sons).

    Cependant, une loi ne protège que si elle est dûment appliquée. Les riverains de la rue Pierre au Lard en font en ce moment l'expérience et bien d'autres rue Saint-Martin (IIIe) ou place du Marché Sainte-Catherine (IVe)…

    Une sanction, même si elle coule de source eu égard aux débordements constatés et à leur gravité, fait l'objet de recours et d'appels qui laissent les habitants trop longtemps désarmés face aux agressions sonores dont ils sont victimes.

    Dans un interview au journal "Le Parisien", le Préfet se prévaut d'une sévérité accrue en précisant que son rôle est d'assurer un bon équilibre entre le besoin de travailler des établissements qui reçoivent du public, l'aspiration de leurs clients à faire la fête et le respect des riverains. Un triptyque dont le volet "tranquillité" fait trop souvent défaut au bénéfice des exigences du tiroir-caisse.

    Le Préfet répond enfin à une question sur la responsabilité des établissements vis à vis des agissements de leurs clients, un sujet qui donne régulièrement des arguments aux exploitants pour dire qu'ils ne sont pas concernés. Le Préfet précise que l’article L3332-15 évoque "des atteintes à l’ordre public en relation avec la fréquentation de l’établissement ou ses conditions d’exploitation". Elle peuvent servir de fondement à la poursuite de l'exploitant si la matérialité des faits est établie.

    Les mots du Préfet apporteront du baume au cœur de ceux qui tous les jours nous écrivent pour signaler leur détresse et leur désarroi. Ils résonnent en contrepoint du discours trop souvent entendu à la mairie de Paris où, en dépit d'un infléchissement récent dont on attend de constater les effets, l'oreille est entièrement tournée vers les industriels de la nuit et les marchands d'alcool et de matériel de sonorisation.

    Le journaliste aurait pu l'interroger sur la nécessité de mettre fin rapidement aux difficultés issues de la double   interface entre la population et les services de maintien de l'ordre à Paris depuis que la Ville possède ses propres moyens avec la DPSP (direction de la prévention, de la sécurité et de la protection). Nous sommes clairement face à une question grave de "qui fait quoi", accentuée par le fait que les commissariat n'ont plus de numéros d'appel et que le recours imposé au "17" est considéré par les usagers comme un recul sérieux vis à vis de la situation antérieure.

    GS

     

  • Le « conseil de la nuit » met de l’eau dans son vin : la délégation de « Vivre Paris ! » estime avoir été enfin entendue…

    Jean pierre timbaud rue des trois bornes nuit sept 2012

    Une soirée dans le XIe arrondissement

     

     

    A l'issue de leur entretien du 31 janvier avec l'élu à la Mairie de Paris en charge de "la nuit" Frédéric Hocquard, les représentants de "Vivre Paris !" et de "Vivre le Marais!" attendaient sous 8 jours une réponse aux attentes de tous ceux qui subissent des nuisances sonores.

    Ils enregistrent une première satisfaction : le groupe "tranquillité publique" à l'Hôtel de Ville, qui a statué dans la foulée, reconnait désormais que la lutte contre le bruit ne doit pas être circonscrite au trafic routier et à  la prise en compte du bruit dans les politiques d'urbanisation et de construction. La mairie vient de décider d'élargir le champ et d'intégrer tous les bruits de la nuit.

    Ainsi, le PPBE (plan de prévention du bruit dans l'environnement) dont l'existence est une obligation européenne, inclut désormais les bruits de la nuit. C'est un changement substantiel et la chronologie des évènements suggère que nos interventions auprès de la Maire de Paris et de ses Adjoints ont joué un rôle dans cette décision. Il nous reste à faire un suivi attentif de cette annonce pour s'assurer qu'elle ne reste pas lettre morte !

    Au sujet des nuisances subies par les riverains nous avions demandé la création d'un "circuit court" d'objectivation et de recherche de solutions au niveau des arrondissements. La Mairie de Paris en accepte le principe et s'engage à porter le sujet devant chacune des mairies d'arrondissements, en notre présence.

    Nous mettrons cette évolution à l'épreuve des situations conflictuelles qu'on a identifiées dans nos quartiers. S'agissant du Marais, IIIe et IVe, ces points sont bien connus et heureusement peu nombreux.

    Nous commençons avec une première étape sous un mois : la rencontre  avec les "référents nuits" des arrondissements, sous l'égide de la mairie de Paris.

    "Vivre Paris !"

     

  • Chez nos amis anglais, on n’est pas comme les autres : on roule à gauche et les victimes du bruit seraient responsables de leur infortune ?

     

    LondonLondon Tower Bridge by night

     

     

    La "règle d'antériorité" est comme le Phoenix, un sujet dont on pense qu'il est mort tant il était usé mais qui réapparait ici ou là et qui conjugue mythologie et mythe. La mythologie c'est l'oiseau qui renait de ses cendres. Le mythe c'est l'entretien de l'idée que l'impossible est possible.

    De quoi s'agit-il ? Des exploitants de lieux musicaux : discothèques, bars, salles de concerts…. Des établissements bruyants par construction. Leurs voisins subissent les nuisances sonores qu'ils produisent, se plaignent et obtiennent quelques fois condamnation et réparation.

    Le phénomène existe en France comme ailleurs. Depuis les "États Généraux de la Nuit" en 2010 nous en entendons parler comme d'une revendication de base des industriels de la nuit. Elle repose sur le sophisme qu'un habitant n'a pas le droit de se plaindre s'il s'installe près d'un établissement bruyant qui était là avant lui. A ce titre, les exploitants de lieux musicaux réclament une loi qui protège leur activité.

    C'est impossible mais ils feignent de l'ignorer. Impossible, comme le mouvement perpétuel, car la loi ne serait pas la même pour un résident de longue date et pour celui qui vient d'arriver. Aucun pays civilisé, aucun État de droit ne peut admettre que la loi ne soit pas la même pour tous.

    Comment se fait-il alors que leurs confrères anglais, qui affirment que 35 % des salles de concert ont fermé durant ces dix dernières années, crient victoire en ce moment ? Pour faire valoir ses revendications, le secteur a réclamé le soutien des députés de la Chambre des communes. Suite à une manifestation devant le Parlement, le gouvernement britannique a annoncé l’arrivée imminente d’un projet de loi qui protégerait ces institutions, parfois mythiques qui se disent "l’âme des quartiers".

    Les anglais auraient-ils découvert le mouvement perpétuel ? Non et leur euphorie devrait être modérée car le projet, s'il voit le jour, ne concernerait que les nouveaux programmes immobiliers dont les promoteurs choisiraient une surface à proximité d'un espace musical. C'est l'ensemble de l'immeuble dans ce cas qui serait frappé d'alignement, avec l'interdiction de se plaindre.

    Le principe qualifié  "d’agent de changement" dispose que les promoteurs immobiliers devraient prendre en compte l’environnement préexistant avant de construire leurs logements et ne pourraient plus réclamer un changement par la suite. La pression serait mise sur eux pour qu'ils insonorisent leurs constructions.

    UK Musik qui représente l'ensemble du secteur exulte et déclare : "C’est un soutien fabuleux pour l’industrie de la musique live". Ils ne devraient pas se hâter de se réjouir car il y longtemps qu'on parle de l'affaire et elle n'est toujours pas aboutie. Transposée à la France et à l'Union Européenne, qui ont des lois pour lutter contre le bruit, on ne voit pas nos parlementaires instituant une loi scélérate et le Conseil Constitutionnel approuvant un défaut de justice dans le traitement des citoyens.

    La justice telle que nous la concevons et telle que nous la défendons c'est celle du "pollueur payeur" qui impose aux espaces musicaux une étude d'impact et l'insonorisation de leurs locaux pour le respect des lois en la matière.

    GS

     

  • Avis conforme des ABF : le Président Macron apporte des apaisements aux inquiétudes des associations de défense du patrimoine

    Canonica  vue latérale 11 06 09Magnifique église romane du XIème siècle, la Canonica près de Bastia, dans la zone aéroportuaire

     

     

    La loi CAP relative "à la liberté de création, à l'architecture et au patrimoine" a été votée en juillet 2016. Bien soutenue par le Sénat qui a usé de son influence pour que le patrimoine français ne soit pas trop sacrifié aux exigences du développement économique, elle comprend néanmoins des dispositions qui depuis sa promulgation ne cessent de préoccuper les associations de défense du patrimoine. Parmi elles, le rôle de l'ABF (architecte des bâtiments de France) qui perd de ses prérogatives en faveur des collectivités territoriales.

    La fédération "Patrimoine & Environnement" qui fait autorité sur le territoire national en a saisi le président de la République. Son président Alain de la Bretesche nous apprend qu'il vient de recevoir une réponse d'Emmanuel Macron, datée du 29 janvier 2018. Dans cette lettre qu'on peut télécharger le président de la République répond à la crainte exprimée par les associations que l'ABF n'ait qu'un rôle mineur dans l'approbation des projets d'urbanisme au lieu de "l'avis conforme" dont il a disposé jusqu'à un passé récent.

    Emmanuel Macron précise qu'il "n'est envisagé de transformer ….. l'avis conforme des ABF en avis simple, que pour certains projets très réduits tels que l'implantation d'antennes de radiotéléphonie et pour les seuls immeubles voués à la démolition, qui n'auraient pas fait l'objet d'une décision de classement".

     

  • Pluie, neige, froid, inondations : Paris se souviendra de février 2018 !

    Crue de la Seine pont Marie 26 01 18Crue de la Seine au Pont Marie (Photos VlM)

     

    A gauche, la berge rive droite (IVe) est recouverte par la Seine. Au fond le Pont Marie ; à droite l'Île Saint-Louis ; le 26 janvier 2018.

     

    Haudriettes neige 06 02 18La neige tombe drue dans le IIIe. Ici, rue des Haudriettes, le 6 février 2018 (très beau spectacle avec un clic gauche dans la photo puis un deuxième)

     

    Le 8 février, la journée a été ensoleillée mais froide. Le sol est glissant. La journée du 9 sera neigeuse et froide si l'on en croit la météo (elle ne se trompe plus beaucoup maintenant…).

     

  • Au conseil de Paris de février, la Maire sur la sellette sur les problèmes de propreté !

     

    HidalgoAnne Hidalgo (Photo Europe 1)

     

     

    Le conseil de Paris de février 2018 se tient du lundi 5 au mercredi 7. La propreté y occupe une place importante comme en témoigne cet article d'Europe 1.

    La Maire y condamne l'incivisme des parisiens eux-mêmes. Elle n'a pas tort de les mettre face à leurs propres responsabilités et contradictions. Elle oublie cependant de dire que la mairie de Paris, depuis 2014, joue les pompiers pyromanes. En faisant à grands frais la promotion de la fête et de la nuit, en ouvrant les parcs 24h/24, alors que le maintien de l'ordre et de la propreté sont inexistants, elle a fait le lit des débordements qu'on constate aujourd'hui. Au petit matin, lors des beaux jours, ce sont des tombereaux d'ordures que les agents de la Ville récupèrent dans les espaces verts avec l'obligation incompatible avec leur dignité de ramasser déchets et excréments.

    A chacune de nos rencontres avec Mao Péninou, le Maire-Adjoint à la propreté à l'Hôtel de Ville, nous avons apporté le message qu'au delà de la propreté objective, il y a une "propreté perçue" qui résulte de l'état de l'ensemble du mobilier urbain, qui croule sous les graffiti, affiches, affichettes et autres autocollants. Armoires électriques, boitiers de commande de l'éclairage urbain, bancs publics, plaques de rues, boites aux lettres,… sont visées par les vandales mais ignorées des services de la propreté.

    Tout n'est pas négatif cependant. Si Paris souffre à l'évidence d'une insuffisance (ou d'une faible productivité) des agents de nettoiement, quelques progrès sont enregistrés çà et là. On ne peut pas nier par exemple que le service d'enlèvement des graffiti et des affiches sauvages est devenu plus réactif. Le week-end dernier, la direction de la lutte contre les incivilités de la mairie de Paris (la DPSP) est intervenue pour retirer la forêt d'affiches sauvages "Tapis d'Orient" qui avaient fleuri aux carrefours principaux des IIIe et IVe arrts, et dressé procès-verbal.

    Le Maire du IIIe, Pierre Aidenbaum, s'est fait lyrique pour son intervention à la tribune en citant Jacques Dutronc et son fameux "Il est cinq heures, Paris s'éveille…". Extraits :

     

    "C’est d’abord à ces agents que je veux rendre hommage, leur exprimer ma profonde gratitude, celle d’un Maire d’arrondissement …. qui sait ce qu’il doit à l’intervention quotidienne des services de la propreté : cantonniers, conducteurs d’engins, ripeurs, chefs d’équipes, qui balaient, nettoient les rues, déblaient les marchés, collectent les ordures".

    Quant aux parisiens :

    "… Ils ont une très grande attente. Elle est légitime. Paris doit être propre. Et je dirais, encore plus propre qu’elle n’est aujourd’hui…. Hors de question en effet pour moi, pour nous, majorité municipale, de fermer les yeux, de nier les problèmes qui existent".

     Des mesures concrètes selon lui ont été mises en œuvre.

    "Je pense à l’extension des horaires saisonniers, du week-end et en soirées…. particulièrement dans le Marais….Je pense au renforcement de la lutte contre l’affichage sauvage, aux équipes transverses (propreté, voirie, espaces verts) qui seront en place en 2018, pour agir rapidement …

    Je pense également qu’il faudra mieux responsabiliser les superettes et grandes surfaces alimentaires, ainsi que les cafetiers qui ne sont pas suffisamment respectueux de l’espace public.

    Je pense enfin aux nouveaux matériels avec un effort d’investissement très conséquent.

    Et puis, il y a la verbalisation".

     

    Le thème de la propreté est appelé à occuper le devant de la scène jusqu'aux élections prochaines, en principe 2020. Est-ce une assurance que la situation va s'améliorer ? On veut le croire et il faut que chacun participe activement. Nous le disons régulièrement : n'hésitons pas à enlever des affiches sauvages ; si une bouteille ou un sac plastique traine par terre ne répugnons pas à les ramasser et à les déposer dans la corbeille la plus proche….

    GS

     

  • Saga judiciaire autour (et au-dessus) du « Klein Holland » (IVe)

    KleinPub "Le Klein Holland", 36 rue du roi de Sicile (IVe) (photo SOS Conso)

     

     

    Cette affaire hors du commun n'a pas échappé à la plume avisée de Rafaële Rivais qui dirige SOS Conso, le blog du quotidien "Le Monde".

    Elle relate sept années de procédure judiciaire dont le pub "Le Klein Holland", un établissement bruyant, est la cause involontaire quoique active. Les évènements sont décrits par le menu dans deux articles successifs de R. Rivais (article du 5 février et sa suite le 6 février). Nous nous contentons de les résumer en espérant cependant qu'ils ne perdent rien de leur sel.

    En 2011, M. X visite plusieurs fois un appartement au-dessus du Klein Holland en vue de son acquisition. Il voit bien qu'il est au-dessus d'un bar mais il n'entend pas de bruit et l'agence immobilière l'assure qu'il est insonorisé. La promesse de vente est signée mais le jour-même il retourne à l'appartement et cette fois il y du bruit. Il fait faire un constat d'huissier étendu au relevé des SMS du téléphone du gérant. C'est là qu'il découvre le pot aux roses : à chaque visite, les filles du vendeur ont téléphoné au bar pour lui demander de baisser le son…

    En décembre, l'acheteur assigne le vendeur en justice en vue d'annuler la vente.

    Le 30 mai 2012, le TGI de Paris annule la vente et prononce le versement à l'acquéreur de dommages-intérêts.

    Le 12 décembre 2013, en appel, la Cour infirme le jugement de première instance estimant que l'acheteur aurait pu savoir qu'il y avait du bruit…

    L'acheteur va en cassation. La Cour statue le 7 avril 2015 en annulant le jugement et en renvoyant les parties devant une Cour autrement constituée. Cette deuxième Cour d'appel, le 16 septembre 2016 rejette la décision d'annulation.

    L'acheteur se pourvoit de nouveau en Cassation le 21 décembre 2017. Sa demande est définitivement rejetée.

    A l'issue de ces sept années de procédure, M. X se trouve donc propriétaire d'un logement dont il avait voulu se débarrasser considérant qu'il a subi un dol de la part du vendeur qui a triché sur la marchandise. La justice ne l'a pas suivi dans sa démarche et cette procédure lui a probablement couté fort cher.

    Devons nous pleurer sur son sort ? A ce stade nous n'avons pas de commentaire à faire car il s'agit d'une affaire civile entre deux personnes, l'acheteur et le vendeur. La véritable question qui se pose pour nous aujourd'hui est de savoir si le pub est dans son droit ou non.

    Si le bruit qu'il fait est dans les limites de ce que la loi a établi, il faudra soit que le nouveau propriétaire du logement s'en accommode soit qu'il déclenche une action "au civil" contre le gérant du pub cette fois en apportant des éléments convaincants sur la gêne subie.

    Mais il est malheureusement possible que le bruit causé par l'établissement dépasse la norme de 5 décibels d'émergence le jour et 3 décibels la nuit. Le riverain pourra le faire valoir, au civil s'il le décide, mais aussi au pénal en faisant intervenir le nouveau service de la Préfecture de police qui répond désormais au sigle P.E.C (pôle études et contrôle).

    GS

     

  • Est-ce le principe de causalité ou le simple hasard qui porte dans l’actualité les sujets dont on parle depuis longtemps ?

    La croixLe coche et la mouche. Fable de La Fontaine. Illustration "La Croix"

     

     

    Au risque d'être accusés de jouer la mouche du coche, nous nous demandons chaque jour davantage si le combat épistolaire que nous menons depuis quelques années sur les sujets qui intéressent la société, la politique quelques fois, la vie de la cité plus couramment, ne finit pas par influencer ceux qui font l'opinion publique (les médias) et ceux qui en recherchent le soutien (les politiques).

    Le 30 novembre 2016, un membre de l'association découvrait que des rats s'ébattaient aux yeux de tous dans le jardin de la Tour St Jacques. L'information publiée sur le champ fit le tour de la Terre avec des reportages sur le vif de la Télévision danoise, de la BBC, du New-York Times, de la chaine CNN et de tous les médias français.

    Nous dénoncions la malpropreté de Paris. La nouvelle fit écho à notre plaidoirie pour une ville plus propre et le sujet s'est désormais imposé dans les salons de l'Hôtel de Ville où il met sous tension la Maire et ses Adjoints.

    En 2010, alors qu'il était à mi-parcours, Bertrand Delanoë lançait les "États Généraux de la Nuit" à l'instigation d'un certain Ian Brossat, président du groupe communiste au conseil de Paris, plus connu aujourd'hui pour son rôle dans la politique logement de la Ville. C'était l'évènement qui devait transformer Paris en capitale mondiale de la fête et des nuits débridées…

    Nous répondions alors en créant "Vivre Paris !", un collectif ouvert d'associations dont l'objectif est la protection de l'espace public face à l'invasion des terrasses, la tranquillité des parisiens et leur droit à dormir la nuit. Les médias y sont devenus attentifs et il est révolu le temps où les riverains, considérés comme des grincheux, étaient gentiment priés d'aller vivre à Rodez !

    Il ne se passe plus une semaine sans que des journalistes nous contactent pour une interview ou un reportage sur le tapage nocturne et les litiges avec des établissements qui se soucient peu de leur environnement et des lois en la matière. De véritables institutions comme le Zénith, qui s'est cru longtemps en marge de la loi, se voient contraintes par les tribunaux à respecter les résidents et à payer de lourdes amendes avec dommages-intérêts.

    Dès que Paris fit acte de candidature pour l'organisation des Jeux Olympiques de 2024, nous avons exprimé  notre réserve en soulignant le fait que plusieurs grandes villes, mieux inspirées, s'étaient désistées, par crainte du désastre financier qui les attendaient. L'opinion, endormie un moment par la communication grisante qui en fut faite, et les médias qui savent brosser dans le sens du poil, ont manifesté dans un  premier temps un enthousiasme béat. 

    Il est quelque peu retombé. Une enquête du JDD du 4 février sur un panel de 1.821 personnes montre qu'elles sont à 40% défavorables aux JO de Paris. C'est considérable car les lecteurs du JDD (1.800.000 revendiqués), sont répartis sur la France entière. Seuls les parisiens ont de sérieuses raisons d'être contre et Paris ne représente que 3% de la population française. Il est fortement probable, au vu de ce chiffre, que nous soyons une forte majorité silencieuse à Paris à ne pas vouloir des JO. Si la Maire de Paris avait accepté, comme ses homologues à Hambourg, Boston, Budapest ou Rome l'organisation d'un référendum, le résultat aurait sans doute été sans appel.

    D'autres combats nous mobilisent encore : le traitement inégalitaire des deux-roues motorisés qui ne veulent ni du contrôle technique ni du stationnement payant, défendus en cela par l'association des "motards en colère", prompts à manifester agressivement dans les rues avec leurs engins bruyants et polluants,  la circulation et la place de la voiture, les tours  à Paris et la politique d'hyper densification, les tags et le street art, le logement social qui n'en est pas, les locations touristiques, les idées reçues sur la pollution, la baisse regrettable des moyens et prérogatives des ABF, les conseils de quartiers et le budget démago-participatif, et pour finir la gabegie des subventions aux associations.

    Ces sujets ne sont pas au cœur de l'actualité mais forts de notre expérience et de notre vécu, nous ne serions pas étonnés qu'ils le deviennent à leur tour…

     Gérard Simonet

     

    Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé,

    Et de tous les côtés au soleil exposé,

    Six forts chevaux tiraient un coche.

    Femmes, Moine, Vieillards, tout était descendu.

    L'attelage suait, soufflait, était rendu.

    Une mouche survient, et des chevaux s'approche ;

    Prétend les animer par son bourdonnement ;

    Pique l'un, pique l'autre, et pense à tout moment

    Qu'elle fait aller la machine…

    Jean de La Fontaine