Archives



Rechercher sur ce site

Auteur/autrice : Vivre le Marais

  • Que serait le Haut-Marais (IIIe) si Ravaillac n’avait pas existé ?

    Place de france 

    La Place de France, gravure d'après Châtillon, musée Carnavalet

    Place de france plan (2)  

    Plan du Haut-Marais, aujourd'hui (IIIe). (orienté nord à droite)

       

    Ces deux illustrations se superposent exactement. Au carrefour des rues de Turenne et Vieille du Temple, correspond le centre du demi-cercle sur lequel s'organisait le projet d'une "place de France". La porte monumentale est en retrait, d'une distance qui équivaut approximativement à la hauteur du trapèze des rues de Turenne, St Claude, et des Filles du Calvaire.

    Revenons en 1608. Henry IV, le roi bâtisseur, avec l'aide de son ministre Sully, s'est déjà illustré avec la place Dauphine, le Pont-Neuf, d'une facture originale pour l'époque, en pierres (et pas en bois), sans aucune maison sur ses flancs, et la place Royale, devenue depuis place des Vosges.

    Il forme alors le projet d'étendre la capitale au nord-est et d'en assurer le peuplement en urbanisant les marais et jardins qui s'étendent devant l'enclos du Temple. Ce sera la place de France. Elle s'appuyait sur une muraille qui suivait à l'est le tracé des remparts (boulevard des Filles du Calvaire) et s'ouvrait par une porte monumentale sur le centre d'un éventail formé par les rues de Normandie, de Bretagne, de Poitou et Vieille du Temple. Ces radiales croisaient une voie en arc de cercle dont on a gardé le principe pour dessiner la rue Debelleyme.

    Le diamètre de la place était de 156 mètres. Les pavillons en bordure, en pierres et briques, percés d'arcades, comme la place des Vosges, auraient hébergé une haute juridiction. Les artères qui rayonnaient devaient porter des noms de provinces françaises. On les retrouve aujourd'hui ; elles gardent en mémoire le souvenir d'un projet prestigieux.

    Il n'eut pas la chance de voir le jour. Le 14 mai 1610, Henry IV était assassiné par François Ravaillac, rue de la Ferronnerie (1er), sur fond de passion religieuse. Le Duc d'Epernon, qui accompagnait le roi, l'amène à l'hôtel de Retz, 9 rue Charlot (IIIe), pour lui éviter le lynchage. Il est exécuté en place de Grève le 27 mai, au terme d'un supplice dont la cruauté dépasse de très loin la gravité de son geste.

    Sully tomba en disgrâce et la régente, Marie de Médicis, n'eut pas le cran de donner suite. Le tracé de certaines rues avait pourtant été entrepris déjà. Elles furent conservées et formèrent un premier lotissement, bientôt complété par un autre au tracé orthogonal qui forma les rues Charlot, de Saintonge, du Perche et Pastourelle.

    Le Haut-Marais est riche en souvenirs et en occasions manquées. Il aurait pu conserver le Temple, à tout le moins son donjon si Napoléon avait été moins pusillanime ; il possèderait une merveilleuse place en éventail pas loin de la place des Vosges et dans le même style. Entre les deux, la rue de Turenne, une promenade merveilleuse que les badauds et le commerce de luxe se seraient accaparée … Mais voilà : il y eut Ravaillac.

    Henry IV assassinat

     

     

     

     

    L'assassinat de Henry IV par Ravaillac, huile sur toile de Charles-Gustave Housez, musée de Pau

      

    Bibl. "Le Marais" de Danielle Chadych, Parigramme  ; "Paris Patrimoine n° 2", dossier de Rémi Koltirine

      

      

  • Indiscrétions, rumeurs et nouvelles du Marais ….



    Rivoli 15 starbucks Verrerie quetzal   

                                                       

    Thorigny 2 café

                                   Ste croix square nouvel établissement                                                                                                                                                     

    De nouveaux établissements accueilleront le public bientôt :

    (1)          Espace Saint Paul, 10-15 rue de Rivoli (IVe), en cours de rénovation, (voir notre article de septembre 2009) entre les rues Mahler et Pavée. Il y aura un magasin "CAMAÏEU" au milïeu et un nouveau STARBUCKS à gauche. Va-t-il faire de l'ombre à celui de la rue des Archives ? Pas sûr.

    (2)            Le "mythique" bar QUETZAL (l'oiseau à la longue queue), 10 rue de la Verrerie, angle Moussy (IVe), va céder sa place à un restaurant asiatique. Un de plus. S'il pouvait être bon …

    (3)            Le "Café des Arcades", qui était fermé depuis des mois, 2 place de Thorigny (IIIe), en sympathie avec le musée Picasso, se prépare à rouvrir sous une autre enseigne. De l'autre côté de la rue du Parc Royal, les "Chocolats MEERT", au 16 rue Elzévir, n'en finissent pas d'ouvrir. Que ne mettent-ils un paneau : "ouverture demain" ? La fermeture du musée pour travaux n'est peut-être pas étrangère à leur attentisme.

    (4)            Le restaurant qui jouxte le COX square Ste Croix de la Bretonnerie annonce un changement de concept. Il proposera prochainement un "véritable dîner américain", le premier dit-il à Paris. Il faudra aller voir et goûter ce qu'on entend par "dîner américain". Il est question de recréer une ambiance "années 50".

    (5)            Ne cherchez pas la photo. Il s'agit de la piscine Saint Merri (IVe),
    rien de bien sexy. Certains d'entre nous y vont tous les jours, tout de même, mais
    reviennent souvent bredouilles. De façon parfaitement imprévisible
    (ou si prévisible, insurmontable, ce qui correspond à la définition de
    la Force Majeure), un leader syndicaliste passe et intime aux employés l'ordre de
    rentrer chez eux. La mairie étudie un moyen d'opérer une retenue sur
    leur salaire. Pour le moment, en tout cas, ils ont le beurre et l'argent du beurre.

    (6)             Le gérant du RAIDD BAR, 23 rue du Temple (IVe), généralement bien considéré par les riverains pour les efforts qu'il déploie de façon à limiter les nuisances de son activité nocturne, vient d'acquérir un autre bar de nuit, le CUD, 12 rue des Haudriettes (IIIe). Contrairement à ce que prétendent les professionnels de la nuit, leurs affaires se portent plutôt bien.

    (7)             Samedi dernier, une vente spontanée en fond de cour au 23 rue des Blancs-Manteaux (IVe) a mal tourné. Excédés par l'incursion dans leur résidence de passants attirés et introduits par des rabatteurs placés devant l'entrée et par l'habillage des potelets de la rue par des affiches agrafées, depuis Aubriot jusqu'à Archives, des résidents ont haussé le ton en arrachant les affiches tandis que les organisateurs cherchaient à s'y opposer avec véhémence. Deux personnes de l'association passaient là par hasard. Elles ont alerté la police qui est venue immédiatement. Les affiches ont été retirées. Nous nous interrogeons sur la légalité de cette opération commerciale. Des précisions ont été demandées à la Commissaire de police du IVe.

    PS du 3 mai : Le Commissaire-Adjoint du IVe nous a répondu dès le 22 avril. Il convient que notre réclamation était fondée et conclut : "Des rappels d'instructions sont régulièrement effectués, afin que les interventions s'effectuent avec le maximum de discernement et d'objectivité …". Nous l'en remercions vivement.

    (8)            Rénovation du Carreau du Temple (IIIe) : l'appel d'offres s'est avéré infructueux, pour cause de dépassement du budget alloué, ce qui veut dire que personne, à ce stade, n'est en mesure d'assumer le chantier. C'est un répit pour les riverains qui voient d'un mauvais oeil des travaux qui vont perturber leur existence.

    Post-scriptum du 7 mai : le maire Pierre Aidenbaum nous précise qu'à l'issue d'un round de concertation entre les postulants, les titulaires du marché ont pu être désignés (notamment Eiffage pour le gros oeuvre). Les archéologues, toujours prioritaires sur ce type de chantier, vont pouvoir intervenir.

    (9)             Les épaves de vélos que nous avions repérées devant le 78 rue du Temple (IIIe) et qui nous servaient de test aux interventions de la Mairie de Paris, ont disparu. François Dagnaud, Adjoint de Bertrand Delanoë pour l'environnement a peut-être commencé à tenir ses engagements.

    (10)          Le beau temps est revenu et le volcan Eyjafjajokull s'est calmé, juste ce qu'il faut pour que vous partiez en vacances !

    Volcan islande 

    Nuage de vapeur et de cendres du Eyjafjajokull au dessus de l'Islande.

                                                                                   

                                                                                                                                           

  • Prochaine visite guidée, hors du Marais : Montmartre insolite

    Montmartre lapin agile

    Le "Lapin Agile", en contrebas des vignes de la butte.

       

    Montmartre insolite 20 mai 2010

    avec Sylvain Solustri

    On croit tout savoir de Montmartre et pourtant la butte, annexée à Paris en 1860, a une Histoire bien méconnue avec petits et grands évènements : les Dames Chanoinesses troublées par les exploits du Vert Galant, la Commune, l'occupation russe de 1814, l'évasion en ballon de Gambetta, la construction du Sacré-Cœur, le temps des grands cabarets qui faisaient accourir tout Paris… .

    La butte recèle aussi de nombreux secrets et des lieux ignorés tels que le Passe-muraille, les vestiges de la forêt qui recouvrait la butte, le Lapin Agile, l'épicerie d'Amélie Poulain… De nombreux artistes ont résidé ou résident toujours en ce lieu magique tels Dalida dont nous pourrons voir la maison devenue aujourd'hui un véritable lieu de pèlerinage. Et l'église Saint Pierre, l'une des plus anciennes de Paris et ses splendides vitraux contemporains. Et le charmant musée de Montmartre qui a failli fermer et qui doit sa survie à la mobilisation des habitants. Vous pourrez aller le visiter à l'issue de notre promenade guidée.

     

    Et que sont donc devenus les nombreux moulins qui jalonnaient la butte ? ….

    A l'écart de la place du Tertre et des quelques rues envahies par les visiteurs, c'est un quartier de Paris plus calme et plein d'Histoire et d'histoires que vous allez découvrir avec notre guide Sylvain Solustri. C'est aussi une nouvelle occasion de se retrouver et de dialoguer avec les animateurs de l'association. Mettez de bonnes chaussures car les pavés sont parfois traitres et comptez entre 2h et 2h30 de visite.

    Pour rémunérer notre guide et participer aux frais, nous vous demandons une contribution de 10 € par personne ou 15 € pour les couples et vous invitons à prévenir au plus vite de votre présence Marie-Françoise Masféty-Klein par mail : mfmk@free.fr ou par téléphone 01 42 72 61 41.

    Rendez-vous le jeudi 20 mai à 14h30

    Sortie haute du funiculaire

    (prendre le métro jusqu'à Anvers puis suivre les indications

     pour le funiculaire)


     

       

     

  • La fin ne justifie pas les moyens ….

    Affiches sauvages ste chapelle 

    Affiches au pied du 32 rue des Archives (IVe). Cliquez dans l'image pour l'agrandir.


    Amoureux du Marais, et aussi passionné de musique, je supporte difficilement les affiches sauvages, aussi racoleuses que géantes, qui fleurissent dans le Marais et ailleurs pour signaler des concerts dans des lieux prestigieux comme la Saint Chapelle ou l'église de Saint Germain des Prés.

    Nous sommes plusieurs à partager cette phobie qui n'est après tout que l'expression d'un droit reconnu, celui qui nous protège de l'agression visuelle d'un affichage non sollicité et non autorisé, qui enlaidit le paysage de la rue.

    L'autre jour pourtant, ayant vu une de ces affiches, je me suis rendu à la Sainte Chapelle pour écouter un violoniste de qualité, exécuter une partie des suites et partitas pour violon seul de Bach. Au moment où il donnait la Chaconne en ré mineur de la deuxième partita, oeuvre monumentale dont je connais chaque note pour l'avoir moi-même déchiffrée et jouée (on peut dire, plus modestement, massacrée), je me disais que leur publicité n'est pas à la hauteur de l'objectif prestigieux qui est le leur.

    Ces affiches, placardées partout où s'offre une place, scotchées aux descentes d'eau jumelles, ont un statut de chat de gouttière qui n'est pas digne des chefs-d'oeuvre dont elles font la promotion.

    Alors il me vient une idée. Au lieu d'attiser le zèle de certains d'entre nous qui enlèvent méthodiquement ces affiches indésirables, convenons d'une chose avec les organisateurs : ils épargnent le Marais, secteur sauvegardé, et nous faisons l'annonce de leurs concerts sur ce blog. Ils retrouveront ainsi la légalité, l'honorabilité et bénéficieront de l'impact de notre média, qui est considérable si on en juge par le nombre de pages lues chaque jour. J'ajoute aussi que les messages seront de ce fait mieux ciblés.

    Je leur adresse cette proposition sous forme de lettre ouverte. J'espère qu'ils voudront bien y répondre et y répondre bien. En attendant, nous leur offrons bien volontiers cette publicité gratuite.

       

  • Le jardin d’Eden se trouve rue Payenne

     

    Payenne georges cain 
    Square Georges Cain,  8 rue Payenne, (IIIe). Cliquez sur la photo pour agrandir.

     

     

    Ici le calme rivalise avec la beauté. C'est un des sites le plus romantiques du Marais.

    Il se situe à l'emplacement des jardins de l'hôtel construit en 1686 pour Michel Le Peletier de Souzy, jardins  disparus au XIXe siècle au profit de bâtiments parasites comme il s'en trouvait beaucoup dans le Marais à cette époque. Il doit son nom à Georges Cain (1853-1919) conservateur du musée Carnavalet et excellent peintre à ses heures.

    Louis Michel  Le Peletier de St Fargeau, un des membres de la famille, député de la noblesse aux Etats Généraux, assura la majorité d'une voix qui scella le 15 janvier 1793 le sort tragique du roi Louis XVI. Il mourut lui aussi de mort violente le 21 janvier 1793, assassiné par le royaliste Philippe de Pâris, garde du corps du roi, quelques heures seulement avant que le roi n'expire sur l'échafaud.

    Le square est bordé au fond par la façade de l'hôtel et à gauche par l'orangerie (restaurée en 2000). Son fronton partage avec celui de l'hôtel  un thème commun : le temps, qui nous est compté mais qui coule éternellement. Pour l'illustrer : Chronos-Saturne, dieu du temps, qui tient une faux, l'instrument de la camarde, et trône sur une colonne tronquée, symbole de sa force.

    Le square est devenu un dépôt lapidaire des collections archéologiques de la Ville. On trouve notamment, à droite, le fronton du pavillon de l'Horloge du palais des Tuileries, incendié par la Commune en 1871. Il est posé sur deux colonnes cannelées avec, au centre, une sculpture  de la porte du château vieux de St Germain-en-Laye. Et un plafond à rosace de l'Hôtel de Ville, reste de l'édifice détruit lui aussi (mais reconstruit sous la IIIe République) par la Commune (dont on compte plus aisément les désastres que les bienfaits).

    On voit au centre un amour de statue de femme. Elle symbolise "l'Île de France". Elle est l'oeuvre en 1925 d'Aristide Maillol.

       

    Bibl. "Le Marais" par Danielle Chadych, ed. "Parigramme" et "Le Marais" par Alexandre Gady, éd. "Le passage"

                                                                           

    Post-scriptum # 1 : une personne de l'association, Claude Lhote, nous fait l'amabilité de nous adresser un texte sur Georges Cain. Nous vous suggérons d'en prendre connaissance

      

       

  • Démolition du jardin des Halles : l’association ACCOMPLIR, membre du réseau « Vivre Paris ! » dépose un recours devant le Tribunal Administratif et demande en référé l’arrêt des travaux

      Halles tête et mainHalles jardin lalanne

    La place René Cassin, la tête et la main sur fond d'église Saint Eustache et le jardin Lalanne, à droite, condamnés à la démolition dans le projet actuel des Halles.

     

    L'association ACCOMPLIR, Ie et IIe arrondissements, membre comme nous du réseau "Vivre Paris !", conteste la légalité du permis de démolir de la Ville de Paris portant sur le jardin des Halles affiché depuis le 26 mars dans le cadre du projet de réaménagement des Halles.

    Elle dépose aujourd'hui un recours pour excès de pouvoir de la Mairie de Paris afin d'obtenir l'annulation de ce permis, ainsi qu'un référé pour la suspension de l'exécution des travaux.

    L'avocat de l'association est Me Cyril Laroche.

    Voir site de l'association ACCOMPLIR

     

     

     

     
  • Des hangars « à détruire » vont-ils être pérennisés pour accueillir un super marché ?

    Haudriettes 5 et 5bis cours rec
     Les deux hangars sur cours pavées des 5 et 5bis rue des Haudriettes (IIIe). (Cliquer sur la photo pour l'agrandir).

                                                                                                                                                    

    Ces constructions parasites prolongent sur les cours intérieures, dont ils détruisent malheureusement les proportions et l'esthétique, un local commercial qui occupe les pieds d'immeubles des 5 et 5bis sur la rue. Propriétés de la famille Quesnel au milieu du siècle dernier, les immeubles des 3,5 et 5bis sont de la même facture, une architecture XIXe siècle, lourde mais plutôt bien intégrée dans l'urbanisme de la rue.

    En 2001, la municipalité nouvellement élue à la tête de la Mairie de Paris, décide l'acquisition des immeubles du 3 et du 5, pour la somme de 130 Millions de Francs. Ils sont alors occupés à 60%. La SAGI, bailleur social de la Ville de Paris, procède à une rénovation sérieuse et les appartements libres sont affectés à des bénéficiaires de logements sociaux. On y relogera en particulier des familles victimes de l'incendie du squatt du "Roi Doré".

    Le 5bis n'est pas concerné. Pour faire face à ses charges, les propriétaires l'avaient préalablement vendu en copropriété.

    Un grossiste-importateur en maroquinerie occupait un local sur rue à l'enseigne "DIXIMPORT", prolongé sur les cours intérieures, par des hangars avec verrières, pour une surface totale de 400 m². Comme nous le disions dans notre journal "Vivre le Marais !" n° 31, le commerçant a déménagé en mars laissant ses locaux libres de toute activité.

    Au titre du PSMV (plan de sauvegarde et de mise en valeur) du Marais, les deux hangars figurent respectivement en tâches jaune (pour le 5) et orange (pour le 5bis), ce qui veut dire  que "leur démolition pourra être imposée à des fins de mise en valeur ou en raison de leur vétusté (sauf pour les tâches orange tant qu'il y a maintien des activités)". L'activité ayant cessé, les deux constructions sont vouées au même sort.

    Comment se peut-il, dans ces conditions, que la mairie du IIIe vienne de confirmer au conseil de quartier Ste Avoye, que ce local accueillera prochainement un MONOP', au grand dam des habitants copropriétaires du 5bis, qui viennent de distribuer un tract révélateur de leurs inquiétudes mais aussi du ressentiment qu'ils éprouvent à la constatation qu'une transaction, dont ils sont partie prenante, s'est déroulée au-dessus de leur tête.

    Haudriettes 5bis tract avril 2010

    Cette affaire présente plusieurs facettes.

    Un volet patrimonial, tout d'abord.

    Le PSMV a pour vocation de mettre en valeur le Marais en lui donnant une respiration qui lui fait encore défaut. Il ne fait de doute pour personne que les deux verrières que nous voyons sur la photo enlaidissent une cour pavée qui ne demande qu'à retrouver ses proportions originelles.

    Le PSMV est en révision et nous savons que les orientations prises, même si elles ne seront approuvées qu'à l'issue d'un processus de près trois ans, recommandent plus de considération pour la mémoire du XIXe siècle, son architecture et son héritage industriel. Peut-on affirmer que ces verrières entrent dans cette catégorie ? Certainement pas. Au nom de quels principes, l'agence Blanc-Duché chargée de sa révision et les architectes de Bâtiments de France pourraient-ils renoncer à une injonction de démolir ?

    Un volet économique, ensuite.

    La disparition du monopole du commerce de gros, et singulièrement de la maroquinerie d'importation, est un objectif que la mairie du IIIe partage avec les habitants. Il faut bien entendu accepter qu'il soit remplacé par autre chose. Un MONOP' de ce point de vue n'est pas forcément une mauvaise affaire si sa direction fait preuve d'une bonne écoute à l'égard des riverains.

    Un volet foncier, aussi.

    La démolition a un coût. Sans doute la RIVP, qui a pris la suite de la SAGI comme bailleur social du 5, pourrait y faire face, mais quid des copropriétaires du 5bis ? Sur quelle base indemniser le propriétaire de la verrière (qui ne vaut théoriquement que le prix du terrain) et y aurait-il accord pour financer les travaux de réhabilitation de la cour ?

    Un volet règlement de copropriété, enfin.

    La création d'un nouveau commerce implique des travaux d'aménagement intérieurs et extérieurs (devanture, enseigne) dont certains doivent être acceptés en assemblée générale. A défaut, la Direction du Permis de Construire et du Paysage de la Rue, puis les Bâtiments de France, dans le cadre de leurs compétences, ne peuvent examiner le dossier de façon formelle. Aux dires des membres du conseil syndical du 5bis, le dossier ne leur a pas été présenté. On observe, du reste, qu'aucune "Demande Préalable d'autorisation de Travaux" n'a été déposée bd Morland, au siège de l'urbanisme.

    Il ne faut pas s'étonner, en l'absence d'information, que des commentaires désobligeants circulent : pouvoir de l'argent, entregent, mépris du patrimoine collectif au bénéfice du lucre, volonté de passer en force …. Il existe une façon très simple de l'éviter : INFORMER, JUSTIFIER et NEGOCIER.

    Pour rejoindre l'association, cliquez ICI

       

  • « Vivre Paris ! » : une délégation reçue par le cabinet de Bertrand Delanoë

    Hôtel de ville entrée lobau

    Hôtel de Ville, entrée 5 rue de Lobau (IVe)

                                                                                   

    En réaction aux exigences irrecevables formulées par les participants à "l'observatoire des lieux de vie et de diffusion musicale", qui se sont fait l'écho de la campagne de communication lancée par les professionnels de la nuit et de la boisson sur le thème de "Paris se meurt, Paris s'endort", nous avons adressé  cette lettre à Bertrand Delanoë le 10 février 2010.

    Renaud Helfer-Aubrac, membre de son cabinet, nous a reçus hier en nous assurant que le Maire était "très sensible aux problèmes que nous évoquions". Nous en avons pris acte.

    Nous étions trois pour représenter le réseau "Vivre Paris !". Nous pensons avoir été entendus. Nous avons désormais l'assurance de participer de façon active (pas seulement dans la salle, mais à la tribune) aux "états généraux de la nuit" lorsqu'ils se tiendront, à l'initiative de Ian Brossat, président du groupe communiste à la Mairie de Paris.

    Pour "Vivre le Marais !", et pour toutes les composantes du réseau "Vivre Paris !", la qualité de vie des parisiens passe par la maîtrise du bruit la nuit et l'utilisation équitable de l'espace public.

    A ce propos, "Vivre Paris !" a remis un texte qui est notre contribution à une évolution de la réglementation des terrasses que la Mairie de Paris étudie actuellement. Cette démarche nous préoccupe, compte tenu de l'explosion des terrasses constatée depuis que la loi anti-tabac interdit de fumer dans les lieux publics.

    Loin d'admettre qu'il faut élargir l'emprise des bars, nous considérons comme une limite à ne pas dépasser celle qui résulte de l'application de la règle actuelle à savoir "un tiers pour la terrasse et deux-tiers pour les piétons", avec un minimum de 1,60 mètre, que nous aimerions voir passer à 1,80 mètre, avant le premier obstacle.

                                                                                                                                        

  • Rue Michel le Comte (IIIe) : incursion dans le Marais des années 50

    Michel le comte 25 entrée

    25 rue Michel le Comte, entrée du passage et grossiste maroquinier


    Il reste peu d'ensembles immobiliers à réhabiliter dans le Marais.

    La rue Michel le Comte, il y a vingt cinq ans, était un coupe-gorge sinistre. On a assisté successivement à la restauration des hôtels Lenoir de Mézières (n°19), Ferlet, (n°21), d'Hallwyll (n°28), de plusieurs bâtiments d'un intérêt architectural certain comme l'hôtel Louis XV du n°16 en fond de cour, la Maison  du collège de la Marche (n°17), les bâtiments des n°22, 24 et 26 rénovés en 2001, avec des finitions, cependant, dont la qualité a été quelque peu sacrifiée, et le n°30, annexe de l'Hôtel Dieu sous Louis XIV, qui a conservé son portail à impostes et ses vantaux.

    Il y a une ombre au tableau : le gymnase qui n'honore ni son architecte, ni la Mairie de Paris qui en assura la maîtrise d'ouvrage dans les années 80.

    Il reste une vaste parcelle en friche, à laquelle on accède par le passage du 25, et qui s'étend très loin en arrière vers un ensemble de bâtiments XVIIIe et XIX, dans un état de délabrement qui lui donne un air de cour des miracles.

    Il est hors de question d'offenser ceux qui ont trouvé le moyen de s'y installer et d'y travailler, mais incontestablement nous avons affaire à un habitat qui mérite d'être réhabilité.

    Entrons ensemble dans cet univers qui pourrait effectivement servir de décor à une reconstitution des années 50.


    Michel le comte 25 passage  

    Un long couloir dessert les bâtiments sur rue, en arrière et jusqu'à une cour assez grande au sud. L'état des lieux dénote une absence totale d'entretien depuis des décennies.

       

    Michel le comte 25 atelier sur cour


    On découvre à droite un atelier sous verrière qui occupe l'essentiel d'une cour intermédiaire.

    Michel le comte 25 cour sud vue du passage

    La cour, au fond du passage, bordée de constructions de qualité très médiocre.

    Michel le comte 25 couloir escalier porte sur cour   

    Cette vue révèle l'état de vétusté des immeubles.

    Michel le comte 25 escalier à vis bât central

      

    Escalier hélicoïdal en fond de cour.

                                                                                                            

    Le devenir de cet ensemble immobilier a été longtemps incertain. Un moment, on a cru qu'une entreprise de rénovation en ferait l'acquisition mais un désaccord entre les propriétaires a fait échouer le projet. Finalement, c'est la Mairie de Paris qui a pris en charge sa réhabilitation et qui décidera de l'affectation des locaux et logements créés, à travers le bailleur social SGIM (société de gestion immobilière de la Ville de Paris).

    Il faudra au préalable faire des choix. Le bâti date des XVIIIe et XIX siècles. Tout ne mérite pas d'être conservé. Il semble à première vue qu'un curage sélectif s'impose car les constructions parasites sont nombreuses et créent un urbanisme anxiogène.

    Si on se réfère au PSMV (plan de sauvegarde et de mise en valeur) du Marais, pour cette parcelle, seuls les bâtiments sur rue sont à conserver. On comprend que le reste peut être démoli et en partie reconstruit, en prenant soin de ménager quelques espaces verts et de sauvegarder les cours pavées. Dossier complexe mais intéressant qui devrait passionner les Bâtiments de France et l'agence Blanc-Duché chargée de la révision du PSMV.

    Sans oublier la Mairie du IIIe qui voit dans cette opération l'une des dernières chances de récupérer du foncier pour le réhabiliter et étendre son parc de logements sociaux. On lira à ce propos l'intéressant article de Gauthier Caron-Thibault, Maire-Adjoint, sur son blog rue de bretagne, qui donne des précisions importantes sur la nature des logements envisageables et les moyens à mettre en oeuvre pour reloger les habitants et entreprises qui occupent l'espace aujourd'hui.

       

       

  • Ouverture des hostilités entre Verts et élus de Paris à propos des terrasses de bars

    Réaumur 83 emprise terrasse Réaumur 83 passage piétons

     

     

     

     


    Chantier d'aménagement d'un bar avec terrasse au 83 rue Réaumur (IIe)

                                                                                                                                                         

    L'information nous vient du réseau "Vivre Paris !" auquel nous sommes affiliés. Le bar en cours d'aménagement a déposé à la mairie une demande d'autorisation de terrasse. Si on en juge par l'emprise des barricades mises en place (voir photo), l'espace libre laissé aux piétons est de 1,20 mètre, bien inférieur au règlement qui prévoit 1,60 mètre et pas moins des deux-tiers du trottoir.

    Sans doute pour cette raison et d'autres peut-être, le maire du IIe, Jacques Boutault, élu des Verts et populaire dans son arrondissement auprès des riverains, a refusé cette terrasse.

    Qu'à celà ne tienne, l'Adjointe au Maire de Paris chargée du commerce, Lyne Cohen-Solal, est passée outre et a donné son avis favorable. Est-ce à dire que l'affaire est bouclée ? normalement, non. L'autorité opérationnelle en la matière est la "Direction de l'Urbanisme et du Paysage de la Rue", qui dépend d'Anne Hidalgo, 1ère Adjointe au Maire de Paris. Il serait contraire au bon sens, et à la morale, que Mme Cohen-Solal, qui défend les commerces, soit aussi celle qui décide des faveurs à leur accorder. Rappelons que l'installation de terrasses et étalages sur l'espace public n'est pas un droit mais une tolérance.

    Le Maire du IIe, Jacques Boutault, a transmis à l'association ACCOMPLIR, membre de "Vivre Paris !" sa lettre  de protestation. Il semble toutefois s'avouer vaincu. Les riverains en tout cas ne l'entendent pas de cette oreille et sont mobilisés. Si ce dossier ne se règle pas dans le respect du règlement des terrasses et étalages, qui n'autorise pas de telles emprises sur l'espace piétons, "Vivre Paris !" demandera l'intervention de Mme Hidalgo et, si nécessaire, l'arbitrage du Maire Bertrand Delanoë.

    A la veille de la révision du règlement de la Ville de Paris sur les terrasses et étalages, à laquelle nous entendons bien être associés, au moment où les demandes explosent et où l'espace piéton se réduit comme peau de chagrin, il importe d'être vigilants et de dénoncer toute dérive dans ce domaine.