Berges rive droite à hauteur du Pont Neuf (Photo Reporterre)
"Reporterre", le "Quotidien de l’Écologie",publie une tribune de Frédéric Héran, économiste, urbaniste et maître de conférences à l’université de Lille 1, qui contredit le rapport que la Région Île-de-France diffusait il y a deux mois en critiquant la mesure.
Il faut prendre connaissance de cette tribune. Nous savons bien que les opinions sont partagées sur ce dossier et varient en fonction des intérêts de chacun. Mais au-delà de cette constatation, il reste les tendances lourdes : l'exemple des autres grandes villes, la lutte contre la pollution de l'air et l'encombrement des rues, la nécessaire baisse de la dépense énergétique. Le Député LREM du IVe Pacôme Rupin nous confiait récemment que si son mouvement était amené à conquérir la mairie de Paris, il ne reviendrait pas sur la fermeture des berges.
Le plaidoyer de Frédéric Héran, de notre point de vue, est intéressant mais on peut regretter qu'il reproche au rapport du conseil régional ce qu'il pratique lui-même, à savoir une argumentation visiblement partisane et un brin manipulatrice elle aussi.
Il fait peu de doute cependant que ce qu'il annonce soit vrai : la circulation a baissé de façon sensible à Paris dans son ensemble, du fait sans doute de "l'évaporation" (il vaudrait mieux parler ici de "sublimation") de trafic dont il parle.
La future boulangerie Nicolas Flamel 34 rue de Montmorency(photo VlM)
Nous avons relaté avec tristesse dans un article du 22 octobre 2017 la fermeture de la boulangerie 34 rue de Montmorency (IIIe).
Alors que les habitués craignaient que ce magasin soit repris pour y installer une activité différente, les repreneurs qui se sont récemment déclarés, aujourd’hui à la tête du restaurant Nicolas Flamel, ont annoncé qu'ils rouvriraient la boulangerie en mars prochain.
Voilà qui réjouit les clients. Des affiches sont déjà apposées annonçant cette prochaine évolution et la réouverture dans quelques mois.
Nous sommes nous aussi très heureux que ce commerce revive et conserve la même activité. Il nous tarde de connaitre les aménagements qui seront apportés.
Notre article du 17 janvier sur la fermeture annoncée de la boutique Valentino et l'installation prochaine de l'horloger de luxe Royal Quartz Paris nous a valu l'intervention du BHV/Marais, propriétaire des immeubles, qui nous indique les conditions dans lesquelles ce changement s'opère.
Son directeur général Alexandre Liot nous précise que Valentino n'a pas quitté sa boutique parce que les affaires ne marchaient pas mais tout simplement parce que son bail se terminait le 31 décembre 2017 et qu'il était prévu que l'horloger prenne sa succession.
Nous avons échangé sur le modèle économique de ces commerces qui, vus de l'extérieur, ne semblent pas très actifs et font planer des doutes sur leur rentabilité et la pertinence de leur implantation dans le Marais. Alexandre Liot s'en explique et nous rassure : les transactions dans ces magasins portent sur plusieurs milliers d'€ chacune et il suffit de deux ou trois ventes par jour pour équilibrer les comptes. Elles sont par ailleurs le fait d'acheteurs discrets qui n'ont rien à voir avec les chalands ordinaires. Des gens qui ont pour habitude de ne pas se montrer beaucoup…
Nous préférons qu'il en soit ainsi. Nous devons nous réjouir que la France soit leader dans l'industrie du luxe. Elle fournit des milliers d'emplois et en crée sans discontinuer. Elle contribue à la balance des paiements et participe au prestige et au rayonnement de la France, que ses actionnaires soient français ou non.
In Memoriam : Valentino, 13 rue des Archives (IVe) – "Le flux les apporta, le reflux les remporte… – Corneille – Le Cid – acte IV scène 3"
Du 9 au 13 de la rue des Archives (IVe), cinq boutiques de luxe ont été ouvertes il y trois ans dans les immeubles qui appartiennent au BHV/Marais (Groupe Galeries Lafayette). Cinq griffes prestigieuses y ont installé leur boutique : Gucci (Kering), Givenchy (LVMH), Moncler (Remo Ruffini), Fendi (LVMH) et Valentino (propriété d'un fonds qatari).
La population les a accueillis froidement en dénonçant le caractère austère et répétitif de leurs devantures. D'autres se sont plaints de l'évolution de leur environnement familier vers un luxe qui leur devenait inaccessible. Tout en reconnaissant que ces réactions étaient légitimes nous avons fait plusieurs fois observer que ces commerces ne créaient aucune nuisance et que si leur esthétique ne contribuait pas à égayer la rue elle ne l'enlaidissait pas pour autant.
Ce que nous jugions plus préoccupant avec ces boutiques c'était leur absence de fréquentation. On a pu constater pendant ces trois années qu'en dehors des deux ou trois employés qui assuraient l'accueil, il n'y avait jamais personne à l'intérieur. Chacun y est allé de son explication : "les marques veulent une vitrine dans le Marais et sont prêtes à en payer le prix…" ou "ces boutiques sont le fruit d'une erreur marketing dont les conséquences seront tirées un jour…".
Il semble que Valentino ait décidé de faire droit à la deuxième hypothèse. Une affiche annonce sa fermeture et l'occupation prochaine de la boutique par un horloger de luxe "Royal Quartz Paris" qui ouvrira au printemps prochain. A vrai dire, on note le changement mais on est en droit de se dire qu'on ne change pas de paradigme : on est et on reste dans le luxe et le prestige.
Pourquoi pas. Mais qu'en sera-t-il des autres si, comme on le craint, ils perdent de l'argent depuis trois ans ? Quelle est leur capacité de résistance ? et celle surtout de leurs actionnaires ? Peut-on croire qu'en dépit de l'ambiance qui règne dans cette partie du Marais, qui n'a rien de l'avenue Montaigne, les acheteurs du golfe qu'on attendait rue des Archives décident effectivement de s'y encanailler un peu ?
Pouce en bronze, sculpture de César exposée sur la piazza du Centre Pompidou
Le temps maussade de ces derniers week-ends invite à fréquenter les musées autour de belles expositions et sur ce plan le Marais est « gâté ».
Conjointement à l’importante exposition Derain dont nous avons parlé (notre article du 8 octobre 2017) le musée Pompidou organise jusqu’au 23 mars une première et imposante rétrospective César comme l’annonce aux passants l’énorme pouce en bronze, une sculpture de l’artiste installée sur la Piazza . De son vrai nom César Baldaccini, le sculpteur est une « figure majeure du Nouveau Réalisme. » dont on peut apprécier l’œuvre à travers près de 100 pièces arrivées du monde entier. Lorsque l’on évoque César on pense notamment aux « Fers soudés », aux « Vénus » et au bestiaire qu’il invente, ainsi qu'à ses premières « Compressions » dans les années 1960. « Habité par une dualité constante entre tradition et modernité, l'artiste bouscule et intrigue son public. Plus de 50 ans de carrière, une œuvre profondément renouvelée et une inspiration conduite par la logique des matériaux qu'il s’est appropriés. »
De 11h00 à 21h00 sauf le mardi
Photographie de Marlène Dietrich(Photo The Guardian)
Le Musée européen de la photographie 57 rue de Fourcy (IVe) propose 200 des 2 000 photographies de Marlène Dietrich réunies par un passionné (Pierre Passebon) toutes prises par des photographes talentueux et de renom qui ont immortalisé la star, la chanteuse et l’actrice « l’éternelle Dietrich » comme elle fut souvent appelée.
Sa beauté, sons style insensé, son élégance, ses aventures amoureuses contribuent au mythe qui l’entoure et que restitue en partie cette exposition "Obsession Marlène" qui illustre son histoire incroyable ? A voir
La Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) instituée en 1959 par le Conseil de l'Europe a son siège à Strasbourg
Sur le fondement de l'article 8 qui établit le "droit au respect de la vie privée et familiale" dans la Convention Européenne des Droits de l'Homme, la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) vient de condamner la conseil municipal de la ville de Valencia (Valence) – Espagne pour n'avoir pas pris les "mesures visant à faire cesser les bruits émanant de bars, pubs et discothèques" dans certains quartiers. (Le Monde, Blog SOS Conso – Rafaële Rivais)
La CEDH considère qu'il y a "violation de l'article 8" et condamne la Ville au paiement de 7.000 € pour préjudice et 6.671,26 € pour frais et dépens. (On peut télécharger le jugement en anglais ICI)
Cette décision, qui fait jurisprudence européenne en France comme ailleurs dans l'UE, a fait droit à la requête n°23383/12 du requerrant espagnol Miguel Cuenca Zarzoso contre la Ville. Des demandes similaires avaient été précédemment rejetées par la Cour Constitutionnelle d'Espagne. La Cour européenne des Droits de l'Homme leur oppose donc un démenti.
Le centre de Valence et la cathédrale Sainte Marie (XIIIème siècle)
Nous allons dédier cet article à la Délégation à la nuit de la mairie de Paris qu'anime Frédéric Hocquard. Une structure créée en 2104 qui s'est essentiellement occupée depuis à promouvoir, parmi d'autres, l'activité nocturne d'organisations comme Culture Bar Bars dont l'objectif est de donner licence à tous les bars d'organiser des concerts nocturnes de musique amplifiée.
La décision qui concerne Valence est porteuse de deux messages : la nécessaire prise de conscience des municipalités que leur responsabilité est pénalement engagée si elle ne font pas régner le calme la nuit et, pour les citoyens dont la tranquillité n'est pas respectée, la perspective d'obtenir la reconnaissance de leurs droits, si nécessaire, par des décisions de justice.
En France les décisions pleuvent. SOS Conso s'en fait l'écho :
Acquarelle de Michel Duvoisin. Paris 3ème et 4ème arrondissements – Éditions Équinoxe.
"La poésie de rentrée sur 2018" de notre sympathique inconnue m'a donné l'idée de poursuivre dans cette veine poétique pour mettre en exergue les pages principales de notre combat contre l'incivilité, en préservant et mettant en valeur notre patrimoine et notre art de vivre".
Michel du Marais
Cliquez dans la flèche pour entendre pendant votre lecture du poème l'Impromptu n°3 en Sol bémol de Franz Schubert dans l'interprétation sublime qui en est donnée par la jeune pianiste Olga Jegunova. Wladimir Horowitz est dépassé. Seul Murray Perahia fait aussi bien. Une référence !
GS
Ballade pour Paris
Quatrain véloce
Régression de la trottinette
Agression des rollers sur pieds
Et pauvres passants oubliés
Chahutés comme des marionnettes
Quatrain musclé
Paris, branle bas de combat
Quand des tagueurs tristes et viles
Salissent les sergents de ville
ACAB: Assez, C'est Assez, Basta !
Quatrain marchand
Passants pris au piège des espaces de vente,
A la queue leu-leu et entourés de nervis
De la publicité les sinistres servantes
Des réductions de prix, des atteintes à la vie !
Quatrain flyer
Des afficheurs de pub, des marchands de tapis
Qui fixent à tour de bras leurs infos exotiques
Sur tous les pylônes et sur tous les abris
Las, le piéton-chaland les voit comme des tiques
Quatrain motard
La colère est dit-on mauvaise conseillère
Et donne un coup de vieux, comme la pollution
Motards de tous les droits et des belles œillères
Ami du bruit, te mettre au pas, c’est ta sanction !
Quatrain climatique
Un coup de froid sans la moindre gelée dans l'air
On ouvre en grand le gaz, le plein de CO2
Pour réchauffer les terrasses comme pas deux!
Et l'Accord de Paris ? Et quid des pauvres hères ?
Quatrain canin
Beuh-Ah les déjections canines qui dégoûtent
Que l’on doit éviter, que l’on doit contourner
Transformant nos parcours en espaces de joute
Amis des animaux et de la propreté
Quatrain sonore
Ballet de décibels écorchant les oreilles
Des riverains arrachés des bras de Morphée
Qui appellent au silence les coryphées
Des fêtards amateurs de sons et de merveilles
Quatrain juridique
Ceux qui se jouent des lois, aiment se goberger
Insultant le voisin, des serpents à sornettes :
Vous ne fermez pas l’œil, et bien déménagez !
Pour faire prospérer nos sinistres guinguettes
Quatrain machiste
Difficile à changer, ces habitus « malins »
Mots intolérables, violences conjugales,
Inculture bar-bar(e), malaise au quotidien
Faire vivre un combat pour l’égal à égale
Quatrain historique
Paris ! On s'est aimé, on s'est battu sous tes murs
Immeuble Art Nouveau, 32 rue des Archives. La modénature de la façade est riche, les parties hautes sont mises en valeur : loggias, balcons, lucarnes, colonnes, chapiteaux, consoles, corbeaux, voutes en ogive, piédroits, corniches …
Parmi les nombreux dessins que nous a laissés Pierre Colboc qui rappelons-le a présidé aux destinées de Marais-Quatre et nous a quittés récemment, l'un d'eux avait pour but, en architecte avisé qui organisait des visites dans le quartier de nous familiariser avec des termes techniques que nous pensons connaitre mais que seuls les architectes savent véritablement attribuer à la partie ad hoc d'un bâtiment ou d'un monument.
Dessin de Pierre Colboc pour illustrer son glossaire des termes techniques d'architecture
Qui sait vraiment à quel endroit précis sont situés sur un immeuble le corbeau d'un mur gouttereau, des boisseaux, un piédroit, un jambage ou bien un larmier ?
Nous avons publié le 12 avril 2016 le glossairede Pierre. Les dessins ci-dessus sont là pour lui fournir un support visuel
Nous remercions la famille de Pierre de nous avoir autorisés à reproduire ce document sur notre blog.
Devanture du COX Bar, 15 rue des Archives (IVe), alias "Le Chalet de la Poutre (*)" (photos VlM)
Il n'est pas dans nos habitudes de nous esbaudir des facéties décoratives du COX mais cette fois nous sommes séduits. Nos compliments pour cette ornementation n'en ont que plus de poids, car elle ne manque ni de charme ni d'audace. Pas très sûr évidemment que l'esprit du PSMV (plan de sauvegarde et de mise en valeur) du Marais soit respecté. Mais il arrive qu'on fasse de jolies choses en bousculant les règles…
Pourquoi ce maquillage ? On chuchote qu'une fois par an l'établissement revêt une parure éphémère pour célébrer une longévité qui ne se dément pas puisqu'il existe dans sa forme actuelle depuis 1995. La décoration illustre un thème en lien avec son orientation. C'était "Tapette Market" en janvier 2017 ; c'est "Le Chalet de la Poutre" cette année. On prend les paris pour 2019…
GS
Façade en trompe-l’œil sur le square Ste Croix de la Bretonnerie
(*) Ce titre sonne comme un contrepet, mais on ne l'a pas trouvé, un peu comme pour "l'album de la comtesse" du Canard Enchainé !
Une station équipée des nouveaux Vélib' Smoovengo (photo LP/J.-GB)
Les usagers n'en reviennent toujours pas. Alors que le syndicat Vélib' Métropole nous annonçait voilà plusieurs mois avoir éconduit JCDecaux au profit de la société montpelliéraine Smoovengo (notre article du 24 mars 2017), la mise à disposition opérationnelle dès le 1er janvier des nouveaux vélos (dont certains électriques) s'enlise.
Ainsi après avoir indiqué que 600 stations seraient installées dès le début de l'année, Smoovengo a ramené ensuite sa prévision à 300, or ce sont seulement 87 stations qui sont actuellement équipée sur les 1 600 concernées, ce qui fait particulièrement désordre.
Outre le mécontentement des abonnés pour ce retard important, des bugs inattendus sont signalés, le centre d'appels est débordé, l'application est jugée peu conviviale et le déverrouillage des deux roues est aléatoire … Une pétition circule demandant que l’abonnement ne soit pas prélevé tant que les stations ne seront pas équipées et des élus se disent favorables à cette mesure.
La Maire de Paris brandit quant à elle la menace de réclamer à Smovengo les pénalités financières prévues au contrat…
Tout cela fait grand désordre, cet appel d'offre a t-il été mené avec tout le sérieux voulu ? Est ce que toutes les études préalables entreprises ont été bien menées ? Ce dossier n'est pas banal. Entre les recours en justice entrepris par JCDecaux et l'intégration de ses salariés suite au conflit social, l'électrification des stations….Les entraves ont été nombreuses mais cela ne devait-il pas être anticipé et pris n compte dans la gestion du projet tant pas le syndicat que par l'entreprise adjudicataire du marché et le projet géré en conséquence? .
Entre temps les vélos concurrents fleurissent dans tout Paris renforçant cet aspect de désordre ambiant (notre article du 22 novembre 2017)… mais comme trop souvent dans l’administration ou chez les élus, personne n’est responsable c'est un ensemble de facteurs et de circonstances qui…!!
Cette situation n'est pas pour déplaire malheureusement aux piétons qui sont effarés de voir les cyclistes (et des motocyclistes) circuler désormais sur les trottoirs, ne respectant plus les feux rouge et roulant à contre sens, sans aucune vergogne.