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Auteur/autrice : Vivre le Marais

  • Les habitants du Marais réagissent à l’émission de M6 « Enquête Exclusive » du 23 septembre sur le thème du Marais

    M6 illustration émissionSoir de juin rue des Archives, 2011

    M6 visuel

    Dans le cadre de son émission "Enquête Exclusive", M6 a diffusé le 23 septembre 2012 à 22h55 un reportage sous le titre : "Le Marais, quartier chic, nuit chaudes". Pour le voir ou le revoir http://www.boursier.com/actions/actualites/news/m6-record-pour-enquete-exclusive-sur-les-nuits-chaudes-du-marais-499296.html?sitemap

     

    Les habitants ont participé avec M6 à de longues et multiples séances de tournage. Nous sommes habitués à constater, dans des cas semblables, que l'heure de tournage se résume in fine à cinq  secondes de projection et que la plupart des acteurs se trouvent réduits à l'état de fantômes. Dans le cas présent, c'est plus grave : nous ne reconnaissons pas nos quartiers.

    Voici ce qu'en dit Yvon Le Gall, vice-président de l'association "Vivre le Marais !", en charge du IVe :

                     

    M6 annonce que le numéro inédit
    d'Enquête Exclusive, présenté par Bernard de la Villardière et diffusé
    dimanche 23 septembre à 22H55, sur le thème "Quartier chic et nuits
    chaudes : les secrets du Marais", a rassemblé 1,9 million de
    téléspectateurs, pour une part d'audience record de 18,6% auprès de
    l'ensemble du public. (Source: Boursier.com)

    Las !
    Les habitants du Marais se seraient bien passé d'un reportage à grande
    audience qui caricature de manière aussi outrancière la population du
    quartier. Nos cousins de province retiendront de cette émission que le
    Marais est peuplé d'homosexuels excentriques, habillés de cuir ou
    déguisés en bonnes soeurs, de juifs ultra-violents, de vendeurs de
    falafels orthodoxes et de grands bourgeois calfeutrés dans des hôtels
    particuliers. 
                     
    Commençons
    par la soi-disant communauté gay. Ce terme est un fantasme marketing
    qui ne relève d'aucune réalité tangible. Une orientation sexuelle n'a
    jamais défini une communauté : y a-t-il une communauté SM (sado masochiste) ? Une communauté
    des adeptes des "parties fines" ?  Et cette appellation de "quartier
    gay" ? Si après plusieurs décennies les gays et les lesbiennes ont gagné,
    de haute lutte, le droit à l'indifférence ce n'est pas pour qu'on leur
    rebatte les oreilles de mots qui évoquent le ghetto, quand bien même on lui
    donnerait l'apparence d'un Disneyland gay animé par quelques limonadiers
    opportunistes.
                                   
    Il est grotesque
    de créditer systématiquement les commerces gay d'un impact sur le prix
    de l'immobilier local. Le Marais est un quartier central, proche de la
    Seine et doté d'un patrimoine architectural époustouflant. Fatalement,
    les prix de l'immobilier dans ce quartier ne pouvaient, tôt ou tard, que
    décoller pour rattraper les quartiers en tête de peloton tels que
    St-Germain des Prés. Il faut observer que le Haut-Marais (IIIe) subit le même syndrome alors que son caractère est tout différent.
                                   
    Le
    sympathique rabbin Touitou aura-t-il apprécié l'insistance avec
    laquelle l'équipe de M6 a suivi les ultra-violents de la LDJ (Ligue de
    Défense Juive) ? Beaucoup d'habitants du Marais ont découvert l'existence
    de ce groupuscule à l'occasion du reportage qui suggère que la rue des
    Rosiers c'est un peu Beyrouth en 1982 … Cerise sur le gâteau : des
    policiers dont on se demande s'ils sont simples ou aveugles et qui
    regardent benoîtement la LDJ coller des tracts racistes pratiquement
    sous leur nez ! La Préfecture de Police et le commissariat devraient être
    morts de honte devant l'image de cette patrouille complaisamment
    passive. Leur ministre de tutelle appréciera.
                                 
    Le
    meilleur pour la fin ? Le méchant habitant ronchon qui stigmatise les
    gentils fétards qui hurlent le soir sous ses fenêtres. La réalité est que
    l'inaction des pouvoirs publics, mairie et services de police, sur les nuisances causées par certains commerces et leurs clients a
    exacerbé les tensions entre les habitants et ces commerces. D'aucuns
    écrivent régulièrement que "la nuit se meurt à Paris", c'est évidemment faux et en tout cas elle ne
    meurt pas en silence …
                                    
    Pour
    le plaisir, nous signalons à Julia Montfort, qui a réalisé ce reportage, que ce n'est pas grâce à une pétition que le bar "Le FreeDJ"
    a obtenu une remise de peine lors de sa fermeture administrative du
    printemps dernier. La raison est tout autre et nous invitons Madame
    Montfort à vérifier ses sources quand elle commente des sanctions
    administratives. 
                             
    Par
    contre, nous avons hautement goûté le passage où le patron du FreeDJ
    explique que son établissement est fermé à la gent féminine. A une
    époque de lutte contre toutes les discriminations, ce passage fut un
    grand moment de tolérance, d'ouverture d'esprit et de "vivre ensemble" …
                               
    En
    conclusion, il est regrettable que M6 ait choisi de faire du
    spectaculaire en diffusant ce reportage qui donne une vision aussi
    violente qu'hystérique du Marais. Quid des  commerces en tout genre, des galeries d'art, de la création, de la mode, des activités du tertiaire, des artisans
    d'art, des musées publics ou privés ? Et surtout, où sont passés les
    habitants du Marais ?
                                 
    Yvon Le Gall
    Vice-président de "Vivre Le Marais !" pour le IVe

                                                           
                                                                                     
  • Hangar Lissac (IIIe) : les riverains s’impatientent


    Lissac
     

     Le hangar LISSAC, vue prise depuis le 34 rue des Francs-Bourgeois (IIIe)
                                    

    Ils sont une trentaine au sein d'un collectif qui regroupe des habitants des rues des Francs-Bourgeois et Vieille du Temple. Depuis que LISSAC, en 2006, a évacué le hangar que la société d'optique occupait au fond du passage des Arbalétriers (à hauteur du 38 rue des Francs-Bourgeois), ces riverains de longue date pour beaucoup d'entre eux, ne cessent de réclamer l'application des dispositions incluses dans le PSMV (plan de sauvegarde et de mise en valeur) du Marais tel qu'il existe aujourd'hui et qui prévoit la démolition du hangar et son remplacement par un espace vert.

    Le plan prévoit aussi la reconstitution des cheminements, l'un au nord vers la rue Barbette, l'autre à travers l'impasse des Arbalétriers où, selon certains chroniqueurs, les sbires du Duc de Borgogne Jean sans Peur massacrèrent sur sa mule le Duc d'Orléans, en 1407. alors qu'il venait de rendre en l'Hôtel Barbette une visite galante à la reine Isabeau de Bavière, épouse du roi Charles VI dit "Le Fou", qui résidait lui à l'Hôtel Saint-Paul.

     

    Arbalétriers contraste droite gauche

     

     

     

    Impasse des Arbalétriers, dont la rive Ouest est honteusement traitée par la copropriété qui en a la charge, tandis que la rive Est est remarquablement entretenue par les propriétaires du 34 rue des Francs-Bourgeois (IIIe)

     

    Ils soulignent que la société LISSAC s'est engagée par contrat avec la Ville de Paris, en 1981, à libérer sous 25 ans l'espace qui leur appartenait et à le céder à la Ville gratuitement sous réserve qu'il soit transformé en espace vert. Condition que le PSMV de 1996 a reprise de manière explicite en excluant toute dérogation ou exécution différée dans le temps (notre article du 24 janvier 2012).

    Le Maire du IIIe, Pierre Aidenbaum, connait bien cette revendication. Il n'est pas certain qu'il veuille y souscrire totalement, mais son sens de la conciliation pourrait le conduire à recommander une solution de compromis qui ne serait pas forcément catastrophique pour les gens qui vivent sur le site. Tout est dans les détails : si une construction devait remplacer le hangar, tout dépend de son emprise, de sa surface, de sa hauteur et de sa destination. Si toutefois les riverains ont la patience d'attendre 2014, date où le PSMV révisé pourrait voir le jour, en même temps que les élections municipales à Paris comme ailleurs.

    Gérard Simonet

     

  • Hommage à Florian, mort dans la nuit du lundi 24 au 25 septembre devant le centre des impôts

    Florian litière 26 09 12

    La couche de Florian, sous les arcades du gymnase Michel le Comte (IIIe)

     

    Il a vécu là ses derniers moments. C'est là aussi qu'il vivait depuis tantôt quatre ans. De manière épisodique. Entre deux expulsions, des séjours plus ou moins longs, seul ou en compagnie. On dit qu'il était originaire d'un pays "du côté de l'Ukraine, vers la Baltique" et qu'il avait été adopté par une famille aisée qui a cherché à le récupérer.

    Il a choisi de vivre comme il l'entendait, entouré de "potes" ne détestant pas la bouteille mais jamais agressifs. Son exutoire, c'était la musique et sa guitare. Ne soyons pas hypocrites : nous n'avons pas toujours apprécié leur présence car ils posaient un vrai problème sanitaire mais bon gré mal gré Florian et sa gentillesse ont conquis de nombreux riverains, qui pleurent aujourd'hui sa disparition.

    Nous avons la chance de posséder une photo de lui et d'un de ses amis. Nous la publions en hommage à un homme libre qui a totalement assumé son destin.

     

    Gymnase m le comte florian et ami zoom

    Florian à gauche, avec sa guitare

     
    Gérard Simonet

     

  • Aménagement des berges de la Seine rive droite : accueil mitigé des riverains qui apprécient la promenade mais redoutent les nuisances des barges prévues sur le fleuve

     

    Berges seine rive droite aménagées 18 09 12
     

    Les berges de la Seine rive droite le long de la "Maison Rouge", quai des Célestins (IVe), septembre 2012 (clic gauche dans la photo pour zoomer)

     

    Comme cela avait été annoncé le 14 mai lors du vote par le Conseil de Paris, les travaux d’aménagement ou de réaménagement sur 1,2 km des berges de la rive droite de la Seine viennent de s’achever. De la pelouse et des pavés ont été posés côté quai. Des plantes et des arbres agrémentent la berge. Des feux tricolores permettent aux piétions d’emprunter des passages protégés afin de rejoindre la Seine sur des trottoirs plus larges. Les deux roues peuvent circuler sur les quais comme les automobilistes (sauf le dimanche depuis l’instauration en 1990 du dispositif « Paris respire ») qui devront dorénavant rouler plus lentement sur une voie réduite d’un mètre et respecter les feux. Cette opération profite aussi au square de l’Hôtel de Ville qui a fait l’objet de transformations et devient accessible depuis le quai.

    Le rendu de cette première tranche d’aménagement est plutôt agréable.

    Reste à imaginer cet ensemble avec les 5 barges prévues entre le pont Louis Philipe et le pont Marie. L’une d’elle servira d’escale aux passagers du Batobus, les autres seront destinées à des installations d’animation et de loisirs. Sont déjà prévus un restaurant biologique, une librairie sur le thème de l’eau, des promenades en bâteaux électriques… Nous sommes dubitatifs sur ces grandes barges, la Seine n’est pas si large pour que l’on puisse encore réduire la partie réservée à la navigation (bâteaux de marchandises, bâteaux mouches …). Il est d’ailleurs étonnant que le projet ne soit pas plus vaste et qu’il se limite uniquement au volet ludique.

    Quant aux automobiles, certes la municipalité attend une diminution du trafic mais ne soyons pas naïfs, celui-ci se reportera sur d’autres voies et la pollution par les gaz d’échappement subsistera. Elle risque même de s’accroître. Il suffit de rappeler que passaient sur ces voies 40 000 véhicules par jour, soit 3400 à l’heure et même 4000 en heure de pointe. Lorsque tous les aménagements seront terminés, sous l’effet du principe des vases communicants, la grande majorité de ces véhicules empruntera d’autres itinéraires ! Enfin, à l’aune hélas d’une récente noyade qui a eu lieu au pied d’un établissement situé quai d’Austerlitz, nous insistons sur l’importance des précautions à prendre et des moyens à mettre en œuvre pour assurer le maximum de sécurité aux personnes.

    Bien entendu ce premier aménagement va se poursuivre ultérieurement avec celui, de plus grande ampleur, qui concerne les quais de la rive gauche, du musée d’Orsay au pont de l’Alma. Un projet particulièrement ambitieux, nécessitant des investissements significatifs (installation de barges, d’îles artificielles, de terrains de sport…), ce qui va changer sensiblement l’aspect actuel des quais qui deviendront totalement piétons.

    Il sera essentiel de suivre les conséquences multiples de toutes ces transformations, en particulier le résultat des mesures que réalisera Airparif…

    Dominique Feutry

     

    Intéressé par l'association : Cliquez ICI

     

  • Les pigeons de Paris : quand « le vivant dans la ville » peut devenir une calamité pour l’environnement

    Nourrisseur 2 de pigeons 20 09 12"Le nourrisseur" en action au Quartier de l'Horloge

     

    L'association ASSACTIVE, du quartier de l'Horloge (IIIe), nous autorise à publier la photo et l'article ci-après sous la signature de sa présidente Ulla CLAUDE.

     

     

    La photo a été prise le 18 septembre 2012 vers 11h30 place Brancusi (IIIe) en face du Centre Pompidou.
    Ce spectacle extraordinaire est offert au regard de tous, y compris à
    celui des agents de police, sans
    relâche cinq fois par jour, 7 jours sur 7, par le vieux nourrisseur de
    pigeons que nous connaissons depuis tant d'années. Les touristes,
    stupéfaits devant une telle accumulation de volatiles, prennent des
    photos souvenir : la place sera bientôt connue du monde entier, mais pas grâce à Brancusi ! 

    Ce véritable tapis de pigeons est symptomatique de la prolifération incontrolée des volatiles qui ont envahi le quartier. Ils ne font pas que dégrader notre patrimoine par leurs déjections, ils mettent aussi notre santé en danger et surtout celle des plus vulnérables, personnes âgées
    et enfants. En terme de propreté Paris ne fait déjà pas bonne figure en
    comparaison des autres capitales européennes - ceux qui voyagent s'en
    sont rendus compte – et les fientes des pigeons n'arrangent rien. - Cette  situation intolérable et honteuse est tout simplèment inacceptable…

     Depuis sa création en 2002 l'ASSACTIVE a alerté à plusieurs reprises les autorités en leur demandant de réagir face à ce problème.
    Nous avons proposé des solutions douces qui semblaient avoir l'aval de la Mairie de Paris : installation d'un pigeonnier,
    utilisation des graines contraceptives et verbalisation des nourrisseurs. Nous avons écrit plusieurs lettres et rédigé des articles dans notre journal de quartier "A la Bonne Heure!" pour constater finalement une totale absence de réaction et une   indifférence absolue ! Cet état de fait est
    inexplicable de la part d'autorités qui devraient assumer leurs
    responsabilités et faire tout ce qui est en leur pouvoir pour une 
    meilleure protection de la santé publique  et de la propreté de la
    ville.

    Par ce message et la photo qui l'accompagnent je souhaite que plus personne ne reste indifférent et que chacun, riverains
    du Quartier de l'Horloge et de son environnement, se manifeste afin
    d'aider l'ASSACTIVE à motiver les autorités compétentes pour qu'elles
    mettent fin à ce triste spectacle. Dans ce but notre association
    envisage, entre autres, d'organiser une pétition à laquelle nous vous
    demanderons de participer.

     Ulla CLAUDE
    Présidente de l'ASSACTIVE de L'Horloge

     

    Nous ne pouvons qu'approuver. Certes, nous sommes attendris par la personnalité et la figure du nourrisseur dont c'est manifestement "la raison d'être" mais nous vivons en société et notre société ne doit pas prendre le risque de laisser véhiculer par ces oiseaux des maladies qui peuvent être fatales aux plus vulnérables.

    Gérard Simonet


  • Ras le bol de la fête, à Berlin : « hipsters go home ! ». Bertrand Delanoë vient, lui, nous parler de « la nuit à Paris » ….

     

    Hipsters2

    Image des "hipsters", qu'on peut définir par "bobos, branchés, adeptes d'un chic négligé"

     

    On peut lire cet article aujourd'hui 19 septembre 2012 dans l'International Herald Tribune, sous la signature de l'agence Reuters :

                                             

    City's tourist boom provokes backlash from residents

    BERLIN

    Tourism to Berlin is booming and filling the debt-ridden city's coffers with much needed cash, but not all berliners are cheering the influx of visitors.

    Some blame the tourists, especially the "easy-jet set" people, who take the budget airline to Berlin to party through the night. They have been blamed for a host of ills, from rising rents to noise pollution. A gallery in an area known for its trendy bars featured for months a scrawled sign in the window "Sorry, no entry for hipsters from the US".

    Berlin is now Europe's third most visited city, after London and Paris. Nine new hotels are set to open by 2013.

     

    L'article tombe à propos. Le 2 octobre, le Maire de Paris rend visite aux habitants du IVe pour son compte-rendu traditionnel de mandat. Le thème de son intervention est "La nuit à Paris". Exaspérés par l'agitation nocturne de certains sites et les nuisances qui en découlent, les riverains vont sans aucun doute se rendre en masse à cette invitation pour écouter quelles sont les mesures que leur Maire leur annonce pour que cesse leur souffrance.

    Ils peuvent se rendre compte, en apprenant ce que pensent les berlinois, qu'ils ne sont pas les seuls à subir la "fête débridée". Ils pourraient cependant être déçus. Bertrand Delanoë ne viendrait-il pas leur annoncer au contraire des mesures pour développer la nuit parisienne, précisément dans le quartier où ils vivent ?

    On a confirmation par Reuters que Paris est déjà la première destination du monde pour le tourisme. Veut-on devenir plus premier que le premier, au détriment bien sûr de la qualité de vie des parisiens. Pour tout dire, on aurait préféré que le Maire choisisse pour thème "la qualité de vie à Paris" et qu'il nous dise comment il entend, dans le IVe, régler le problème de la saleté, de l'occupation de l'espace public, des flyers qui nous envahissent, des tags qui poussent comme des champignons (vénéneux), des champs d'épanchement d'urine et de l'affichage sauvage. On a peur au contraire qu'il nous expose des projets (sous prétexte de mieux respirer, on lance les paris), dont on sait qu'ils aggraveront la situation que tout le monde dénonce.

    Gérard Simonet

     

    Traduction de l'article :

    BERLIN

    L'explosion du tourisme provoque une réaction des résidents.

    Le tourisme explose à Berlin mais remplit les caisses de la ville très endettée. Cependant, tous les "berliners" n'acceptent pas avec joie l'afflux de visiteurs.

    Certains reprochent aux touristes, particulièrement aux adeptes des compagnies à bas coût, des jeunes gens autour de vingt ans, de venir à Berlin pour faire la fête la nuit. Ils sont blamés pour de multiples  nuisances, depuis la pression à la hausse sur les  loyers, jusqu'à la pollution par le bruit. Une salle, dans un secteur connu pour ses bars "tendance", affichait un message gribouillé sur sa devanture : "Désolés, nous n'acceptons pas les hipsters américains".

    Berlin est maintenant la troisième ville la plus visitée du monde, après Londres et Paris. L'ouverture de neuf nouveaux hôtels est prévue en 2013.

    REUTERS

     

     

  • Face à la pollution aux particules fines, la Mairie de Paris doit renoncer aux faux-semblants

    Paris pollué le figaroParis dans le SMOG, septembre 2012. Photo François Bouchon, Le Figaro

                              

    On n'a jamais vu et entendu autant de réactions de la part des médias que ces dernières semaines à propos de la pollution à Paris et dans les grandes villes. Il est vrai que c'est la confirmation d'un revers pour la Mairie de Paris qui avait annoncé en fanfare dès 2001, sous l'impulsion des "Verts", qu'elle faisait de l'amélioration de la qualité de l'air son combat prioritaire.

    Tout en découlait : promotion du vélo, aménagements de voirie en vue de dissuader la voiture, couloirs de bus et, plus tard, Vélib et Autolib. Aujourd'hui, considérant que la Ville de Paris n'a pas respecté ses engagements en la matière, la Cour Européenne de Justice se prépare à nous condamner à une pénalité qui pourrait atteindre 40 millions d'€. Comment en est-on arrivé là ?

    Dans le Marais, on annonçait en 2008, sous l'étiquette "Paris respire", la piétonisation le dimanche de la rue des Francs-Bourgeois. Un débat houleux avait précédé cette décision prise conjointement par les Maires des IIIe et IVe arrondissements. Notre association avait soutenue, mais sans enthousiasme excessif, cette initiative qui ne faisait pas que des heureux. En revanche, au terme d'une enquête auprès des organismes compétents, notament AIRPARIF, nous avions rappelé avec insistance que la limitation des véhicules thermiques, dans une rue ou même quelques unes, un jour seulement pas semaine, n'aurait aucune incidence sur une pollution qui, déjà en 2008, était inquiétante.

    Bien avant  que l'actualité ne s'en empare, dans un article du 8 avril 2009 (il y a donc trois ans et demi déjà !), nous dénoncions l'attitude anesthésiante des autorités publiques qui annonçaient l'amélioration de la qualité de l'air alors que les statistiques disponibles indiquaient le contraire, à propos notamment des particules microscopiques qui résultent principalement de la combustion du diésel et qui sont hautement cancérigènes pour les bronches.

    Nous devons à ce sujet ouvrir une parenthèse : ceux qui se revendiquent d'un engagement écologique ne s'attaquent pas toujours aux vrais sujets. A-t-on déjà entendu un "Vert" dénoncer le gaspillage d'énergie et la production de CO², qui résultent des torchères qu'on voit partout dans le monde et, hélàs, en France, au sommet des tours de raffinage ? Sait-on que ces torchères brulent 145 milliards de mètres cubes par an d'hydrocarbure léger (méthane) qui pourrait être récupéré ? L'équivalent de 30% de la consommation totale de gaz en Europe pour une année !

    Torchères hassi messaoudTorchères sur une installation de production de gaz naturel

    Peut-être est-il trop difficile d'affronter les pétroliers. Alors c'est la voiture qui essuie la vindicte de ceux qui ne s'intéressent qu'à la couche d'ozone. C'est ainsi qu'on a tout fait pour chasser la voiture de Paris. En retour, on a provoqué l'explosion du nombre de deux roues motorisés. Et au lieu de maitriser le phénomène, on a cédé et on continue à céder aux injonctions de leur association qui se dit statutairement "en colère". Une charte signée en 2007 par le Maire de Paris (déclarée heureusement illégale par le Préfet de Police), les autorise à rouler et à se garer sur les trottoirs. Les parkings deux-roues sont gratuits, et il n'est pas exigé de contrôle technique comme pour les voitures. Ces engins qui polluent autant sinon plus que des voitures contribuent lourdement à polluer l'atmosphère des villes.

    Que doit-on faire alors ?

    Surement pas, comme le suggèrent certains membres de l'entourage du Maire, créer de nouvelles zones piétonnes ciblées opportunément pour satisfaire l'appétit de certains débits de boissons en fermant des rues le soir les vendredi, samedi et dimanche de 19h00 à 01h00 du matin et en élargissant simultanément les autorisations d'occupation de l'espace public. Même en baptisant cette initiative "Paris respire … la nuit", on ne nous fera pas passer des vessies pour des lanternes. On ne respirera pas mieux. En revanche il est certain que ce serait une nouvelle calamité pour les riverains, que nous ne manquerions pas de dénoncer !

    Plus sérieusement, il faut cesser de considérer que la réduction des émissions de CO² est le seul combat à mener. Qu'on obtienne déjà la disparition des torchères. Il faut revenir sur la politique de bonus-malus, qui a provoqué l'augmentation du nombre de petites voitures diesel qui n'ayant pas de filtre à particules les rejètent dans l'atmosphère. Il faut interdire progressivement les véhicules diesel de livraisons en commençant par les plus vétustes. Il faut multiplier massivement le nombre de taxis et les prévoir électriques. Il faut aligner les deux roues motorisées sur le régime des voitures : contrôle technique, parking payant etc … Enfin, il est temps de revenir sur la politique d'incitation au diesel, responsable du rejet de particules qui sont la cause d'une hausse des pathologies respiratoires et cardiovasculaires.

    Gérard Simonet

     

  • L’Hôtel de Mayenne et l’église Saint Paul-Saint Louis viennent de retrouver leur lustre originel

     

    A l’approche des journées du patrimoine des 15 et 16 septembre prochains, nous enjoignons les inconditionnels du Marais à aller découvrir les deux somptueuses restaurations de deux bâtiments emblématiques du Marais que sont l’Hôtel de Mayenne et l’église Saint Paul-Saint Louis.

    L’Hôtel de Mayenne

     

    Dans un article de Vivre le Marais du 19 février 2012 (voir aussi un article antérieur du 19 novembre 2011), nous indiquions que les travaux de restauration de l’Hôtel de Mayenne, annoncés en novembre 2009 (21, rue Saint Antoine), classé à l’IMH depuis 1974, étaient enfin lancés.

    Deux ans et demi se sont écoulés et nous retrouvons, alors que des bâches le recouvraient jusqu’à peu de temps, un bâtiment remarquable avec tout son lustre d’origine, ce qui en fait un digne pendant de l’Hôtel de Sully, son proche congénère. Pourtant la partie n’était pas gagnée entre les tenants du maintien du pastiche du XIXème siècle (dit parfois « le bouchon ») qui reliait les deux ailes (la Commission de Vieux Paris) et ceux qui souhaitaient sa suppression de façon à redonner à l’ensemble son aspect d’origine (le Service Départemental de l’Architecture et du Patrimoine).

    Le résultat admirable est à la hauteur des enjeux. En effet, nous découvrons, exception faite des constructions de la place de Vosges, un rare exemple d’un hôtel parisien construit en pierre et en brique, dans le style tout à fait caractéristique de la fin du règne d’Henri IV et du début de celui de Louis XIII. Outre la restitution des deux ailes, les opérations ont permis de mettre à jour les deux murs latéraux des avant corps, les deux fenêtres et les deux lucarnes avec toutes les moulures et les sculptures d’origine. Quant au portail, à son revers a été redécouvert le balconnet porté par des consoles sculptées de qualité exceptionnelle. Lorsque le visiteur pénètre à gauche dans la cour, il peut admirer l’ancienne galerie à arcade ouvrant sur l’escalier d’honneur montant à l’étage. A droite, il trouve une intéressante tourelle sur trompe (c’est-à-dire supportée par une portion de voûte tronquée) du début du XVIème siècle.

    Balconnet porté par des consoles sculptées

    Si nous faisons un bref rappel historique, nous apprenons que l’Hôtel a appartenu au petit fils de Saint Louis ainsi qu’à Charles VI (dès 1398). Suite à un duel, un des « mignons » d’Henri III mourut devant la façade principale. Alors dénommé Hôtel de Boissy, c’est de 1567 à 1569 que sont construits le logis et les ailes. Après avoir été la propriété des évêques de Langres, cet ensemble est acheté en 1605 par Charles de Lorraine, duc de Mayenne. Des transformations importantes sont opérées de 1613 à 1617, le nom actuel d’Hôtel de Mayenne date de cette époque, de même d’ailleurs que les croix de Lorraine qui ornent les ferronneries des balcons. Au début du XVIII ème siècle, des travaux d’embellissement sont confiés à Germain Boffrand un des principaux collaborateurs de Jean Hardouin-Mansart avec lequel il participe notamment à l’aménagement de la place Vendôme, du Palais Bourbon et de l’Orangerie du Palais de Versailles. Nous devons aussi à Boffrand l’introduction du style rocaille en France et l’important château de Lunéville. Durant la Révolution l’Hôtel est habité par Le Fèvre d’Ormesson qui commande une section de la Garde Nationale Après avoir été vendu, l’Hôtel de Mayenne est transformé en 1870 en maison d’éducation des Frères des Ecoles Chrétiennes, sa destination n’a pas changé depuis lors.

    La qualité des travaux de restauration effectués est remarquable et nous voyons sous un autre jour, dans son style originel, cette magnifique bâtisse, un atout certain pour notre quartier.

     

    L’église Saint Paul-Saint Louis

     

    Après 14 mois de travaux, le voile s’est progressivement levé sur la restauration très réussie de l’église Saint Paul-Saint Louis (99, rue Saint Antoine) dont l’imposante façade a été magnifiquement refaite, de même que les emmarchements et les retours latéraux. Les pierres abîmées ont été remplacées, ainsi que les statues et les décors sculptés qui, selon leur état, ont été consolidés ou ragrés. Le nettoyage, l’enlèvement des réparations anciennes en ciment et en béton, ont rendu sa splendeur à l’édifice dont l’éclat est rehaussé par la restauration du vitrail de la façade et de la grande horloge (elle provient de l’église saint Paul des Champs aujourd’hui détruite) éclatante en or et bleu. L’édifice dont le nom originel était  "Saint Louis de la maison professe des jésuites" a été construit par deux architectes jésuites sur ordre de Louis XIII, sur les deniers personnels de Richelieu qui posa la première pierre en 1634 et y célébra la première messe, 7 ans plus tard, le jour de l’Ascension.

    La grande horloge

    La construction est influencée par l’Italie et les traditions françaises. Ainsi la façade peut être qualifiée d’italienne dans son aspect mais sa verticalité montre aussi qu’elle est d’inspiration gothique. Toutefois chacun s’accorde à dire qu’elle est de « style jésuite » par son plan en croix latine et sa nef bordée de chapelles. Sa coupole dont l’aspect rappelle celles des Invalides et du Val de Grâce culmine à 55 mètres !

    En 1762, les jésuites sont remplacés par les chanoines d’un autre ordre par décision du Parlement de Paris qui supprime la Société de Jésus. Endommagée à la Révolution qui voit mourir dans ses murs 5 prêtres tués lors des massacres de septembre 1792, l’église est alors dédiée au culte de la Raison. Ce n’est qu’en 1802 que le culte catholique est rétabli sous l’appellation d’église Saint Paul-Saint Louis. Au cours du Second Empire, sous la direction de Baltard, la façade subit une restauration. L’ensemble est classé monument historique en 1887.

    Le mobilier de l’église est particulièrement riche. Les œuvres les plus rares sont la statue dite « La Vierge douloureuse » commandée par Catherine de Médicis à Germain Pilon dont on retrouve les principales œuvres au Louvre. Un très beau tableau intitulé « Le Christ en agonie au jardin des oliviers » est l’œuvre de Delacroix. Les 2 coquilles qui servent de bénitiers de chaque côté du portail principal de la façade sont un don de Victor Hugo à l’occasion du mariage de sa fille Léopoldine, en 1843. Le maître autel a été refait sous Louis Philippe et utilise du marbre blanc provenant de surplus de la galerie circulaire du tombeau de Napoléon. De riches reliquaires et mausolées contenant des cœurs embaumés, en particulier ceux de Louis XIII, de Louis XIV et du Grand Condé ont malheureusement disparu durant la Révolution. Quant au grand orgue, il remplace celui qui a été enlevé à la Révolution et sur lequel ont joué Marchand, Rameau et Corette. L’instrument actuel date de 1871 et son importance lui valut d’être reçu par deux grands maîtres, César Franck et Théodore Dubois. Sa dernière restauration date de 2005.

    N’oublions pas les autres personnages célèbres qui ont fréquenté ce lieu. Citons plus particulièrement Madame de Sévigné qui venait écouter assidument les sermons de Bourdaloue. Bossuet prononça aussi à cet endroit des oraisons. Enfin, il faut signaler que la crypte de l’église abrite de nombreuses sépultures de jésuites et laïcs dont celle de Bourdaloue.

    Vraiment la renaissance de ces deux lieux chargés d’histoire est un événement qui mérite le détour!

    Dominique Feutry

     

  • Conférence sur Victor Hugo peintre

     

    Nous  signalons un intéressante conférence organisée par Marais Quatre intitulée:

    Un illustre inconnu: Victor Hugo peintre

    

    Images

                                                  Dessin de Victor Hugo 

    Barbara Boehm, diplômée de l'Ecole du Louvre présentera l'oeuvre picturale du célébre poète qui est composée de 3500 dessins réalisés entre 1830 et 1876. Hugo a en effet pratiqué le dessin pendant près de 50 ans avec la plus grande liberté, tant par les techniques employées que par le choix des sujets: la mer, les ruines, les silhouettes fantastiques…

    Victor Hugo qualifiait ses dessins de "simples délassements entre deux strophes". Pourtant Théophile Gautier écrivait à ce sujet en 1862 que "S'il n'était pas poète, Victor Hugo serait un peintre de premier ordre". 

    Aussi goûtons notre plaisir et rendons nous le samedi 20 octobre à 14h00 à la Maison des Associations du 4ème arrondissement du boulevard Henri IV (entrée au 3, rue de Lesdiguières 75004).

    La participation aux frais est de 10 € qui seront à payer en début  de conférence. Il est recommandé de réserver par mail à l'adresse mfmk@free.fr ou par téléphone au 01 42 72 61 41 car le nombre de places est limité.

     

  • Les expositions de la rentrée

     


    Manuscrit ancien illustrant le Roman de
    la Rose

    Avec la rentrée sont annoncées de
    nouvelles et très belles expositions à Paris.Notre quartier est en bonne place
    puisque, parmi elles, figurent des expositions qu’il ne faut pas
    manquer. Ainsi pour les passionnés du Roman
    de la Rose, la Bibliothèque de l’Arsenal propose à partir
    du 6 novembre et jusqu’au 10 février 2013 « L’Art
    d’Aimer au Moyen-Age
     ».

    Le Centre Pompidou de son côté
    organise du 21 novembre au 25 mars 2013, une rétrospective sur
    Salvatore Dali avec notamment les fameuses « Montres
    molles » qui seront prêtées par le MOMA de New York. 
    Beaubourg consacrera parallèlement, du 26 septembre au 07 janvier
    2013, une exposition à « Bertrand Lavier, depuis 1969 ».
    Nous retrouvons chez cet artiste contemporain à découvrir un peu
    de Marcel Duchamp et des nouveaux réalistes.

     

    Le Départ du Bateau Ailé de Salvatore Dali

    Deux expositions plus inattendues sont
    annoncées à l’Hôtel de Ville, l’une se rapportant au
    design intitulée « Le dessein du geste : Savoir- Faire
    et Design
     » du 11 septembre au 10 octobre 2012, l’autre
    est consacrée à « Paris vu par Hollywood » et se
    tiendra du 18 septembre au 15 décembre 2012.

    La Maison Européenne de la
    Photographie
    ouvrira le 13 novembre et jusqu’au 13 janvier
    2013, une importante exposition portant sur « La
    Photographie en France 1950-2000
    » qui offre un large panorama
    de photographies réalisées par des artistes pour la plupart très
    connus sur les thèmes de la mode, de la décoration, de la presse
    mais aussi de la publicité .

    La Maison de Victor Hugo offrira
    deux expositions. L’une programmée du 02 octobre au 18 août 2013
    s’intitule « Les contemplations : un hymne de
    l’au-delà
     » et a pour thème l’ouvrage éponyme de
    l’écrivain illustré avec des livres rares et des dessins.
    L’autre, d’une durée plus courte (18 octobre – 20 janvier
    2013), a pour thème les Productions artistiques du spiritisme.

     

    Les Contemplations dessin de V. Hugo

    Enfin l’exposition à ne pas
    manquer, «  Les couleurs du ciel. Peintures des églises de
    Paris au XVII ème siècle
     », se tiendra au Musée
    Carnavalet
    du 04 octobre au 24 février 2013. En effet, en
    collaboration avec la Conservation des Oeuvres d’Art Religieuses
    de la Ville de Paris (COARC), ce sont 120 oeuvres exceptionnelles
    représentatives de cette période et souvent peu connues,
    dispersées en partie à la Révolution, qui sont à découvrir. A
    cette occasion, plusieurs églises de Paris seront à visiter ou à
    revisiter, en particulier dans notre secteur, Saint Eustache et
    surtout Saint Nicolas des Champs (située 254, rue Saint
    Martin) sans doute la plus richement dotée. Nous consacrerons
    d’ailleurs prochainement un article à cet édifice qui mérite le
    détour mais aussi une sérieuse restauration.

    Les muses Urania et Calliope de Simon
    Vouet

     

    N’oubliez pas non plus les Journées
    du Patrimoine
    qui auront lieu cette année les 15 et 16
    septembre prochains sur le thème « Les patrimoines
    cachés
     » (cf notre article du 13 juillet 2012)