Archives



Rechercher sur ce site

Auteur/autrice : Vivre le Marais

  • Quand la rue Michel Le Comte retrouvera t-elle un minimum de lustre ?

     

    Photo (36)L'épicerie-supérette du 9 rue Michel le Comte (IIIe) en infraction avec les règles du PSMV (photo VlM!)

     

    Depuis quelques jours un nouveau commerce, une petite épicerie supérette, s'est installé rue Michel Le Comte (IIIe) dans la section en face du gymnase, au N°9, à l'emplacement d'un ancien magasin spécialisé dans le vente de  bracelets de montres.

    La vitrine de ce commerce était en piteux état et ne respectait pas les normes exigées par les règles du PSVM (couleur, taille des lettres, enseigne drapeau…). La façade qui lui succéde faite à la va-vite ainsi que les enseignes apposées sont encore pire et en décalage complet avec le minimum exigé dans ce quartier (voir à ce sujet notre article du 7 mars 2014). Une honte! 

    Il est vrai et nous l'avons dénoncé à maintes reprises que cette partie de la rue Michel le Comte est mal entretenue et il y régne une certaine anarchie en matière d'aménagement. Elle est d'aspect sale, des immeubles sont mal entretenus, des tags venant agrémenter cet apect indésirable. Enfin l'immeuble hideux qui abrite des logements, le gymnase et le Centre des Impôts ne fait que renforcer cette impression. Il est bien difficile d'imaginer que l'on se trouve dans le coeur du Marais, dans un quartier aussi touristique, très passant et proche de nombreux monuments. Il faut même faire d'importants efforts pour s'en convaincre. 

       BraceletsLe même magasin spécialisé dans la vente de bracelets de montres avant sa transformation

     

    Les élections municipales sont terminées, la nouvelle équipe en place tant à la Mairie du IIIe qu'à la Mairie de Paris doit se pencher rapidement sur cet endroit et mettre en oeuvre des mesures et un plan d'actions dignes du lieu. II est intolérable de devoir payer des impôts locaux et/ou fonciers élevés  et voir cet endroit aussi délaissé

    Quand sera-t-il donné à cet espace un minimum de lustre?

    En attendant Vivre le Marais ! écrit à la Direction de l'Urbanisme pour signaler cette vitrine en infraction. 

    Dominique Feutry

     

  • Les façades cuivrées inattendues d’un immeuble attenant à l’église Saint-Merri

      

    Photo (39)L'immeuble recouvert de plaques de cuivre jouxtant l'église Saint-Merri (Photo VlM!)

     

    Passé la Fontaine Stravinski, longeant l'église Saint-Merri en direction de la rue de Renard, une porte vitrée jouxte l'arrière de l'église. Nous sommes au N° 7 de la rue du Cloître Saint-Merri (IVe).

    Sans trop d'effort on remarque au fond de ce corridor, dans une petite cour, un immeuble entièrement recouvert de plaques de cuivre rouge qui semblent vernies. Ce dernier est comme « chaudronné » sur ces différentes faces, à l'instar de la station de métro Arts et Métiers qui reproduit l'intérieur du bâtiment du capitaine Némo. Il est étonnant de voir installé (les plaques de cuivre sont en cours de pose) sur cette construction un tel décor à quelques mètres d'une église des XVIe et XVIIe siècles.

     

    Photo (40)Vue de l'immeuble carapaçonné de cuivre prise devant le 7 rue du Cloître Saint-Merri (IVe) (Photo VlM!) 

     

    L'effet est à vrai dire curieux et on se demande (on cherche d'ailleurs le panneau d'affichage du permis de contruire) comment une autorisation a pu être donnée à cet endroit car la partie haute de l'immeuble est visible de la rue et offre un contraste saisissant avec le monument qui est à proximité.. Mais nous sommes prés de Beaubourg, près de la célèbre réalisation de Niki de Saint Phalle et le cuivre, bien qu'il semble traité, verdira avec le temps….Il nous sera aussi objecté que beaucoup de bâtiments anciens sont couverts de plaques de cuivre notamment les toitures dans les pays nordiques, mais elles sont oxydées et leur aspect est bien plus neutre…

    On reste donc surpris face à ce mélange curieux et inattendu. A-t-il bien sa place à cet endroit ?

    Dominique Feutry

     

  • La nouvelle municipalité s’apprête à annoncer un plan antipollution

     

    Pollution libéParis recouvert d'un nuage de pollution 

     

    Nous avons souligné récemment (nos articles des 7 et 16 mars 2014) combien tardait la prise de vraies mesures destinées à réduire sensiblement la pollution atmosphérique à Paris.

    Nous apprenons qu'Un plan qualifié d'ambitieux devrait être présenté la semaine prochaine par le nouvel adjoint au Miatre de Paris chargé des transports, Christophe Najdovski, ancien tête de liste Écologie les Verts lors des dernières élections municipales.

    Il s'agit dans ce dossier de mieux prévenir et de mieux traiter la pollution à l'approche des pics.

    Ainsi en matière de particules fines il sera préconisé de diminuer le seuil à partir duquel le stationnement résidentiel deviendra gratuit (50mµ par m3 de particules au lieu de 80 actuellement). Autolib' et Vélib' seront gratuits le jour suivant si le niveau de particules ne redescend pas.

    La circulation alternée devrait être décrétée et donc avec elle,  la gratuité des transports en commun, dès avant l'arrivé du pic sachant toutefois que cette décision doit être concertée avec l’État et le STIF. La gratuité est estimée à un coût d'environ 3 à 4 millions € en moyenne par jour pour la région

    La Ville devrait demander à la RATP d'accélérer la sortie du bus au diesel en la ramenant de 2025 à 2020. Paris prévoit parallèlement un plan de sortie du diesel mais cette fois pour les habitants. Ceux qui changeront leur véhicule seront aidés. Les professionnels d'une part (mais on ne connaît pas les compensations les compensation qui les assortiront), les particuliers d'autre part qui se verront attribuer un an de transports en commun gratuits. La Mairie pourrait même annoncer qu'elle se séparerait  des ses véhicules diesel. Mais quid de ses véhicules utilitaires ?

      

    ImagesLimitation de vitesse due à la pollution

     

    Enfin le dossier délicat des ZAPA (Zones d'Action Prioritaire pour l'Air) devrait être relancé. Il s'agit de zones de basse émission dans lesquelles la circulation des véhicules les plus polluants serait contrainte et dans certains cas interdite.

    Ce programme si il est validé en l'état est un premier pas, mais il reste bien modeste. Les mesures timides et encore aléatoires ne sont sans doute pas à la hauteur de l'enjeu.

    Les parisiens attendent davantage surtout les habitants des arrondissements du Centre particulièrement touchés par la pollution et le niveau élevé de particules fines.

    A suivre…nous restons vigilants.

    Dominique Feutry

  • Les trois prochains « Rendez-vous de Carnavalet » à ne manquer sous aucun prétexte

      

    Image1_1Un des dessins du Musée Carnavalet réalisé par Johen Stücke 

     

     

    Marais IV signale le programme exceptionnel prévu en mai par le Musée Carnavalet dans le cadre des "Rendez-vous de Carnavalet" dont le détail figure ci-dessous.

    Le mardi 13 mai  : "Louis Bourdaloue (1632-1704), le prédicateur de Louis XIV " par Sophie Hasquenoph professeur agrégée et maître de conférence à l'Universite de Lille III. Cette conférence est donnéé à l'occasion du 310e anniversaire de la mort de cette grande personnalité du siècle de Louis XIV.

     

    BourBourdaloue en priére 

     

    Le jeudi 15 mai : Concert de musique de chambre par la classe de Pascal le Corre professeur au Conservatoire de Paris. Francis Poulenc (Sextuor pour flute, hautbois, clarinette, cor, basson et piano), Maurice Ravel  (Chansons Madécasses), Sergueï Prokofiev (Quinquette en sol mineur op 39).

     

    HefferRavel_1868812cMaurice Ravel devant son piano dans sa maison de Montfort l'Amaury

     

    Le jeudi 22 mai : "Fantaisies parisiennes dessins de Johen Stücke" par Miriam Simon conservateur en chef responsable du cabinet des arts graphiques. Cette donnation de l'artiste comporte 16 dessins représentant un dialogue imaginaire entre oeuvres littéraires et graphiques autour de Paris.  

    Ces manifestations ont lieu dans le Salon Bouvier du musée de 12h30 à 13h30. L'entrée est libre.

    Attention en raison de travaux, l'entrée est au 16 rue des Francs Bourgeois. 

     

  • L’édition 2014 du Jour de l’Orgue 2014, le Marais manque l’occasion de faire connaitre son patrimoine instrumental

       Saint paulGrandes orgues de l'église Saint-Paul-Saint-Louis rue Saint Antoine (IVe)

     

     Les 10 et 11 mai, toute la France, pour la 3 ème année consécutive, fête ses orgues dans le cadre du Jour de l'Orgue sous l'égide de ĺ Association Orgues en France.
    Notre pays dispose d'un patrimoine "organistique" de tout premier plan avec 12 000 instruments dont     1 200 sont classés. 5 000 organistes professionnels et amateurs sont recensés!

    Il s'agit d'une sorte de journées du patrimoine dédiées à un instrument qui interpelle toujours les néophytes. Un orgue est un spectacle en lui-même tant ses possibilités instrumentales sont infinies et les buffets de véritables oeuvres d'art. Le malheur veut que beaucoup d'instruments sont en bien mauvais état, leur restauration étant coûteuse pour les communes. Fréquemment l'acharnement de passionnés arrive à faire des miracles mais ne soyons pas naifs, seuls une trentaine d'intruments seront construits ou restaurés en 2014,  ce qui est peu face à l'ampleur des besoins et aussi de la nécessité de garder le savoir-faire des facteurs d'orgues.

     

    6a00d8341d8a0f53ef017c3401e82a970bOrgues de Saint-Denys du Saint-Ssacrement  rue de Turenne (IIIe)

     

    Dans un article du  27 décembre 2012, nous attirions l'attention sur la situation dégradée des orgues parisiens (200 instruments au total,  26 dans les IIIe et IVe arrondissements) et la faiblesse des dotations budgétaires destinées à leur entretien ( 200 0000 € par an !) .   

    Or il est triste de constater que seulement  une dizaine de concerts seront donnés à cette occasion à Paris (excepté les concerts habituels du dimanche dans certaines églises). Ainsi le Marais ne comportera qu'un concert le dimache 11 mai à 16h00 à Saint-Denys du Saint-Sacrement rue de Turenne (IIIe), les orgues seront tenues par Emmanuel Hocdé.

    Une occasion en partie manquée de  faire connaître ce riche patrimoine aux parisiens. 

    Dominique Feutry

     

  • Pas besoin d’aller à Rio, le Marais a aussi son Pain de Sucre !

     

      Pain-de-sucreLe magasin sucré et la boulangerie Pain de Sucre 14 rue Rambuteau (IIIe) 

     

      

    Chacun aura compris en lisant le titre que cet article concerne la pâtisserie Pain de Sucre. Cette affaire est animée par deux as du sucré, Nathalie Robert et Didier Marthray qui ont auparavant exercé comme chefs-pâtissiers dans le restaurant étoilé de Pierre Gagnaire.

    La qualité des produits utilisés et donc productions font qu’aujourd’hui le N° 14 rue Rambuteau (IIIe) où est implanté le commerce est, quasiment depuis son ouverture en 2004, le rendez-vous des gourmands et des connaisseurs. Il est vrai que toute une génération de professionnels a changé notre regard sur les gâteaux. Les compositions qui nous sont proposées surprennent tant par leur côté artistique que par le mélange des saveurs.

    Il est possible d’acheter son pain mais aussi des calissons, de la guimauve, des chocolats, des macarons des tartes sucrées et salées. Tout est innovation, créativité et les vitrines parsemées de couleurs sont faites de telle sorte qu'elles aiguisent notre péché mignon, la gourmandise.

    « Des moments de délice », « le must de la pâtisserie» sont les vocables souvent employés pour qualifier ce qui est devenue une adresse cotée !

    Pain-de-sucre-radis-rose-216x300Une des spécialités de Pain de Sucre, un biscuit à la pistache et à la pulpe de rhubarbe avec une infusion de romarin décoré par une fleur de pensée

     

     

    Le décor est soigné, sans ostentation, et l’accueil est tel que l'on est en droit de l'attendre dans cette boutique de luxe où se côtoient deux magasins, l'un réservé au salé et l'autre au sucré.

    Il faut souligner que les farines utilisées sont biologiques et les décorations des desserts sont réalisées avec des fleurs naturelles  cequi apporte une touche particulière.

    Alors même si les prix sont élevés, n'hésitez pas de temps à autre à pousser la porte pour vous faire plaisir.

    Maupassant qui analysait avec justesse les travers de ses contemporains n'a pas hésité à écrire sur ce sujet dans ses chroniques que "de toutes les passions, la seule vraiment respectable me parait être la gourmandise."

    Dominique Feutry

     

  • La maison d’Ourscamp (IVe), un édifice renaissance qui a bien failli disparaître

     

     

    Paris,_Maison_d'OurscampLa maion d'Ourscamp 44-46, rue François Miron (IVe)

     

     

    Une façade renaissance 44-46 rue François Miron (IVe) sans faste avec ses fenêtres à meneaux et ses deux lucarnes en pierre décorées de pilastres et de frontons triangulaires lui donnant toute sa noblesse mais aussi sa simplicité, telle apparaît la maison d'Ourscamp classée Monument Historique en 1966.

    Cet édifice est assez emblématique du Marais puisqu'il est le siège de l'Association pour la Sauvegarde et la Mise en valeur du Paris historique  depuis 1963 à qui l'on doit sa restauration (lire  notre article du 27 novembre 2012 sur le Festival du Marais).

    Cette maison appartenait à l'origine à l'abbaye cistercienne d'Ourscamp installée dans l'Oise depuis le XIIe siècle. Elle était utilisée comme résidence par l'Abbé, les novices étudiant à Paris mais surtout elle possède un cellier qui permettait d'entreposer en attendant leur vente, les marchandises produites par l'abbaye. Les moines devront s'en séparer au XVIe siècle, elle sera alors louée puis reconstruite avant d'être vendue comme bien national à la Révolution. Devenue en 1874 propriété de la Ville de Paris, la mise en œuvre du Plan de Sauvegarde du Marais (PSMV) dans les années 1960  l'a sauvée de la démolition à laquelle elle était promise du fait de sa dégradation,   la Ville n'entreprit pas pour autant les travaux de restauration qu'elle laissa à la charge de l'Association Paris Historique.

     

    PHO225cc9fc-cf93-11e2-9da0-78744fbfc724-805x453Le cellier médiaval datant du XIIIe siècle situé  sous la maison d'Ourscamp (Photo le Figaro)

     

    Ce qui fait la particularité de ce bâtiment est en fait ce que l'on ne voit pas, son cellier de prés de 200 m2 datant des origines de la construction au XIIIe siècle. Il est formé de de trois nefs  et de quatre travées voûtées d'ogives, séparées par des colonnes à chapiteaux géométriques. L'arrière de la maison est intéressant, il est formé de deux petites ailes en "U" abritant les escaliers à balustres qui encadrent une petite cour à pans de bois

    En s'adressant à l’association Paris Historique, il est possible de visiter la maison d'Ourscamp. 

    Dominique Feutry

     

     

  • La « Rue Jeune » : une réappopriation des commerces dans le IIIe, qui interpelle…

    Vertbois ami louis 26 11 11Chez l'Ami Louis le restaurant du 32 rue du Vertbois (IIIe) connu du monde entier 
     

     

    Il est de plus en plus question de l’ouverture prochaine de commerces de bouche dans plusieurs artères du Haut Marais, les rues du Notre Dame de Nazareth, du Vertbois et Volta (IIIe) dans le cadre du projet ambitieux, utopique ou fou, selon les qualificatifs employés, initié par l’homme d’affaires Cédric Naudon.

    Ce dernier qui a fait fortune aux Etats-Unis en ouvrant des Concept Stores orienté sur l’art de vivre et le design est revenu en France avec des idées dont celle de redynamiser la vie du quartier par ses commerces. Il a donc choisi notre quartier pour racheter et transformer des magasins (une  quarantaine environ) en fromagerie, boucherie, restaurant, glacier, épicerie ou quincaillerie…Une sorte de reconstitution de ce qui pouvait exister par le passé dans de tels lieux et qui a disparu avec le temps, la nostalgie pourrait-on croire. En fait il n’en est rien, le promoteur de ce renouveau souhaite, comme il le dit, « renouer avec… le beau et le bon », lui qui a baptisé son projet « la Rue Jeune ».

     

    Vertbois restaurant pramil 26 11 11Le restuarant Pramil installé 9 rue du Vertbois

     

    Pour ce faire, après avoir relancé le « Sergent Recruteur » devenu un restaurant étoilé 42 rue Saint-Louis-en-l’Ile (IVe), Cédric Naudon a réuni des designers et des architectes renommés venant de différents pays pour mener à bien son  projet.

    Mais au-delà du beau, il y a aussi le bon. Sur ce plan les boutiques seront achalandées avec des produits issus des meilleurs savoir-faire provenant de producteurs d’exception dans nos différents terroirs soucieux du respect de l’environnement.

     

    Vertbois tour prieuré st martin 24 11 11La tour du Prieuré Saint-Martin à l'entrée de la rue du Vertbois 

     

    Loin d’avoir réalisé cette métamorphose son promoteur pense déjà à la suite, une rue gourmande Rive Gauche…Notre quartier souvent qualifié de Bobo monte d’un cran dans "l’embourgeoisement", cette réappropriation des commerces le prouve à sa façon. Nous suivons le projet avec intérêt et avec attention aussi, car il est difficile pour nous et pour quiconque d'imaginer les conséquence qu'il aura sur la vie de nos quartiers.

    Il faudra d’ailleurs se faire à l’idée que les prochaines adresses à la mode seront celles des échoppes anciennes réinstallées aux numéros 11, 15, 22, 24, 26 et 56 de la rue du Vertbois ou bien au  49 rue Volta.

    Dominique Feutry

     

  • Musée Picasso : le Maire du IIIe Pierre Aidenbaum nous éclaire et nous rassure … un peu !

    Musée picasso pergola centrale 06 05 14La partie centrale de la pergola va disparaitre sur quatre travées pour libérer la vue sur le monument (Photo VlM)

     

    En dépit de son intervention auprès du Premier Ministre Manuel Valls, Claude Picasso, le fils du maître de Malaga, n'a pu obtenir d'engagement pour une ouverture du musée au public en juin. C'est donc, selon toute vraisemblance, fin septembre de cette année que l'évènement aura lieu.

    Les riverains peuvent souffler un peu. Il n'y aura pas d'inauguration en catastrophe, pas de bousculade vers des locaux où les plâtres ne sont pas secs et où les gardiens n'auraient été que des figurants.

    Pourquoi donc avons-nous vécu ce psychodrame ? Laissons le temps faire son oeuvre pour que des conclusions dépassionnées soient tirées. La directrice générale, Anne Baldassari, a fait un travail considérable. A-t-elle su ou pu gérer ses relations avec les ministères concernés ? Son style de management en interne n'a-t-il pas suscité une bronca qui handicape aujourd'hui la productivité du personnel ? La responsabilité d'un établissement de cette importance a pu aussi nourrir des convoitises fatales.

    Avec ou sans Anne Baldassari, ce musée dans sa nouvelle configuration ouvrira donc fin septembre avec une fréquentation plus que doublée. Jean qui pleure, au nom des riverains, se plaint de devoir subir un nombre accru de visiteurs dans un quartier où l'espace nous est compté. Jean qui rit, pour les commerçants du secteur, se félicite de voir la fin d'une période de quatre ans de fermeture pour travaux qui a gelé les affaires.

    Entre ces deux symboles, plus que jamais nous devrons être attentifs au comportement raisonnable des uns et des autres. L'afflux de clients ne donne pas tous les droits à ceux qui en bénéficient. Il faudra veiller attentivement au respect de l'espace public, mis à mal par des terrasses qui explosent et au bruit qui empoisonne les soirées et les nuits de ceux qui vivent autour.

    A propos des cars, ceux notamment qui amèneront les enfants des écoles, le Maire précise qu'ils arriveront par la rue des Filles du Calvaire puis la rue Vieille du Temple et qu'ils stationneront juste le temps de débarquer leurs passagers et de s'en aller. M. Aidenbaum ne croit pas qu'il s'agisse d'une gêne plus importante que celle que nous avons connue. On réalise qu'ils devront néanmoins revenir pour l'opération de récupération, ce qui a pour effet de doubler le transit. Ce sera clairement un sujet sur lequel on devrait revenir si les craintes largement manifestées s'avéraient fondées.

    On en vient à la fameuse pergola. Pierre Aidenbaum s'en est ému. Compréhensive, la direction du musée a accepté de supprimer les travées centrales, de sorte que la vue de l'hôtel depuis le jardin public soit à nouveau libérée. Leur retrait sera effectif le 15 mai.

    Musée picasso  algécos 06 05 14Algécos à hauteur du 95 rue Vieille du Temple (Photo VlM)

     

    A la même date, les algécos qui encombrent la rue Vieille du Temple seront retirés. Le carrefour va reprendre sa respiration.

    Gérard Simonet

     

    Post-scriptum du 13 mai

    La présidente du musée a été remerciée hier au cours d'un entretien avec la Minitre Aurélie Filippetti. Son remplaçant sera désigné sous quinze jours. Elle réalisera cependant l'accrochage des oeuvres qui seront exposées le jour de l'inauguration. Geste symbolique qui lui attribue le mérite d'avoir transformé le musée en dépit de l'issue calamiteuse que nous vivons aujourd'hui.

    Les habitants du quartier quant à eux restent mobilisés. Ils ne veulent ni des défilés de cars, ni de la pergola du jardin, même amputée de quelques modules.

     

     

     

  • La Ministre de la Culture demande l’enlévement de l’immense panneau publicitaire de la place des Vosges

      

    3695_l-image-du-jour-apple-toujours-reine-de-la-place-des-vosgesImmense publicité cachant l'Hôtel de Laffemas 22 place des Vosges (IVe)

     

    La presse relate dans ses colonnes la demande de la Ministre  de la Culture Aurélie Filippetti exigeant le retrait immédiat de l’immense publicité apposée devant l’hôtel particulier de Laffemas au N° 22, classé Monument Historique depuis 1920 dont le toit avait brûlé en mai 2011. Installé depuis 2012, il est vrai que cet affichage de 110 m2 surprend et tardait à être enlevé, les publicités de grande marques se succédant les unes après les autres. Des riverains ont saisi la Ministre  qui a jugé  que ce panneau était resté assez de temps pour financer la restauration même si celle-ci a pris de retard !

    Nous avons parlé de cette nouvelle façon de financer une partie des travaux de restauration d’immeubles et de monuments bien placés dans les grandes villes dans un article du 10 février 2014. A Paris pourtant le Palais de Justice est caché par une publicité gigantesque  tel a été le cas aussi du Louvre, du Musée d’Orsay.

    La question est de savoir s’i faut accepter temporairement ces publicités qui cachent le plus souvent des échafaudages et allègent la facture de copropriétaires ou des contribuables que nous sommes. Ou s’il est préférable de les interdire purement et simplement au risque de retarder, voire reporter à plus tard, des travaux indispensables alors qu’en ces temps de restrictions budgètaires, les financements sont difficiles à boucler. Il est cornélien d’interdire à un endroit ces publicités et de les tolérer à un autre  au risque de se priver d’une source de financement souvent non négligeable.

    SIPA-Bâche publicitaire du Palais de Justice de Paris (Photo Metro News)

     

    Est-il préférable de voir pendant quelques années des panneaux publicitaires sur des façades ou de voir pendant des décennies les façades elles-mêmes enlaidies par les outrages du temps ?

    Ce  genre de dilemme devrait être assez vite résolu et  la décision s’appliquer alors uniformément, sinon la polémique enflera et les recours se multiplieront.

    Dominique Feutry