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Auteur/autrice : Vivre le Marais

  • L’architecte de la résidence « La Perle » s’exprime sur le projet d’abattage des arbres du jardin Thorigny (IIIe)

    P1020340Michel Autheman, architecte à l'origine de la maison de retraite de la Perle (dite Madeleine Béjart) et du jardin attenant rue de Thorigny (Photo AMF)

     

    Rappelons que la mairie du IIIe a le projet d’ouvrir au public le jardin de la maison de retraite Madeleine Béjart, 2 rue de la Perle (IIIe). La transformation qui en découle entraînerait l’abattage des cinq grands érables qui jouxtent le musée Picasso et leur remplacement par des arbustes. Des habitants du quartier, regroupés dans "le collectif Thorigny" (LCT), lié à "Vivre le Marais !", ont lancé une pétition sur http://www.petitionpublique.fr/ pour manifester leur opposition à l’abattage brutal de ces grands arbres en bonne santé du Marais…

    Pour enrichir le débat, les riverains ont rencontré Michel Autheman, concepteur de la maison de retraite et du jardin actuel, qui n'a cependant pas été consulté pour ce projet de jardin. 

    Michel Autheman est familier du Marais. Il a d’abord été l’architecte du 1er secteur central, couvrant 9 hectares dans sa partie la plus historique, qui a mis en évidence entre 1963 et 1965 les bâtiments à conserver, les jardins à restituer, les voies de circulation piétonnes et les parkings. Il fut ensuite, au début des années 70, architecte du secteur opérationnel de l’ilot du IIIe délimité par les rues des Francs Bourgeois, Payenne, Parc Royal et Elzévir. Il eut en charge l’extension de ce secteur avec la Place de Thorigny, la rue de la Perle et la réalisation de la maison de retraite.

    Compte-rendu de son interview :

    LCT : Michel Autheman, vous avez participé pendant de nombreuses années à la rénovation du Marais et vous avez laissé dans le quartier de nombreux témoignages de vos interventions. Parmi celles-ci, la résidence de la Perle, rebaptisée Madeleine Béjart, est parfois critiquée à cause du décrochement du bâtiment sur la rue de la Perle. Pourquoi ne pas avoir suivi l’alignement de la rue de la Perle ?

    MA : C’est le point qui a été le plus débattu, et ceci dès l’origine. Nous avons rétréci la rue de la Perle au droit de l'hôtel Libéral Bruant (ex musée Bricard, musée de la serrurerie – NDLR), dans un double but, identité de largeur entre la rue de la Perle et celle du Parc Royal, et création de la place de Thorigny. Si, en sortant de la rue du Parc Royal, on avait débouché sur la large rue de la Perle, cela aurait moins bien fonctionné.

    Perle 1 hôtel musée bricardL'ex musée Bricard, œuvre de Libéral Bruant. Vue depuis la maison de retraite (Photo VlM)

     

    LCT : Quelles sont les autres options qui ont été prises pour cette maison de retraite ?

    MH : Ce qui était essentiel c’était d’obtenir une conformité des volumes, des hauteurs et des alignements de la résidence avec ceux de l'hôtel Libéral Bruant. Il fallait absolument aussi affirmer l’alignement du nouveau bâtiment sur l’hôtel Salé. C’est la raison pour laquelle nous avons planté des arbres d’alignement le long de la rue de Thorigny.

    LCT : Vous voulez dire que l’alignement d’arbres a été décidé avant le jardin ?

    MH : L’alignement d’arbres et le jardin font partie du projet architectural d’ensemble.

    LCT : Quelles ont été vos idées pour ce jardin, pourquoi l’avoir un peu encaissé ?

    MH : Le caractère de ce jardin se voulait proche du béguinage, petit jardin urbain et historique installé au pied de grands arbres dont le rôle majeur était, outre la valeur d'ombrage, très importante pour des personnes âgées, la nécessité d'affirmer une nouvelle trame verte dans la rénovation du Marais.  Elle s’est poursuivie rue de la Perle. D'une façon générale, ce petit jardin, lien entre deux architectures, devient lui-même ainsi un paysage architecturé conforme à l'histoire du quartier.

    Les différents alignements de murettes qui le composent, toutes parallèles au grand mur de l'hôtel Salé, assurent le lien et une continuité visuelle entre le bâti ancien – immeubles classés de la rue de Thorigny et de la rue de la Perle -  et le nouveau.

    J’ajouterai que les trois jardins du quartier, Thorigny, George Cain et Louis Achille ont chacun leur marque propre :

    • le premier est un jardin architecturé s'appuyant sur le grand mur de l'hôtel Salé le long de la rue de Thorigny
    • le second s'inscrit autour d'un centre en creux avec une fontaine
    • le troisième est une surélévation sur la rue du Parc Royal.

    Georges cain vue généraleLe jardin Georges Cain, rue Payenne (photo VlM)

     

    Ces trois jardins urbains sont complémentaires car ils sont construits chacun en fonction du ou des monuments dont ils dépendent. Ils offrent charme et romantisme.

    LCT : Alors, il ne faut rien changer au jardin de la rue de Thorigny ?

    MH : Pas du tout ! On peut toujours améliorer les choses ! Et l’ouverture au public du jardin est probablement l’occasion de le faire.

    LCT : Vous voulez faire un contre-projet ? 

    MH : Il n’en est pas question. Ce serait faire injure aux architectes talentueux d’aujourd’hui et aux services de la Ville de Paris. Mais quand on entreprend ce genre de modification, il est important de bien s’imprégner de l’historique des choses. En l’occurrence, il ne faut pas perdre de vue qu’on est rue de Thorigny,  ne pas ignorer la présence et l'orientation du grand mur de l'hôtel Salé perpendiculaire à la rue, et rechercher les raisons qui ont amenés les intervenants précédents à faire telle ou telle chose.

    Musée picasso et jardin thorigny 07 06 16Le jardin Thorigny, sur le flanc de l'Hôtel Salé, musée Picasso (Photo PR)

    Il est certain que les jardins de Paris, petits ou grands, s’inscrivent chacun dans des situations qui leur sont propres et qu’ils ont un rôle d'accompagnement de l'architecture. J’ai été frappé de constater, à cet égard, qu’il n’y avait aucune vue en perspective du futur jardin dans le projet de la Ville de Paris. On ne peut pas visualiser l’impact sur le paysage urbain de cette transformation, ce qui est regrettable pour un endroit si sensible.

    Je me permettrais aussi de suggérer, de façon plus accessoire, que pour une meilleure conformité avec l'esprit du Marais, il serait nécessaire de remplacer le « bouquet végétal » au croisement des rues de la Perle et de Thorigny. Il y a là une profusion inconsidérée d'arbres de sapin et de taillis qui n'assurent en rien une quelconque complémentarité avec la présence des érables, d'autant qu'ils brouillent la vue sur la perspective des érables et du grand mur de l'hôtel.

    LCT : La ville de Paris dit que c’est l’obligation de rendre accessible le jardin aux personnes à mobilité réduite qui condamne les arbres. Qu’en pensez-vous ?

    MH : Les réponses données à cette obligation sont éminemment politiques, dans le sens noble du terme. Ouvrir le jardin n’impose pas nécessairement de couper les arbres. Si la ville souhaite les garder, il ne manquera pas, j’en suis sûr, d’hommes de l’art capables d’imaginer les solutions techniques répondant à cette contrainte.

    LCT : Merci beaucoup pour toutes ces informations intéressantes et utiles. En conclusion, si c’était à refaire, modifieriez-vous quelque chose à votre projet initial ?

    MA : La seule chose que je regrette, c’est de ne pas avoir pu faire une architecture plus contemporaine. A l’époque, les conditions n’étaient pas réunies pour oser cela. Mais, en matière d’architecture,  comme dans la vie, il faut souvent trouver des compromis.

    Le collectif Thorigny

     

     

  • « Lancel » ouvre une boutique dans le Marais

    A2Le nouveau magasin de la marque "Lancel", 43 rue des Francs Bourgeois (IVe) (Photo VlM)

     

    Bien que disposant d'un « corner » au BHV Marais, la marque Lancel, suivant en cela le mouvement de maillage du Marais pas les grandes enseignes de la mode et de la parfumerie, vient de s’installer rue des Francs Bourgeois (IVe).

    Une boutique sobre aux devantures peintes de couleur noire, la tendance actuelle, sur laquelle ressortent les lettres blanches de la marque teinte retenue aussi pour l'intérieur de la boutique .

    Ces arrivées successives sont telles que le jeu va bientôt consister à chercher quels sont les noms de la mode et du luxe qui ne sont pas encore installés dans le Marais ?

     

  • Doit-on remettre en cause l’aménagement des berges de la Seine ?

    A0Les quais noyés au pied de l'Hôtel de Ville le 6 juin 2016 (IVe)  (Photo VlM)

     

    La crue de la Seine à peine terminée, il est annoncé que l’aménagement des 3,3 km de la Rive Droite va reprendre avec en préambule l’installation de Paris-plage dès le 20 juillet.

    Au-delà de la suppression de la circulation motorisée à cet endroit, la Ville insiste et c’est écrit sur son site internet, qu’il est question d’espace de respiration » (argument utilisé pour l’ouverture des parcs et jardins la nuit),  de « développement de nouvelles activités »,  de « culture » de « sport », de "nature", de « tourisme », d’« économie sociale et solidaire » etc… Elle démontre que 4,1 millions de visiteurs, depuis son réaménagement, ont fréquenté la Rive gauche sur laquelle 1.700 manifestations ont été organisées. "Réussite" renforcée par la baisse de 15% des émissions de dioxyde de carbone et un ralentissement des temps de trajet des automobilistes jugé faible pour ceux qui persévèrent à utiliser leur véhicule… 

    Très bien, mais la Seine dans tout cela, sera-t-elle écoutée alors qu'elle a mis tout le monde d’accord en sortant de son lit, en envahissant les quais et en engloutissant tout ou presque sur son passage ! Et encore il s’agissait d’une crue importante mais non exceptionnelle, très en deçà des niveaux de la crue centennale de 1910.

    Les installations qui n’ont pas pu être enlevées rapidement, en particulier sur la partie réaménagée de la Rive gauche du fleuve (certaines structures étant tout de même démontables), ont été emportées par les flots.  Les dégâts sont importants, non encore évalués, mais les  investissements qui ont présidé à leur installation se sont élevés à 26,6 millions d’€.

      A8Bar englouti sur le quai à la hauteur du 85 quai de la Gare (XIIIe) (Photo VlM)

     

    Nous ne connaissons pas encore le coût du projet de  "reconquête de la Rive droite", il sera forcément significatif. Ne faudrait-il pas avant de lancer les travaux tirer d’ores et déjà les leçons de la crue et revoir ce projet ? En effet durant cet épisode fâcheux, chacun a été pris de cours malgré les affirmations nombreuses et rassurantes des autorités que la situation était sous contrôle.

    Le réchauffement climatique ne nous expose- t-il pas à subir des crues plus fréquentes et de plus grande ampleur, la mairie rechignant depuis longtemps à investir dans une 5ème retenue d’eau dans le bassin de la Seine, comme le recommandent pourtant des experts reconnus ?

    La force des éléments milite donc pour ne pas continuer – principe de réalité oblige – à s’arc-bouter sur une promesse électorale dont la mise en œuvre sera soumise aux caprices de la Seine. La mairie déjà confrontée à un budget très serré ferait bien de revoir sa copie, du simple bon sens.

    Dominique Feutry

     

  • Son atelier fabrique des montres françaises de luxe depuis 63 ans : Bertrand Duc-Oger, 63 rue de Bretagne (IIIe)

    Duc ogerBertrand Duc-Oger, horloger-bijoutier de son état, citoyen du Marais

     

    On n'entre pas chez lui sans montrer patte-blanche : il faut passer par un des ces sas de contrôle comme on en trouvait à une époque dans les agences de banque. Ils sont tombés en désuétude depuis car, il faut le dire, leur présence décourage un peu le chaland et on sait par ailleurs qu'il n'y a plus d'argent à voler dans les banques.

    Bertrand qualifie le style de ses montres de "rétro" ou "vintage" et les classe en deux catégories : les "DIESE", une gamme dans laquelle "tout est permis", entendez "même un mécanisme à quartz", avec des prix très sages de 75 à 300 €, et les DUC-OGER où tout est mécanique avec balancier, automatique ou non, depuis la simple montre avec aiguilles et trotteuse jusqu'au modèle chronomètre en or qui indique les phases de la lune…

     

    Présent 2 (1)Présentoir de modèles "DIESE", version "dames", extra-plates

     

    Pour ces modèles de luxe, il faut casser la tirelire ou faire cotiser la famille et les amis car il en coûte plusieurs  milliers d'€ pour disposer d'une montre de prestige dont les séries ne dépassent pas quelques dizaines.

    Un regard marketing sur le marché montre qu'entre 10.000 et 50.000 €, il n'y a pas d'acheteurs. Trop cher pour les uns, pas assez pour les autres. Au-delà du seuil, le prix ne compte plus. Les acheteurs sont des gens pour qui l'argent a perdu son sens et il en existe un  nombre surprenant sur la planète. Riches industriels et gens du showbiz et du sport en France et à l'étranger, oligarques, princes ou émirs…. Les montres qui les intéressent valent 500.000 voire un million d'€ !

    ScanMécanisme d'une montre en or rose 18 carats, 3 compteurs, gravé main. Roue à colonnes, aciers anglés. Glace saphir, cadran nacre. Jour, mois à guichets, phases de la lune. Bracelet cuir crocodile de Louisiane.

     

    Pourquoi pas ! Pour un milliardaire, un tel accessoire ne représente qu'une fraction du millième de sa fortune. Il existe même des gens dont la richesse est insondable. Pour ceux-là la valeur de l'objet ne compte plus, c'est sa rareté, sa qualité exceptionnelle et son caractère unique qui sont recherchés.

    M. Duc-Oger n'a pas de réseau de distribution et n'en veut pas. Il fait peu de publicité mais avec lui "le luxe horloger atteint des sommets" et de cette altitude il voit les acheteurs venir à lui grâce à sa renommée et le bouche à oreilles qui fonctionne même au sein du gotha international.

    Gérard Simonet

     

     

  • Un collectif de riverains s’insurge contre l’installation d’une immense bâche plastique en plein Marais (IVe)

    A4Vue du terrain de sports jouxtant l'école Neuve Saint-Pierre (IVe) que l'on aperçoit sur la droite (Photo VlM)

     

    Derrière les murs de l'école Neuve Saint-Pierre au 15 de la rue éponyme (IVe) , jouxtant la cour de récréation, se trouve un terrain d'éducation physique et sportive de plein air où les jeunes du quartier viennent s'entraîner. Outre l'école, il est encadré par des immeubles donnant sur les rues Neuve Saint-Pierre, Beautreillis, Saint-Paul et même Charles V.

    Dans cette dernière, à la hauteur du terrain de sports, des travaux de réhabilitation vont être engagés au N° 8-10 afin d'y établir le Centre de Recherche Interdisciplinaire (CRI) comprenant des laboratoires de recherche, des salles de cours, des bureaux et une résidence pour étudiants doctorants (55 logements). Soit plus de 5.000 m² avec la démolition d'un bâtiment d'un étage, son remplacement par un nouveau de 5 étages, et la surélévation d'un autre immeuble qui passera de trois à cinq étages et sera même surmonté d'un sixème étage à caractère technique. Le financement, 17,8 millions d'€, est assuré par la Ville de Paris, la fondation Bettancourt-Schüller et la Région.

     

    Ces travaux ne rassurent pas les habitants voisins. Faut il en effet densifier davantage encore un quartier qui pêche justement par une trop forte densification, de surcroît dans un secteur où les immeubles sont classés et protégés ?  Le "remodelage" des fondations du CRI sera -t-il réellement sans conséquences pour les immeubles alentour ?  Quels types de recherches scientifiques seront menées alors que 6 extracteurs de vapeur sont prévus ? Quelle intensité de bruit, quelle nocivité cela va t-il entraîner ? De plus, en bordure du terrain de sport, à la place du mur plein que présente le bâtiment voué à la démolition, le nouveau bâtiment ultramoderne de 5 étages offrira une façade percée de 26 fenêtres : comment atténuer la gêne que cela présente pour les autres riverains,  privés accessoirement de quelques heures d'ensoleillement,  et qui eux bien sûr restent soumis aux strictes règles de préservation du patrimoine ? Enfin, est-il opportun de créer un campus universitaire en plein Marais ? Beaucoup de questions qui restent sans réponse…

    A3Vue des bâtiments à droite qui vont être remplacés ou restaurés pour installer le CRI (Photo VlM)

     

    Cerise sur le gâteau, il est aussi prévu de recouvrir le terrain de sport d'une sorte de bâche en matière plastique aux proportions impressionnantes, 30 m par 20 m et 7 m de  hauteur minimum…. A l'automne dernier, lors d'un conseil d'arrondissement, le Maire du IVe avait dit envisager cette installation. Le quartier manque de salles de sport il est vrai, il est d'ailleurs question d'en installer dans le cadre de la réhabilitation du boulevard Morland. Une réunion publique a bien eu lieu en février dernier pour la présentation de cette installation atypique mais les riverains ont compris que le projet était déjà décidé.

    IMG_2561Porche d'entrée de l'ancien Hôtel de Maillé 10 rue Charles V où sera installée une partie des locaux du CRI (Photo VlM)

     

    Organisés en collectif, ils dénoncent aujourd'hui un manque de concertation manifeste des habitants, ils s'insurgent contre ce projet qui ne s'inscrit pas du tout dans le Marais et son PSMV du fait de son emprise considérable qui va tuer le dégagement et étouffer l'espace de respiration qui existaient tout en confinant la cour de l'école Neuve Saint-Pierre. Les habitants craignent aussi le bruit car la portion dédiée aux sports de plein air, football-urbain, basket-ball et hand-ball se trouvera juste sous les fenêtres des 15 et 17 rue Beautreillis. 

    Enfin ils s’étonnent que l'on puisse réaliser des installations de cet ordre à un endroit où se trouvent les vestiges d'une nécropole mérovingienne et d'un cloître. Il n'ont pas connaissance d'accord qui aurait été donné par les autorités compétentes en l'espèce. On note enfin que le permis de construire n'est pas affiché  alors que celui du CRI l'est et que les travaux seraient imminents.

    Ils demandent à Christophe Girard que ces deux projets soient revus en tenant compte de leur avis et sont décidés à agir pour être entendus.

     

    Le collectif Beautreillis – Charles V – Saint-Paul – Neuve Saint-Pierre

     

  • Jardin Thorigny (IIIe) : ses arbres ne se laissent pas abattre !

    Musée picasso et jardin thorigny 07 06 16Vue du jardin et d'un de ses cinq érables de la rue de Thorigny et de la façade du musée Picasso (Hôtel Salé) – (Photo PR)

     
     

    A propos du petit jardin rue de Thorigny, les habitants du IIIe ont découvert avec stupéfaction et révolte que le projet d’aménagement de la DEVE (direction de l’environnement et des espaces verts – mairie de Paris) prévoyait l’abattage des 5 arbres !

    Vers 1976, ces arbres ont été plantés âgés de 10 ans, sous la direction de l’architecte Michel Autheman, dans l’intention urbaine de créer un alignement avec le porche de l’hôtel Salé et un aménagement de jardin d’ombre avec fontaine, à 80 cm en contrebas de la chaussée.

    En 2016, ces érables ont cinquante ans, ne sont pas malades, mesurent environ 10 mètres de haut, procurent une ombre agréable en été et habillent la vue sur la façade rigide de la Maison  de Retraite rue de la Perle. Comme prévu, ils constituent, d’un côté le fond végétal sur lequel se détache le porche de l’hôtel Salé, de l’autre la transition avec l’îlot planté (30 m²) place de Thorigny.

    Récemment, en le retirant du bail de la maison de retraite, la mairie qui en est propriétaire a récupéré ce petit jardin ; elle a chargé la DEVE de son aménagement pour une ouverture au public. Curieusement, l’élue écologiste responsable, Laurence Hugues, n’aurait pas inscrit au cahier des charges la conservation des arbres.

    Le projet prévoit la mise à niveau avec le trottoir de la liaison à la parcelle de 358 m2 et sa division en 4 types d’espaces : jardin d’agrément, jardin haut, salon de lecture et allée de circulation. Deux jeunes arbres seront plantés, à des emplacements proches d’érables actuels.

    Ce projet a été présenté aux habitants le 21 mars 2016 lors d’une réunion en mairie, dont l’invitation ne précisait pas qu’elle serait décisionnelle et dont aucun compte-rendu n’aurait été rendu public.

    Les habitants ont appris la décision par des tracts collés sur les murs du Marais par les riverains. Consultés par eux, l’ABF (architecte des bâtiments de France), qui a pourtant donné son "avis conforme", ainsi que des pensionnaires de la maison de retraite auraient déclaré qu'ils n'avaient pas été clairement informés du sort des arbres.

    Les résidents du IIIe comprennent que ces arbres, qui n’ont jamais été taillés, projettent actuellement une ombre telle, que la plantation à leur pied paraît impossible.

    En revanche plusieurs possibilités de conservation existent comme la taille, la création de réservation aérée et drainée, l’enlèvement avec motte et remise en place au niveau du trottoir, ou le remplacement par des sujets âgés.

    À la réunion du 7 juin au soir, il était évident que les habitants du IIIe tiennent à leurs arbres et parlent de s’y enchaîner !

    Avant d’en arriver là, appuyés par l’association « Vivre le Marais ! » ils demandent à la mairie de mettre en attente le dépôt du « permis d’aménager » prévu cet été. Nous espérons vivement que lors de la réunion du 16 juin, la DEVE expliquera le fondement de ses propositions, prendra en compte les demandes des électeurs et répondra à leurs nombreuses interrogations.

    Patrice Roy

     

    Ci-dessous, à gauche le plan de l'état actuel et à droite le plan projeté par la DEVE avec l'implantation des arbres actuels s'ils étaient tous conservés (clic gauche dans l'image pour agrandir)

     
    Thorigny jardin plan 07 06 16

     

  • De jeunes talents en concert square de la Tour Saint-Jacques (IVe)

     Kvefr3445sSquare de la Tour Saint-Jacques

     

    Le conseil de quartier Saint-Merri vient d’annoncer un concert inhabituel de musique classique, d’une durée limitée qui sera donné le 12 juin à 18h00 dans le Square de la Tour Saint-Jacques par la classe de hautbois de Marika Lombardi et celle de basson de François Charruyer et Frédéric Bouteille du Conservatoire Mozart qui rappelons le couvre les 4 premiers arrondissements de Paris. Conservatoire qui vient d’ailleurs de réintégrer les Halles après de longues années de travaux.

    Le programme de la soirée proposée est riche puisqu’il sera possible d’entendre des pièces de Charpentier, Telemann, Mozart, Anna Magdalena Bach, François–René Gebauer et de plusieurs compositeurs contemporains anglais Colin Cowles, Rowley et Ridout.

    Plusieurs morceaux inattendus sont aussi prévus.

    Il est important que les jeunes musiciens qui vont se produire soient encouragés par votre présence qui nous l’espérons sera nombreuse. Cette audition en plein air est en effet une récompense pour les élèves comme pour leurs professeurs, après une année de travail assidu.

     

  • Revue de mi-année avec le Commissaire Central du IVe

    Police 4 1De gauche à droite : Dominique Feutry, Commissaire Eric Moyse, Emmanuel Dubail, Major Chabbat

     

    Comme à son habitude le Commissaire Eric Moyse reçoit "Vivre le Marais !" avec beaucoup de sollicitude lors du point périodique qui nous réunit. Il est assisté du major Jacques Chabbat et par Emmanuel Dubail, qui dirige la police administrative (établissements, fermetures administratives, expulsions, autorisations spéciales …).

    Nous évoquons le comportement étonnant et nouveau de certains magasins qui souvent nouvellement installés connaissent un afflux de clients occupant sur une longue file l’espace public encadrés par des vigiles privés ne laissant plus de place aux piétions pour circuler et aux véhicules pour stationner. Sur cette question la réponse de nos interlocuteurs est claire, une autorisation préalable doit être demandée. Elle est délivrée par la préfecture de police sur avis du commissariat. Ce type d’infraction relève du tribunal de police dès lors que ne sont constatées ni bagarres, ni nuisances sonores …

    Nous soulignons la recrudescence de l’affichage sauvage qui a pris des proportions importantes à l’occasion de l’ouverture de magasins dans le quartier (voir nos articles des 23 et 30 avril 2016), affichage qui s’ajoute au foisonnement de pancartes annonçant la "vente de tapis d'orient" que l’on découvre le week-end sur les potelets et panneaux de signalisation. Ce type de comportement peut être verbalisé dès lors que les « fauteurs » sont pris sur le fait. Une action vis à vis des « loueurs » de salles dans des hôtels ou des locaux privés constitue une sensibilisation qui n'est pas inutile sur les conséquences que nous dénonçons. Il est à noter qu’il appartient aussi à la Direction de la Prévention et de la Protection (DPP) de la ville de Paris de « lutter » contre cette forme d’incivilité.

    En ce qui concerne les établissements de nuit, il nous est précisé que l’unité de police administrative de l’arrondissement effectue chaque semaine de nombreux contrôles (autorisations de terrasses, tapage, respect de l’heure de fermeture..) qui conduisent à des verbalisations. Nous insistons sur le cas de la place du Marché Sainte Catherine, celui de la place Bourg Tibourg et sur certains établissements.

    Nous sommes informés que lors de la fête de la musique le 21 juin et de la "Marche des Fiertés" (Gay Pride) le 2 juillet des dispositions ont été prises en concertation avec la mairie (augmentation du nombre de containers et de toilettes publiques). La fermeture à la circulation de plusieurs rues du secteur Archives (rues Saintes Croix de la Bretonnerie, de la Verrerie et des Archives) a été décidée. L’horaire de fermeture des établissements n’ayant pas d’autorisation de nuit devra s’effectuer impérativement à 0h30 et la police y sera très attentive.

    Les établissements qui ont suscité des protestations, très vives quelques fois, d'habitants qui ont senti leur immeuble (à pans de bois) trembler seront sensibilisés afin de limiter les décibels à une niveau raisonnable

    Les bienfaits des caméras de surveillance (plan 1.000 caméras) sont soulignés avec l’exemple récent d’un enfant tombé dans la Seine durant la crue et qui a pu être sauvé car sa chute a été ainsi visualisée en direct…

    Nous remercions le Commissaire et ses équipes, conscients que nos préoccupations n’ont pas la même acuité que les évènements sur lesquels la police est fortement mobilisée depuis de nombreux mois.

    Dominique Feutry

     

  • L’Hôtel Coulanges, place des Vosges (IVe), change de main

    Vosges 1 bis hôtel coulanges 02 11 09Hôtel Coulanges et son squat de 2009 (Photo VlM)


    Information révélée par les médias, l’Hôtel Coulanges situé 1bis place des Vosges, à l’angle de la rue de Birague (IVe), à ne pas confondre avec l’Hôtel de Coulanges 35-37 rue des Francs Bourgeois (IVe), vient de changer de propriétaire. L’heureux acquéreur est le très médiatique fondateur et patron de Free Xavier Niel. Les chiffres ont de quoi donner, le tournis une surface de 2 300 m2 qui aurait été payée 31,5 millions €, soit 16.000 € le m², pour 2.300 m².

    Cet édifice est emblématique à plus d’un titre. Construit en 1607 par son grand-père maternel, Madame de Sévigné y a vu le jour en 1626 (une plaque est apposée sur le bâtiment en souvenir de cet événement). Passé depuis lors de main en main cet ensemble en médiocre état échoit à Béatrice Cottin qui s’emploie dès 1960 et pendant 30 ans à le restaurer et à créer une quinzaine de petits logements, sans pouvoir mener la tâche à son terme.

    Squatté durant un an, en 2009, par le collectif étudiant "Jeudi Noir" qui voulait attirer l’attention sur le manque de logements à Paris, l’endroit défraie la chronique. Les héritiers, neveux et nièces de la précédente, devant s’acquitter de droits de succession élevés ont décidé de vendre cet hôtel particulier en bloc en non par appartement afin qu’il soit préservé, ce sur quoi s’est engagé l’acquéreur. Une des conditions de la vente stipulerait que soit installé un « Espace Béatrice Cottin avec un musée et une galerie ouverte à tous sous les arcades de la façade ».

    Tous les amoureux de la place des Vosges vont suivre avec intérêt la restauration et la transformation de cet immeuble dont on ne connait pas encore la destination future.

    Nous avons eu le privilège en 2009 de visiter l'intérieur grâce à un accord amiable avec l'occupant de l'époque, "Jeudi Noir", un  groupe d'étudiants qui avaient choisi judicieusement de le squatter "en douceur". A la lumière de l'actualité, nous invitons les amoureux du Marais (et les autres) à lire le reportage inédit que nous en avons fait le 2 novembre de cette année-là.

     

  • Installation d’une caméra de vidéo-surveillance au carrefour névralgique Temple-Haudriettes-Michel le Comte (IIIe)

     

    Carrefour temple haudriettes 06 06 16Emplacement de la caméra : sur un poteau à venir dont la base se trouve au centre de ces barrières de chantier (Photo VlM)

     

    Il existe mille et une raisons d'installer une caméra de surveillance en ce point. Il fut une époque où  ce carrefour était qualifié de "maudit", victime des livraisons massives des grossistes-importateurs de maroquinerie des rues du Temple, Chapon, Gravilliers … il était le siège de thromboses qui paralysaient le quartier.

    La situation s'est améliorée depuis. Les maroquiniers ont migré vers Aubervilliers. Les grossistes qui restent sont moins nombreux et sont majoritairement des bijoutiers-fantaisie qui n'ont pas les mêmes besoins d'entreposage et de livraisons.

    Si les rues sont plus calmes de jour, on ne peut pas en dire autant la nuit. Il y a deux bars de nuit rues des Haudriettes, deux autres rue Michel le Comte, qui compte aussi une épicerie ouverte toute la nuit, qui ne vend pas que de la limonade. A partir de 4/5 heures du matin, on assiste à une transhumance de buveurs d'est en ouest et vice-versa. 

    La rue du Temple dans sa partie sud est la voie de communication vers le nord des fêtards qui ayant épuisé les ressources des bars du IVe, rue des Archives, du Temple et Ste Croix, viennent s'offrir un complément d'ivresse dans le Haut-Marais.

    Le carrefour est le point où ces migrations se croisent. Des trafiquants de drogue y ont pris position et un commerce illicite mais florissant s'y est installé. Il ne se passe pas une nuit sans qu'un incident violent, une rixe se produise entre consommateurs sous l'emprise de l'alcool et des stupéfiants.

    Ce constat nous a conduit à adresser un  courrier au Commissaire du IIIe en date du 6 mars 2016. Il disait notamment sous la signature de notre président : "je demande au nom de l’association dont l’objet est de veiller à la qualité de vie et à la tranquillité des habitants, que des mesures soient prises pour que les troubles nocturnes cessent".

    Le gérant d'un des bars de nuit de chez nous se plaignait récemment des incidents qui se produisent chaque nuit et affirmait avoir déposé au commissariat des dizaines de mains courantes. Le président d'un des syndicats qui regroupe les bars et autres débits de boissons nous assurait aujourd'hui-même qu'il intervient régulièrement auprès du Préfet de Police de Paris pour que la tranquillité des habitants soit une priorité dans l'arbitrage des conflits entre établissements bruyants et riverains.

    Nous disions dans un article du 26 octobre 2012, à l'époque où le choix des emplacements des caméras de vidéo-surveillance a été révélé, que le IIIe était le moins bien loti. De plus, des considérations de nature idéologique avait prévalu sur des décisions de bon sens. C'est ainsi que des emplacements où la surveillance s'imposait ont été retirés du programme sous prétexte de respect de la vie privée. 

    Caméra temple haudriettes travaux souterrain 05 06 16Travaux de préparation pour l'alimentation électrique de la caméra et sa connexion vidéo au réseau de surveillance. Place Renée Vivien (Photo VlM)

     

    Il semble que le pragmatisme s'impose aujourd'hui et nous nous en félicitons. L'implantation d'une caméra permettant une surveillance à 360 ° à ce carrefour est une décision que nous applaudissons. La police du IIIIe dispose désormais d'un outil qui va rendre sa tâche moins ardue et accroitre son efficacité.