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Auteur/autrice : Vivre le Marais

  • Le quartier des Gravilliers (IIIe) vit une métamorphose lente mais bien assurée…

     

    Gravilliers 15 chic & mode 05 03 20Boutiques coquettes, 13 et 15 rue des Gravilliers (IIIe) (Photos VlM)

     

    Nous nous posions une question au début des années 2000, à l'époque où les riverains du quartier des Gravilliers pestaient contre la mono-activité des grossistes-importateurs de maroquinerie qui occupaient les boutiques, les caves et les étages des immeubles : quand ils seront partis, qui les remplacera ?

    C'était pour les habitants du quartier, qui s'étend dans le IIIe de la rue de Montmorency à  Chapon et Gravilliers avec la rue du Temple en bandoulière, une source indiscutable de nuisances.

    On a la réponse aujourd'hui : on recense un nombre élevé de galeries d'art – contemporain en général – des hôtels (Jules & Jim, The Sinner….), des agences immobilières, des restaurants, des commerces de proximité (boucherie, poissonnerie, primeurs…) et quelques boutiques de mode. Les grossistes ont majoritairement quitté Paris pour s'installer à Aubervilliers qui leur offre un accès aisé et des surfaces moins chères.

    Le décor en est bouleversé, dans le bon sens. Le plan de sauvegarde et de mise en valeur du Marais qui gouverne l'urbanisme dans ce secteur au statut de SPR (site patrimonial remarquable), s'il est quelques fois détourné ou contourné, façonne vaille que vaille le paysage de la rue en imposant de droit et de fait une nouvelle esthétique qu'il serait inéquitable de ne pas apprécier.

     

    Temple 86 devanturesBoutiques rue du Temple (IIIe)

     

    Cette photo de la rue du Temple en témoigne. On y voit côte à côte un grossiste d'époque à droite avec son immense enseigne, son rideau métallique extérieur (relevé), sa devanture sans élégance et une boutique nouvelle à gauche qui allie classe, distinction et sobriété, caractères requis désormais pour figurer dignement parmi les commerçants du Marais. A noter le rideau métallique intérieur, désespoir des tagueurs qui, n'y ayant pas accès, sont privés du plaisir malsain de le défigurer !

    L'évolution n'a pas que des avantages. Ils sont légion les résidents qui regrettent le passé, la convivialité des habitants qui n'étaient pas encore des bobos, les commerces populaires, les prix modérés de l'immobilier et de l'alimentation…. "𝄠 Il est toujours joli le temps passé…", nous chantait Georges Brassens. Je laisse à chacun le soin de juger mais j'ai là-dessus une opinion personnelle qui ne cède en rien à la nostalgie d'une époque qui a eu son charme mais qui est aujourd’hui révolue.

    Gérard Simonet

     

  • Il accumule les accrocs aux règles d’urbanisme du Marais : le « Mandarin Rambuteau » essaie pourtant de faire peau neuve !

     

    Rambuteau 11 mandarin enseigneLe Mandarin de Rambuteau, 11 rue Rambuteau (IVe) (Photo VlM)

     

     

    Sa devanture est un concentré de manquements à la réglementation d'urbanisme en matière d'enseignes et devantures dans le "Site Patrimonial Remarquable" (SPR, ex PSMV) que constitue le Marais : enseigne en drapeau trop grande, implantée au-dessus du plancher du 1er étage, présence de néons, enseigne parallèle aux couleurs criardes…

    Quand le ravalement de la façade de l'immeuble a eu lieu, il y a quelques années, nous avons espéré que le commerce du rez-de-chaussée suive le mouvement et se mette aux normes. Il n'en a rien été car les exploitants de commerces ne sont pas tenus de s'exécuter s'ils ne lancent pas de leur plein gré des travaux de transformation.

    Le gérant M. Yang et son fils Fabien ont enfin décidé de le faire. Leur projet a belle allure et de notre point de vue satisfait aux contraintes du SPR du Marais. Qu'on en juge :

    Mandarin rambuteau 23 11 21AVANT                                                       APRÈS (projet)

     

    L'enseigne en drapeau a disparu et l'enseigne parallèle est discrète à souhait. L'ensemble est sobre et sérieux. Trop peut-être ? Une couleur plus claire de la devanture serait la bienvenue mais ce n'est pas l'essentiel.

    Curieusement, la mairie de Paris, direction de l'urbanisme sous la signature de Sophie Hacques, a refusé par trois fois le dossier, arguant du refus de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF) de donner son visa conforme en l'état.

    Nous avons trop souvent exprimé notre désir que les autorités culturelles de Paris prennent leur rôle au sérieux et affirment leurs exigences architecturales et esthétiques pour adresser un quelconque reproche à notre ABF. Les attendus de la décision dont nous avons eu connaissance suggèrent qu'il suffit d'étayer le dossier pour que le projet soit accepté et que cette devanture affligeante disparaisse au profit d'un décor qui sauvegarde l'harmonie de la rue.

    GS

     

  • Victoire tragique du WHO’s rue Pierre au Lard : en proie à la désespérance, le plaignant s’est donné la mort !

     

    Stéphane François Emmanuel Julien 08 02 18 - CopieStéphane François ( à gauche) avec un de ses voisins devant la sortie du WHO's rue Pierre au Lard (IVe) (photo Le Parisien)

     

     

    Stéphane François s'était approché de nous en 2017 pour solliciter notre aide dans le conflit qui l'opposait au WHO's, un restaurant de la rue St Merri dont l'extension rue Pierre au Lard, avec l'occupation du local de l'ancienne galerie d'art, n'avait d'autre but que d'ouvrir une discothèque dans ce qui est une halle de fer et de verre. Une construction précaire accolée au logement social de Paris-Habitat que Stéphane occupait avec Thierry son compagnon. A cause du bruit, leurs nuits étaient des calvaires.

     

    Pierre au lard evlyne Extension du WHO's rue Pierre au Lard  à gauche. Immeuble Paris-Habitat à droite (Photo VlM/ELG)

     

    Un collectif s'est formé alors autour de riverains de la rue Pierre au Lard, dérangés aussi par le vacarme des fêtes et les attroupements dans la rue, pour accompagner une action en justice. Il y a  un an, Thierry mourait d'un cancer, laissant Stéphane désemparé, engagé dans une action en justice au civil sur la base d'un rapport d'expert très favorable à sa cause. Un jugement au fond était attendu à brève échéance.

    De santé fragile et habitué des petits boulots, il était vulnérable mais soucieux de sa dignité. A ce titre il avait repoussé les avances du WHO's qui lui proposait de le loger ailleurs. Le WHO's et son dirigeant n'ont plus à s'en soucier, Stéphane a rejoint sa dernière demeure et repose en paix…

    Maire tango immeuble 12 11 21Immeuble 13 rue au Maire (IIIe) et l'enseigne "Le Tango" (Photo VlM)

     

    Loin d'en tirer la leçon, la mairie de Paris nous  apprend qu'elle vient de racheter pour près de 7 million d'€ (qui vont alourdir la dette de la Ville !)  la totalité d'un immeuble 13 rue au Maire (IIIe) car il abrite au rez-de-chaussée "Le Tango", une discothèque LGBTQIA+ (*), dont le magazine TETU annonçait comme un drame "qu'elle allait mettre la clé sous la porte".

    Ian Brossat, l'élu communiste en charge du logement, s'est empressé de dire qu'il créerait dans l'immeuble des  logements sociaux. La similitude avec les événements tragiques du WHO's et des logements sociaux qui l'entourent n'échappera à personne. Messieurs Frédéric Hoquart (élu en charge de la nuit à l'Hôtel de Ville) et Brossat ont de quoi méditer.

    GS

     

    (*) LGBTQIA+ : selon Libération =  lesbian, gay, bi, trans, queer (s'interroge), intersex, assexué et + pour tout le reste

     

  • Fin des terrasses éphémères : on fait comme si, mais on a du mal à y croire !

    Cosset neuve st pierreCosset neuve st pierre
    Rue Neuve St Pierre à gauche : la photo illustre le tragique dilemme entre terrasses et parkings deux-roues avec des tables qui chevauchent les dispositifs d'accrochage des vélos. Rue du Roi de  Sicile, à droite,  avec des chevalets en quinconce qui rendent la circulation des piétons impossible sur le trottoir. (Photo VlM/FC)

     

     

    C'est demain lundi 1er novembre que l'Hôtel de Ville exige des bars-restaurants l'élimination de leurs terrasses éphémères ou estivales : plateformes, écrans, toitures, tables, chaises et jardinières….

    Les maires d'arrondissements et leurs administrés s'en réjouissent et observent. Les restaurateurs renâclent. Mais pas tous. On s'attend au retrait immédiat d'une majorité de terrasses désormais illégales. Les récalcitrants vont chercher des prétextes à retarder le retrait : manque de moyens pour effectuer les opérations de démontage et d'évacuation, coût induit, perte de recettes…. Certains s'abritent derrière leur demande de terrasse de remplacement auprès de la direction de l'urbanisme et le délai d'instruction qui en découle.

    Le Maire de Paris-centre a mis les commerçants en garde, aucun de ces prétextes ne devra différer l'exécution de l'injonction municipale. Les manquements, si manquements il y a, seront traités et sanctionnés en faisant appel si nécessaire aux forces de l'ordre.

    Les habitants, les conseils de quartiers et l'association des usagers de DansMaRue sont sur le qui-vive !

     

  • Aménagements/désordres de voirie dans Paris-centre : peut-être le bout du tunnel ?

    Paris centreLe nouveau visage de la voirie : illustration mairie Paris-centre

     

     

    La population de Paris-centre et de Paris tout court en a indiscutablement assez de ces plots jaunes et de ces blocs de béton qui délimitent des espaces réservés ou interdits à telle ou telle catégorie de véhicules.

    La mairie de Paris répond depuis  plusieurs mois que c'est provisoire mais un provisoire qui dure ressemble étrangement à une situation définitive de fait. On peut comprendre que l'irritation soit à son comble comme en témoignent les échanges sur les réseaux sociaux.

    Une lueur d'espoir cependant nous parvient de la mairie  de Paris-centre avec un échéancier de mise en ordre rue par rue. Les rues concernées sont : Ste Croix de la Bretonnerie, St Paul, Elzévir, Charles-François Dupuis, Saintonge, Temple, Vieille du Temple, Charlot, Poitou, Francs-Bougeois et Roi de Sicile, toutes dans les IIIe et IVe arrts et plus précisément dans le Marais.

    Chacun peut s'en informer en cliquant dans ce lien vers la "lettre d'information n° 50 de la mairie de Paris-centre. On y trouve le détail des travaux prévus et l'échéancier.

     

  • État des lieux de Paris-centre avec son Maire Ariel Weil

     

    Mairie du IIIeAncienne mairie du IIIe, devenue mairie de Paris-centre, à l'emplacement du donjon de l'enclos du Temple qui a servi de prison à Louis XVI et à la famille royale

     

     

    Nous nous sommes retrouvés avec le Maire Ariel Weil et sa Directrice de cabinet dans ce restaurant inclusif du IIIe qui emploie une majorité de salariés porteurs de la trisomie 21. Il se trouve 11 rue de Braque, à l'enseigne "Le Reflet". Le service y est précis, méticuleux et rapide. La carte est simple mais suffisamment variée pour satisfaire les souhaits de chacun, avec des légumes et des fruits issus du circuit court.

    Il y a trois/quatre ans, les résidents de l'immeuble et de la rue vivaient un conflit ouvert avec le gérant de l'établissement qui en avait fait, à l'enseigne "Le Braque", une discothèque sauvage qui pourrissait leurs nuits. L'engagement du Maire et du Commissaire de police à leur côté avait eu raison d'un gérant infernal qui a fini par jeter l'éponge, face à leur détermination à faire obstacle à ses menées. La rue vit désormais sur un mode pacifique et les riverains d'en réjouissent.

    Le Maire nous a rejoints à vélo sous une pluie surprise, une entrée en matière pour des digressions sur la circulation à Paris. Nous lui avons rappelé que nous sommes favorables à un redéploiement de l'espace public en faveur des usagers non polluants de sorte qu'il devienne désormais possible à ceux qui en ont strictement besoin (riverains, personnes âgées, handicapées, services publics et à la personne….) d'utiliser une voiture et atteindre son but sans se trouver bloqué dans des embouteillages.

    C'est en principe l'objectif affiché par l'Hôtel de Ville (et les Verts dont le Maire affirme qu'ils sont moins idéologues qu'il n'y parait… on voudrait s'en convaincre !). Il est regrettable que tant de chantiers de voirie aient été lancés depuis plus d'un an, qui donnent de Paris l'image d'une ville sinistrée.

    Fronde 23 10 21Terrasse tentaculaire de La Fronde (qui porte bien son nom) 33 rue des Archives (IVe). Quand les tables et les chaises sont occupées, les piétons sont priés de circuler ailleurs !

     

    S'agissant des terrasses, Ariel Weil reconnait volontiers que la Maire de Paris Anne Hidalgo, pensant bien faire sans doute, a joué les apprenties-sorcières. Les terrasses éphémères, devenues "estivales" se sont propagées comme du chiendent, au mépris trop souvent du raisonnable et de l'esthétique. On en compte 2.000 dans Paris-centre ! Un nouveau règlement des étalages et des terrasses (RET) a été promulgué en date du 1er juillet 2021. Son application est obligatoire dès ce 1er novembre. Il inclut le démontage des terrasses dites estivales et l'exercice de poursuites de la "police municipale" (DPSP) si l'obligation n'est pas respectée….

    Anne Hidalgo joue gros. Postulante PS à l'élection présidentielle de 2022, si sa Ville affichait une situation anarchique en novembre, avec des exploitants de bars-restaurants dans le déni de la loi municipale voire dans la provocation, qui refuseraient d'obtempérer en maintenant leurs installations (plateformes, écrans, barrières, toitures, chauffage extérieur…) contre vents et marées, ce serait du plus mauvais effet sur la candidate et ses ambitions, aussi légitimes soient-elles.

    Les entretiens se sont poursuivis autour de la propreté, les tags, l'affichage sauvage. Nous avons confirmé au Maire l'évolution de notre démarche qui s'appuie désormais sur des "task-forces" issues de la nouvelle vague de nos adhérents qui manie les pétitions sur Internet avec des dossiers de propositions concrètes en direction des élus de Paris. C'est ainsi que sont apparus les "hashtags" #saccageparis et #nonauvandalisme qui ont un fort impact dans les médias et des réactions chez les gestionnaires des dossiers.

    PastourelleDégradation de l'espace public insupportable : les tags, rue Pastourelle (IIIe)

     

    Refusant de nous opposer à tout, nous avons confirmé à Ariel Weil que nos combats visent ceux qui exercent l'autorité mais s'appuient sur eux : mairies d'arrondissements, police nationale, DPSP, application "DansMaRue" et conseils de quartiers. Une association est arrivée dans le ciel de Paris comme une comète : l'AUDMR (association des usagers de DansMaRue). Active et introduite dans la technostructure de la Ville, elle est devenue pour nous et nos actions un partenaire qui compte.

    Dans cette optique, nous sommes convenus avec le Maire que des progrès sont visibles en ce qui concerne l'affichage sauvage et les tags. Ce constat milite pour que la Ville poursuive et amplifie l'effort budgétaire (*) et méthodologique qui a produit ces effets, car le résultat est loin encore de nous satisfaire.

    De son côté, Ariel Weil suggère que nous agissions par pétition auprès du Législateur pour que les municipalités aient le pouvoir de fixer et appliquer des amendes administratives dissuasives qui évitent de faire appel à un circuit judiciaire débordé par la charge, souvent laxiste et moins soucieux qu'un maire de satisfaire les attentes légitimes de citoyens à qui il doit son élection et son mandat.

    Gérard Simonet

     

    (*) Nous rappelons de façon régulière qu'une baisse de 10% des subventions clientélistes à des associations souvent fantoches rapporterait 30 Millions d'€ dont une partie affectée à l'amélioration de la propreté permettrait d'atteindre le niveau de propreté auquel nous aspirons.

     

  • Clôture de la semaine du piano des Moments Lyriques du Marais sur un quatre-mains exceptionnellement brillant !

    Magali olivier récital 15 10 21Nos deux solistes Magali Albertini et Olivier Cangelosi pour le salut final

     

    La semaine a été marquée par deux récitals dédiés au piano en la cathédrale Ste Croix des Arméniens : mercredi 13 octobre, quatre sonates de Ludwig van Beethoven par Olivier Cangelosi et vendredi un quatre-mains avec Magali Albertini sur un programme Ravel (Ma mère l'Oye), Brahms (intégrale des valses), Saint-Saëns (Carnaval des animaux) et Schubert (l'extatique Fantaisie en fa mineur).

    Les spectateurs ont été plus nombreux pour le quatre-mains, attirés sans doute par la variété des genres ou sensibles à l'attrait du vendredi soir… Ils n'ont pas ménagé leurs applaudissements avec plusieurs rappels et deux bis, une danse hongroise de Brahms et le dernier tableau du Carnaval des Animaux de Saint-Saëns, bouquet final d'un feu d'artifice musical qui a enchanté le public.

     

    MLM 15 10 21 assistanceLes nombreux spectateurs rassemblés cathédrale Ste Croix des Arméniens catholiques de Paris (Marais IIIe)

     

    Nous préparons maintenant le prochain concert. Ce sera un étonnement sur la forme et le caractère prestigieux du contenu. Il sera annoncé en temps utile mais sa date et le lieu sont arrêtés : le jeudi 2 décembre 2021 à 20h00 en cette même cathédrale Ste Croix.

    GS

     

    Ecouter le dernier tableau du Carnaval des Animaux

     

  • Prochaine visite guidée : le Phono Museum….

     

    Phono museum
    CULTURE ET PATRIMOINE

     

    Vous invite dans un extraordinaire bien que méconnu musée

    La Grande Aventure du son :

     

    LE PHONO MUSEUM

    53 boulevard Marguerite de Rochechouart 75009 (métro Anvers)

    Lundi 25 octobre à 14h15

     

    Créé en 2014, ce musée regroupe une très grande et diversifiée collection de machines d’époque toutes en fonction. Vous pourrez les entendre, en comprendre leur fonctionnement. De nombreux films ont fait appel au musée pour leur tournage dont par exemple « La Môme ». Nous aurons le musée pour nous seuls et pourrons poser bien des questions à notre guide.

    ATTENTION : le nombre de places est limité et réservez donc au plus vite.

    Merci de prévoir une participation de 15 € par adhérent à Culture et Patrimoine et 20 € pour les non adhérents. N’oubliez pas votre masque. Merci de prévenir de votre venue et du nombre de personnes qui vous accompagneront Marie-Françoise Masféty-Klein par mail mfmk@free.fr ou par téléphone.

     Marie-Françoise Masfety-Klein

    01.42.72.61.41

    06.50.96.05.12

    Blog Culture et Patrimoine

     

  • La « nouvelle vague » poursuit son appropriation des dossiers chauds de Paris : après #saccageparis, voici #nonauvandalisme pour éradiquer les tags qui défigurent la Ville

     

    Saccage paris manifDimanche 10 octobre, manifestation des parisiens sur le thème #saccageparis devant l'Hôtel de Ville contre la saleté, les salles de crack et le mobilier urbain de récupération

     

     

    La manifestation qui a débuté vers 15h00 a réuni des centaines de personnes en protestation contre la politique de la Ville de Paris en matière de terrasses, de propreté et de remplacement du mobilier urbain. Les participants ont dénoncé également les projet de salles de consommation de crack dont il a été question ces dernières semaines.

    Au même moment, le mouvement #nonauvandalisme qui cible les tags qui défigurent Paris, adressait aux élus de Paris concernés,  Emmanuel Grégoire (Premier adjoint, urbanisme), Nicolas Nordman (sécurité, police municipale), Colombe Brossel (propreté), Karen Taieb (patrimoine) la pétition que nous avons soutenue, rédigée par des parisiens excédés (téléchargez) par des vandales qui souillent et dégradent journellement leur Ville avec des bombes de peinture.

    Yazid arbaltUn échantillon de ces dégradations qui déshonorent Paris en s'attaquant à des vestiges du Moyen-Âge (passage des Arbalétriers dans le IIIe) (Photo VlM/YA)

     

    Le premier à réagir est Nicolas Nordman. il propose une rencontre. C'est un début ! Il faut dire que le dossier présenté par le mouvement #nonauvandalisme  n'est pas une simple protestation : au-delà de l'analyse de la situation, il fait une part très large aux propositions inspirées du bon sens et d'expériences qui ont porté leurs fruits à l’étranger, notamment à New-York.

    Cette approche illustre la volonté de citoyens, dont nous faisons partie, qui refusent de rester dans la plainte et la critique et entendent plutôt appuyer les efforts de ceux qui sont aux commandes, à l'Hôtel de ville et dans les arrondissements, par nos observations et analyses, la formulation de nos attentes, notre approbation quand on va dans le bon sens et le cas échéant nos suggestions pour y parvenir.

    Nous recommandons à nos lecteurs de télécharger le dossier dont le lien est donné plus haut. Ils découvriront un travail considérable et des recommandations étayées et pertinentes. Les auteurs méritent nos compliments, nos encouragements, votre soutien et l'attention de ceux qui sont aux responsabilités.

    Gérard Simonet

     

  • Supplique d’un jeune amoureux de Paris sur l’état de sa ville….

     

    Quentin 2
    Le Paris qu'on aime : des fontaines ornementales en état de marche, une voirie entretenue, de grands arbres d’alignement et des façades parisiennes immédiatement reconnaissables. Place Félix Eboué (Paris XIIe) – Fontaine aux Lions (Gabriel Davioud – 1869)
    (Photo VlM/QD)

     

     

    Quentin Divernois représente la vague nouvelle des adhérents de "Vivre le Marais, Vivre Paris-centre !" Il n'a que 35 ans et vit dans Paris-centre dans le IIe. Il s'est distingué récemment par sa contribution au lancement du mouvement #saccageparis qui a dénoncé le mobilier urbain de récupération que des idéologue mal inspirés à l'Hôtel de Ville avait commencé à disséminer dans Paris, notamment place de la République.

    Il s'est trouvé en résonance avec nous et d'autres défenseurs du cadre de vie, notamment PARISMARAIS.COM le fameux guide de promotion du Marais et du centre historique de Paris qui lui a ouvert ses colonnes, pour une tribune dont nous publions nous aussi le contenu.

     

    TRIBUNE LIBRE :  LETTRE AUX AMOUREUX DE PARIS

    par Quentin Divernois,

    un jeune parisien qui aime sa ville et  parle avec son cœur….

     

    Nous Parisiens, souvent râleurs, toujours pressés, l'oublions parfois : Paris est la plus belle ville du monde et nous avons la chance d'y vivre. Elle renferme les plus beaux monuments, (la Tour Eiffel, Notre Dame de Paris, l’Arc de Triomphe, le quartier du Marais …) des musées incroyables, des théâtres et opéras sublimes, un des centre-ville les mieux préservés d’Europe, qui est encore habité. Nous avons la chance d'y voir une ville épargnée par les guerres. Les jardins nombreux  mais de faible superficie sont à la fois essentiels et absolument magnifiques.  A la française, pittoresques ou tout simplement modernes, ils dessinent l’ambiance de chaque quartier de la ville.

    Mais Paris c’est avant tout une identité, semblable à nulle autre : la ville lumière, le mobilier urbain dessiné par Gabriel Davioud, les perspectives d’Haussmann, les sublimes immeubles 1900 qui s’entremêlent avec les plus anciennes façades des XVIIe et XVIIIe siècles. Paris, ce sont ses rives de Seine, ses places minérales iconiques comme la Place Vendôme mais aussi ses quartiers à forte identité (Montmartre, le Marais,  Montparnasse, le Sentier, Belleville…). Ce sont également ses restaurants, ses cafés, ses bistrots, ses rues étroites, irrégulières, ses pavés disjoints et ses platanes centenaires.

    On a tous et toutes une raison d’aimer Paris qu’on y vive, qu'on y passe, ou qu’on vienne la visiter. Malgré tous ses défauts. Malheureusement, aujourd’hui, on ne peut faire qu’un seul constat : la ville lumière ne scintille plus autant qu’avant. Ses rues sont chaque jour un peu plus sales : tags, dépôts sauvages et autres incivilités se cumulent et se multiplient. Certes, la faute est à ceux qui salissent mais l'entretien et les sanctions sont défaillants.

    Quentin 1Kaléidoscope des horreurs de la Ville

     

    En effet la dégradation actuelle n’est pas seulement le fait de l’incivilité des Parisiens, elle vient aussi d’une équipe municipale qui semble vouloir abimer la ville à dessein.
    Depuis 2014, les budgets de la voirie ne permettent plus d’assurer un entretien décent des rues de la capitale : nids de poule, chaussée défoncée, pieds d’arbres à l’abandon, accidents à répétition, service négligé car à la demande et la terrible explosion de la rue de Trévise. Quand on joue avec de tels budgets, les conséquences sont désastreuses.

    Il y a également la question du patrimoine que la ville laisse dépérir, quand elle ne le supprime pas carrément : depuis 15 ans, adieu les squares avec fontaines de la Place de la République, adieu les fontaines de la Porte de la Chapelle, adieu le bassin de la Porte d’Italie, adieu le mobilier urbain du second empire… Depuis près de dix ans, la fontaine des Innocents (merveille du XVIe siècle), attend sa restauration et se dégrade à vue d’œil. Les plus belles places parisiennes sont abimées par l’équipe municipale soit par un mobilier indigent soit par des destructions patrimoniales soit par un mauvais goût absolu dicté par une prétendue démocratie participative.

    La ville dessine depuis trop longtemps maintenant une esthétique disparate pseudo participative et de « récup » qui détruit l’homogénéité et l’identité de Paris. Embellir la ville n’est plus un objectif de l’équipe municipale. On remplace des grilles en fonte par d’affreuses bordures en bois qui pourrissent à petit feu. On remplace les bancs Davioud à double assise par des blocs de granit ou des bancs « mikado ». Chaque nouveau mobilier a une nouvelle couleur, une nouvelle forme, une durée de vie réduite et surtout il ne signe pas la marque de Paris. Il aurait pu être installé dans n’importe quelle autre ville du monde tant il est impersonnel.

    Et que dire de tous les autres problèmes que la municipalité n’arrive plus à gérer : un partage de l’espace public déséquilibré où les piétons sont les grands perdants (panneaux publicitaires géants, terrasses éphémères, plans de circulation incompréhensibles et incohérents, arrêts de bus au milieu de la rue), une dette qui se creuse chaque jour un peu plus sans que l’on n’arrive à comprendre où l’argent disparait si ce n'est pour financer des projets abscons ou démesurés.

    Comment également ne pas évoquer les nouvelles nuisances sonores à l’heure où la ville prétend vouloir lutter contre le bruit des voitures et motos ? Les terrasses éphémères sont devenues le cauchemar des familles parisiennes qui n’avaient rien demandé. Un règlement des terrasses éphémères contesté passe en force sans concertation et sa non-application empêche depuis maintenant des semaines des milliers de riverains de dormir convenablement en semaine. Les problèmes de sécurité sont également une gigantesque épine dans le pied de la mairie qui a fait bloc pendant des années contre le projet d’une police municipale et qui depuis a toutes les peines du monde à la mettre en place.

     

    Quentin manifManifestation contre deux salles de consommation sur les Grands Boulevards

     

    Enfin, la démultiplication des salles de consommation de crack dans des quartiers déjà soumis à de fortes difficultés est la goutte d’or pour beaucoup d’habitants qui aimeraient simplement pouvoir profiter de leurs jardins et laisser leurs enfants aller à l’école seuls sans avoir la boule au ventre. Une nouvelle salle  est en projet aux portes du Marais, le quartier le plus touristique de Paris…
     
    Toutes ces faits témoignent d'une incapacité de gestion, de cohérence, de vision prospective et de la volonté de transformer Paris en nuisant à son essence. Bref, à un saccage en règle du cadre visuel et patrimonial des parisiens mais aussi des visiteurs du monde entier qui rêvent tous de Paris. Enfin la municipalité, retranchée dans ses certitudes, n'écoute pas : ni les experts, ni les riverains, ni les familles, ni les classes moyennes. Cette municipalité oppose les citoyens entre eux : les riches contre les pauvres, les valides contre les handicapés, les vélos contre les voitures, les banlieusards contre les parisiens, les jeunes contre les vieux…

    Voici pourquoi des milliers de parisiens comme moi, de tous horizons, de tous âges, opinions politiques et horizons culturels qui avons en commun l’amour du beau, de notre patrimoine, appelons au secours. Nous appelons à protester, à manifester devant l’Hôtel de ville de Paris le dimanche 10 octobre 2021 à 15h00. Je vous invite à me rejoindre. Je ne représente pas un lobby, pas un parti, pas une opposition, je représente une certaine idée de ma ville, que j’aime et que je défends de tout mon cœur.

    Rendez-vous ce dimanche pour faire entendre votre voix sur l’avenir de Paris. Le Paris qui rayonne et fait rêver le monde entier, et pas celui qui est en train d’être saccagé.