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  • Le Dr Bertrand Lukacs poursuit sa croisade contre le bruit et ses méfaits, dans une tribune qu’il confie à nos colonnes…

     

    Bruit boucher oreilles 28 10 19Le supplice du bruit dont sont victimes les jeunes comme les vieux…

     

     

    Le Dr Bertrand Lukacs milite depuis des années pour que les méfaits du bruit soient pris au sérieux, assumés et traités par les pouvoirs publics, Assemblée Nationale, mairies, préfectures et organismes associés comme BruitParif ou le CIDB (centre d'information et de documentation sur le bruit). Il s'est attaché à proposer des solutions pour que le canal St Martin (Xe) reste vivable pour les riverains. Il a ensuite élargi son combat dans une démarche "Vivre Paris !" et créé l'association Habiter Paris d'où il s'exprime dans la tribune que voici.

     

     

    TRIBUNE sur le BRUIT et la POLITIQUE de la NUIT par le Dr Bertrand Lukacs

     

    La politique de la nuit doit s’appuyer solidement sur une politique de lutte contre la pollution sonore :
    Lutter contre la pollution est un enjeu écologique majeur.
    Dans une ville aussi dense que Paris, la pollution ne se limite pas à la seule pollution atmosphérique. La pollution sonore est elle aussi un enjeu de santé publique. Cette pollution est en effet responsable de la perte de plusieurs dizaines de milliers d’années de vie en bonne santé par an et coûte plusieurs milliards d’€ à la collectivité. Cette pollution est aujourd’hui totalement oubliée.

    Lorsque la mairie de Paris parle de pollution, il faut comprendre pollution atmosphérique. Cette vision verticale, en silo, de la seule pollution atmosphérique peut avoir des effets pervers. Le réaménagement de la place de la République en est l’illustration : la diminution théorique de la pollution atmosphérique a été remplacée par une augmentation bien réelle de la pollution sonore, avec pour résultat un impact assurément négatif sur la santé des riverains.

    La lutte contre la pollution sonore doit se porter, en priorité, sur la pollution sonore de la nuit pour deux raisons synergiques entre elles. Même si certains souhaiteraient que ce ne soit pas le cas, pour l’homme, le temps du jour n’est pas équivalent au temps de la nuit. Ainsi est construite notre biologie rythmée par le cycle circadien. Ce cycle joue un rôle déterminant dans la régulation de notre métabolisme. C’est en partie la raison pour laquelle, à travail égal, les travailleurs de nuit ont une plus grande morbidité et mortalité que les travailleurs de jour. Le sommeil de jour n’a pas la même qualité que le sommeil de nuit. Le jour est le temps de l’éveil, la nuit est le temps du sommeil.

    Dormir n’est pas du temps perdu. C’est au contraire un temps indispensable pour le corps et plus encore pour l’esprit et le cerveau. Les progrès récents en imagerie médicale du cerveau font apparaître combien les différents temps du sommeil sont essentiels pour organiser, stocker, sélectionner toutes les informations reçues dans la journée, intégrer les connaissances et les concepts, gérer nos émotions. Ces moments sont particulièrement importants chez les enfants, les adolescents, lorsque le cerveau est en phase d’apprentissage. Récemment Santé publique France soulignait l’importance du temps de sommeil total (TST) comme étant un déterminant de santé fort, corrélé à plusieurs comorbidités métaboliques, vasculaires, mentales. Les auteurs s’alarmaient de la diminution de ce TST chez les adolescents dont une des causes est la perturbation du sommeil par la pollution sonore.

    La nuit, les causes de la pollution sonore sont multiples. Les plus fréquentes proviennent du trafic routier notamment des deux roues. Mais aujourd’hui, les plus gênantes, dans une ville comme Paris, proviennent de la vie nocturne : terrasses de café non contrôlées, désinhibition des comportements liée à la consommation excessive d’alcool ou autres drogues, établissements de nuit mal insonorisés, nouveaux usages non régulés d’occupation de l’espace public….

    Cette pollution sonore liée à la vie nocturne s’aggrave à Paris.

    Habitants de la place de la République, de la Butte aux Cailles, de la rue Saint-Martin, du quai de Jemmapes et du quai de Valmy, de l’avenue Richerand, de la rue Jean-Pierre-Timbaud, de la rue Quincampoix, de la rue Pierre-au-Lard, de la rue Dauphine, pour ne donner que quelques exemples, nous sommes tous victimes de cette pollution même si les origines en sont différentes. Nous sommes tous victimes d’une inégalité de traitement qu’il est urgent de corriger : il existe une bien trop grande asymétrie entre la facilité à créer ces nuisances et l’extrême difficulté rencontrée par les riverains victimes de ces nuisances pour en obtenir la régulation… quand ils y arrivent ! Cette asymétrie est responsable de conflits, de souffrance, de désespérance et affecte fortement la santé des riverains.

    Aujourd’hui, la politique de la nuit à Paris, telle qu'elle est conduite par la Maire et ses Adjoints, crée beaucoup plus de pollution sonore qu’elle n’en supprime. Prenons comme exemple deux cas récemment cités par Frédéric Hocquard, Adjoint en charge de la nuit : la Mutinerie et les cafés concerts. Concernant la Mutinerie, il était d’emblée évident que les locaux n’étaient pas adaptés au type d’utilisation prévue. Le bon sens aurait été de réaliser les travaux d’insonorisation avant toute poursuite de l’activité en cause plutôt que de faire subir aux riverains des mois et des mois de nuisances sonores avec leur cortège de mains courantes, de plaintes, de tensions pour qu’enfin la Préfecture de police donne l’injonction de faire ces travaux.

    Encourager le développement de salles de café-concert sans aucunement vérifier que les lieux sont phoniquement adaptés, c’est de facto accepter la création de nuisances sonores que les riverains mettront des années à faire cesser.

    Nous ne voulons plus de cette politique favorisant l’émergence de nouvelles pollutions sonores obligeant les riverains à s’engager dans d’interminables et épuisantes batailles. Cette politique est inique. Nous voulons simplement que les fêtes, les nouvelles créations se déroulent dans des lieux adaptés.

    Nous sommes, nous aussi, attachés au fait que Paris soit une ville où l’on peut se divertir la nuit, mais nous sommes tout autant attachés à la possibilité de bien dormir. Nous sommes convaincus que ces objectifs sont compatibles à condition de mener une politique équilibrée investissant autant d’énergie et de moyens dans le développement d’activités nouvelles que dans la protection de la santé de ceux qui doivent dormir.

    Nous voulons un système parfaitement transparent privilégiant la prévention et la détection précoce des nouveaux foyers de pollutions sonores, quelle qu’en soit la cause. Nous voulons une obligation de résultat facilement mesurable par l’enregistrement des niveaux sonores. Nous voulons un circuit court de résolution des problèmes en cas de manquement.

    À la différence de la pollution atmosphérique dont les causes sont multiples et peuvent être géographiquement très éloignées de ceux qui la subissent, la pollution sonore a toujours une cause locale parfaitement identifiable et mesurable. Cette particularité rend les prises de décisions locales immédiatement efficaces, pour peu qu’il y ait la volonté politique de la réguler.

    Disposer, en temps réel, des mesures de niveaux sonores en toute transparence pour tous est indispensable et nécessaire pour organiser une prévention, détecter rapidement l’émergence d’un nouveau foyer de pollution ou suivre l’efficacité des mesures prises pour réguler une pollution existante. C’est possible en généralisant la pose de sonomètres type « Méduse » de Bruitparif dans les lieux nécessitant ces mesures. Cela implique que la Marie de Paris rééquilibre ses attributions budgétaires en augmentant fortement celles dédiées à la lutte contre la pollution sonore.

    Ces mesures doivent être l’outil central de travail de commissions locales de concertation. Ces commissions, nouvelles, impliquent la mutation des actuelles commissions de régulation des débits de boisson (CRDB) en commissions locales de régulation des pollutions sonores. Les cinq CRDB parisiennes en place à ce jour n’ont jamais recours à l’enregistrement des niveaux sonores en temps réel qui est pourtant le seul critère objectif de mesure de résultat. Elles s’intéressent uniquement aux débits de boissons alors qu’elles devraient également traiter des espaces publics comme les berges du canal Saint-Martin, la place de la République ou le Champ de Mars.

    Elles commencent par une phase de concertation mais celle-ci est illimitée dans le temps alors qu’elle devrait être de durée prédéfinie pour obliger à trouver des solutions avant l’application de sanctions. Enfin, elles sont totalement opaques pour les riverains qui en sont exclus. De nombreuses villes (Bordeaux, Nantes, Rennes…) ont mis en place des CRDB : toutes invitent les riverains à y participer, Paris est la seule exception.

    Après la phase de concertation, doit venir le temps des sanctions pour ceux qui restent des pollueurs. Les sanctions sont indispensables mais celles applicables aujourd’hui ne sont plus adaptées. Il est nécessaire d’étudier sans délai la mise en place d’un modèle progressif type «permis à points» sur le modèle de celui en vigueur à Genève : sanctions de sévérité croissante, rapides à mettre en œuvre sur des critères facilement objectivables et dont le dernier niveau est la fermeture administrative.

    Cette nouvelle politique garantissant un équilibre entre les deux objectifs recherchés pour la nuit à Paris – un Paris festif mais protégeant la santé de ceux qui doivent dormir – peut être mise en œuvre rapidement. Elle doit s’accompagner d’une campagne d’information et de sensibilisation aux méfaits de la pollution sonore et à l’importance d’un sommeil de qualité la nuit.

    Concernant la pétition récemment signée par Monsieur Hocquart en tant que représentant de la Mairie de Paris (voir la dernière newsletter du Conseil de la nuit), nous maintenons que la mairie de Paris ne doit pas signer une telle pétition sauf à en cautionner tous les termes et toutes les revendications. Qualifier les fermetures administratives décidées par la préfecture de police de roulette russe est choquant et inacceptable. Instrumentaliser un cas particulier pour habilement demander la suppression des fermetures administratives extra judicaires est inconvenant. Réduire, de façon générale, la responsabilité des établissements à une obligation de moyens et pas de résultat est en opposition totale avec ce qu’attendent les habitants de Paris. Concernant la pollution sonore, pour protéger les clients et les riverains, nous demandons une obligation de résultats.

    Vous pensez, comme nous, que la lutte contre la pollution sonore à Paris est un enjeu aujourd’hui largement sous-estimé et minimisé par l’équipe municipale actuelle, vous pensez que la prochaine équipe municipale, quelle qu’elle soit, doit s’engager résolument dans la lutte contre cette pollution : alors dites-le ! Diffusez ces idées, écrivez, twittez, tchatez, commentez et diffusez cet article. Plus nous serons nombreux à nous exprimer, plus nous aurons de chances d’être entendus.
    Respectueusement
    Bertrand Lukacs

    Président

    Association Habiter Paris

    ass.habiterparis@gmail.com

     

     

  • Rencontre avec Danielle Simonnet, version parisienne de « La France Insoumise »

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    De gauche à droite : Thomas Luquet, candidat mairie Paris-centre, David Frémiot, Gérard Simonet et Danielle Simonnet, candidate "La France Insoumise" à la mairie de Paris. Photo Elyse Lethuillier.

     

     

    Chacun aura compris que la proximité des patronymes est  une coïncidence. Nous sommes convenus toutefois d'une origine commune de nos ancêtres dans l'ancien duché de Lorraine, attribué par Louis XV à son beau-père Stanislas Leczinski en viager, jusqu'à la mort de ce dernier en 1766….

    Excellente entrée en matière pour un dialogue de deux heures avec la candidate "La France Insoumise" à la mairie de Paris. Fidèle à notre démarche avec tous les candidats rencontrés à ce jour, nous nous sommes référé à notre manifeste du 16 juin 2019 qui précise "ce qu'on veut pour Paris et ce qu'on ne veut pas". 

    Disons tout de suite que Danielle Simonnet dans son insoumission ne semble pas aussi intransigeante que son mentor Jean-Luc Mélanchon. Sa vision de la démocratie repose sur le RIC (référendum d'initiative populaire) pour dire oui ou non à un projet. Pourquoi pas si on se sent capable de bien poser la question ?

    Il y a d'ailleurs entre elle et nous des points d'accord : le refus des JO à Paris en 2024 (un RIC sur le sujet à Paris nous aurait évité la funeste aventure dans laquelle nous sommes engagés), l'opposition à la Tour Triangle, à une densification de l'espace vital au détriment de "la pleine terre" et des espaces verts, dont elle estime que chaque habitant doit disposer de 10 m² hors bois (de Boulogne et de Vincennes). Une ambition séduisante mais qui conduirait à remplacer, tout calcul fait, 21 % environ de bâti actuel par des espaces verts…

    Elle s'est saisie d'emblée du sujet de la dette de la Ville en soulignant la responsabilité de l'Etat qui a réduit sensiblement ses dotations, pour dire que la dette de Paris est modérée par rapport à la majorité des grandes villes en France et ailleurs et ajouter que la maire actuelle en a tiré prétexte abusivement pour recourir au financement par des promoteurs privés. Tout espace est ainsi "devenu une proie" livrée aux "spéculateurs", alors qu'il aurait été plus judicieux d'emprunter pour financer ces investissements tout en réduisant les dépenses en faisant la chasse aux "gabegies" (exemples : cession des parkings publics très rentables à Indigo, le CPCU chauffage urbain à ENGIE…).

    Sur la densification, nos opinions se rejoignent : il faut la repenser, ainsi que l'attractivité, en terme de Paris-Métropole (Grand Paris), de sorte que la densité de Paris intra-muros se réduise au bénéfice des départements de la couronne. C'est à ce titre qu'elle regrette la décision d'Anne Hidalgo qui a hésité puis décidé de postuler pour les JO de 2024, car ces jeux braquent les projecteurs sur Paris (qui accueillera, selon nos sources, 39 sites olympiques et 44 sites d'entrainement). 

    La propreté est pour elle un dossier important mais elle tient à dénoncer les inégalités de traitement en fonction des arrondissements. Elle affirme que le XXe est moins bien traité que les arrondissements de Paris-centre (dont nous avons pourtant tendance à nous plaindre…). Nous avons renouvelé à cette occasion l'indication que le sentiment de propreté ou de saleté dépend du paysage de la rue dans son ensemble et que l'état du mobilier urbain, maltraité, contribue pour une large part à la mauvaise impression générale.

    Danielle Simonnet regrette à ce propos que la Ville ne mette pas à disposition des non-professionnels qui veulent communiquer de vastes panneaux d'affichage municipaux. Elle plaide pour un accroissement du nombre d'agents de propreté (nous lui avons rappelé que depuis 2001 les effectifs de la Ville sont passés de 40.000 à 55.000) en souhaitant qu'ils deviennent les artisans d'un lien social avec la population.

    Au chapitre des déplacements, on note des convergences avec certains d'entre nous qui pensent que le temps de la voiture individuelle à forte dose est révolu dans les centres-villes et qu'il convient d'encourager les mobilités alternatives. Notre interlocutrice précise à ce propos qu'elle est contre les trottinettes en "free-floating" et qu'il faut les interdire. Elle enchaine sur une critique appuyée de l'état de nos transports publics. Faisant écho à un dossier publié ces jours-ci en Amérique par le magazine City Lab, elle fustige la ligne 13 du métro, archétype de l'échec en la matière, qui n'a d'égale dans le monde que les pires lignes de Sao Paulo et de Rio…

    On attendait son point de vue sur notre critique de la politique dispendieuse de la Maire de Paris au profit des associations non institutionnelles qui reçoivent 300 Millions d'€ de subventions par an. Elle considère que leur soutien financier est justifié quand elles "exercent une délégation de service public", comprenez "une tâche à caractère social que la collectivité ne peut ou ne veut pas assumer" mais que, en tout état de cause, "l'usage des fonds doit être transparent et sa régularité régulièrement contrôlée".

    Il n'y a de notre point de vue rien à redire à cela sauf que les activités les plus fantaisistes y sont éligibles en pratique et que leur contrôle est inexistant ce qui se traduit par la prolifération des bénéficiaires. 

    On a aussi parlé des impôts. Il ressort que Mme Simonnet serait friande d'un "grand soir fiscal" où les impôts locaux deviendraient progressifs, comme l'impôt sur le revenu. A chacun de faire ses comptes ! 

    A propos du communautarisme, elle répond "respect de la laïcité". Ce qui veut dire qu'un communautarisme non confessionnel lui convient, quel qu'il soit. Elle peste en revanche contre Airbnb et dénonce la faiblesse des moyens affectés : 30 personnes seulement pour faire la chasse aux locations non autorisées sur Paris…

    Enfin elle affirme qu'elle n'est pas "Hidalgo compatible", ce qui surprend car la Maire actuelle est alliée aux communistes, pourquoi pas alors aux "insoumis" qui ne leur sont pas si éloignés ? On verra ce qu'il en advient au second tour. Danielle Simonnet pèse 7% dans les sondages du jour. Un chiffre qui peut faire réfléchir…

    Gérard Simonet

     

     

  • Rue Quincampoix (IVe), le « Hellfest Corner » succède au « Dr Feelgood » : les riverains craignent de tomber de Charybde en Scylla !

    Hellfest 17 11 19Devanture et entrée du "Hellfest Corner", 37 rue Quincampoix (IVe) (Photo VlM)

     

     

    La saga du Dr Feelgood et de ses démêlés avec les riverains de la rue s'est conclue il y a quelques mois par sa fermeture. La mairie de Paris s'était alors refusée justement à l'aider à financer sur des fonds publics des travaux pour l'insonorisation de ses activités bruyantes. Le voisinage connait la paix depuis lors mais un repreneur s'est fait connaitre avant l'été. Il s'agit de Hellfest Corner connu par le Hellfest Summer Open Air, festival de musique français spécialisé dans les musiques extrêmes et la musique hard rock "métal".

    L'enseigne Hellfest a des raisons a priori de faire frémir car elle évoque un "festival d'enfer". C'est ainsi que les habitants du 37 rue Quincampoix et des immeubles voisins  l'ont ressenti. Cependant les promoteurs ont été reçus par la Préfecture de police et la mairie de Paris et les échos de ces entretiens sont réconfortants car ils font état de mesures de protection du voisinage contre la diffusion du bruit, considérées comme sérieuses.

    Le Maire du IVe Ariel Weil, candidat pour la mairie de Paris-centre, les qualifie de "mesures concrètes : insonorisation du lieu, fumoir, gestion des files d'attente lors du lancement, vigile devant la porte, installation de limitateur de bruits…" L'installation d'un sonomètre extérieur est envisagée. Par ailleurs, le Maire rappelle que, "contrairement au Dr Feelgood, le lieu n'accueillera pas de concerts "live" et qu'il devrait donc être plus simple de maîtriser le niveau sonore de la musique diffusée".

    Il poursuit en indiquant que les gérants ont écrit à nouveau cette semaine "pour confirmer la mise en oeuvre de ces différentes mesures". Et ajoute à notre intention : "je vous sais déjà en contact avec eux mais je vous confirme qu'ils sont à votre disposition pour en discuter quand vous le souhaiterez. N'hésitez pas à les contacter".

    De son côté, le Commissaire Général de police des arrondissements du centre, Frederi Cheyre, affiche sa confiance et celle de ses fonctionnaires en charge des activités économiques en affirmant : "nous sommes, en tous points, sur la même longueur d'onde [que le Maire – NDLR]. Mes effectifs en charge de la police des débits de boissons ont rencontré ce jour les exploitants qui ont fait une très bonne impression".

    Le décor est planté. Il n'y a plus qu'à attendre la générale et les représentations suivantes pour vérifier si les défenseurs de l'ordre public sont réalistes, optimistes ou naïfs. Nous n'hésiterons pas à les porter au pinacle s'ils ont dit vrai. Et à réserver notre jugement et notre attitude si le calvaire des habitants de la rue devait reprendre à cause du bruit de l'établissement, des allées et venues des consommateurs, de leurs vociférations dans l'espace public, de leurs motos aussi encombrantes que sonores quand elles démarrent à 2 heures du matin…

    A priori nous sommes confortés et nous le disons à tous ainsi qu'aux gérants de l'établissement. A eux de ne pas trahir une confiance émoussée par des années de lutte inégale, "car la pollution sonore liée à la vie nocturne s’aggrave et il existe une trop grande asymétrie entre la facilité à créer ces nuisances et l’extrême difficulté pour les citoyens à obtenir une régulation efficace, quand ils y parviennent ! Cette asymétrie est responsable de conflits, de souffrance, de désespérance et d'impact fort sur la santé des riverains" (Dr Bertrand Lukacs – Habiter Paris).  

    Gérard Simonet

     

  • Passage des Arbalétriers (IIIe) : des riverains, qui se rebiffent contre le Centre Culturel Suisse, ont la parole !

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    La rive ouest du passage des Arbalétriers, dont les riverains dénoncent l'état indigne et cherchent à protéger par des plots les dommages causés par des camions à l'immeuble ancien (Photo VlM/MT)

     

     

    Réunion le 6 novembre avec l’administratrice judiciaire récemment nommée pour gérer ce passage privé où le Centre Culturel Suisse (CCS), association loi de 1901 locataire gratuit de locaux appartenant à la Confédération Helvétique, dispose d'une salle qui reçoit du public.

    Selon des riverains concernés par l'état du passage, la situation est extrêmement tendue avec le CCS en raison de deux conflits majeurs que l’administratrice doit régler : le rétablissement de la circulation automobile dans le passage et le retrait des bornes de protection des façades que le CCS a décidé unilatéralement.

    L’enjeu de la réunion était pour les copropriétaires de faire réinstaller les plots que le CCS a supprimés pour permettre à ses camions de circuler plus aisément au risque de détériorer la partie fragile de l'immeuble en encorbellement .

     

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    Intrusion des camions du CCS dans le passage

     

    Au cours de la réunion, le CCS a exprimé son refus catégorique de les remettre en place car il veut élargir le passage pour laisser plus de place aux camions … de pompiers ! Les pompiers, n’ont rien demandé et de toute façon aucun camion de pompiers ne peut entrer dans ce passage à cause du portique et de son étroitesse ; ce qui n’effraie pas les pompiers car ils ont, d'après leurs dires, suffisamment de mètres de tuyaux et d’échelles pour atteindre les immeubles en cas de besoin.

    L'Architecte des Bâtiments de France du IIIe arrondissement, Samanta Deruvo, lors de sa visite un mois après l’achèvement des travaux (à la suite de l’article dans le Canard enchainé à propos des pavés sciés au laser) avait exigé de l’architecte Thierry Pasco qu’il protège l’encorbellement au milieu du Passage.

    Les riverains déplorent que le CCS ne pense qu'à favoriser ses activités d’ERP (établissement recevant du public) au dépend de la tranquillité des habitants et de la conservation d’un lieu emblématique du Marais. Le droit de propriété et la réglementation d’urbanisme des secteurs protégés sont négligés et le patrimoine parisien "adapté" aux nécessités marchandes. S'agissant de la Suisse, pays ami dont le sérieux n'est pas en doute, on aimerait que son Ambassadeur intervienne pour rappeler ses compatriotes au respect du patrimoine du pays d'accueil qui est le nôtre.

    Pour ce qui nous concerne, nous sommes guidés par le souci que le patrimoine historique et architectural du Marais soit préservé. Ce lieu est un des rares vestiges d'une période ancienne qui remonte au XVème siècle, à la reine Isabeau de Bavière, Charles VI et les ducs de Bourgogne et d'Orléans. Il est infiniment regrettable qu'il soit livré aux tags immondes qui tapissent les murs de la rive ouest et à une basse querelle autour de plots de protection qui semblent pourtant a priori bien nécessaires.

    GS/MT

     

     

  • Gérant d’hôtel dans le IVe, Bruno Bertez s’exprime avec saveur sur les locations saisonnières…

    CompostelleHôtel "Le Compostelle", 31 rue du Roi de Sicile (IVe)

     

     

    Le gérant de cet hôtel coquet trois étoiles, membre de notre association, parle avec condescendance et dans un langage imagé du phénomène des locations saisonnières. Pour dire d'emblée qu'il lui est reconnaissant de lui fournir des bataillons de clients écœurés par une expérience décevante de ce mode d'hébergement, qui fait couler beaucoup d'encre par ailleurs.

    Sa progression selon lui n'est pas dû à son attractivité car il y beaucoup de déception chez ceux qui le pratiquent mais à la croissance très forte du tourisme en général. Quant aux loueurs, Bruno Bertez rappelle que le rendement de la location traditionnelle est de 1 % par an, avec les risques de non-paiement et les difficultés de récupération du bien, alors qu'il atteint 4 à 6% pour les locations meublées courte-durée, sans risques d'aliénation pour le bailleur…

    L'hôtel qu'il dirige ne craint pas leur concurrence. L'apparition de nouveaux venus qui se déclarent "résidences hôtelières ou résidences de tourisme" ne lui fait pas peur. Ils échapperont aux normes et contraintes de la profession tant qu'ils seront peu visibles mais dès qu'ils demanderont un "classement" ils subiront d'emblée le poids de la réglementation et des contrôles. Et les charges qui en découlent…

    Quant à lui, situé en plein cœur du Marais-sud, dans un immeuble "d'époque", au barycentre des Îles, du musée Pompidou, de l'Hôtel de Ville et de la place des Vosges, il ne cherche pas des clients, il les choisit ! les groupes par exemple sont pour lui "non grata". Il ne se dit pas riche pour autant. Les hôtels ne tirent pas bénéfice de la plus-value foncière constatée à Paris et particulièrement dans le Marais car le bâti n'est pas valorisé par le marché mais par la capitalisation de son rendement locatif, sous contrôle de fait car il est impossible en pratique de résilier un bail commercial ou d'en modifier radicalement le contenu.

    Cet entretien  nous convainc que l'hôtellerie traditionnelle, parce qu'elle ne souffre pas vraiment de la concurrence des locations saisonnières, ne sera pas l'allié objectif que la mairie de Paris pourrait attendre dans la lutte qu'elle conduit contre une évolution qui menace les grands équilibres sociaux en matière de logement. Il reste qu'il est nécessaire d'être vigilant sur le statut de ce qu'on nomme les "résidences hôtelières ou résidences de tourisme" et du contrôle de leur exploitation pour éviter qu'on ait un jour à affronter un drame résultant de leur défaillance en matière d'hygiène ou de sécurité.

    Gérard Simonet

     

  • Place du Bourg Tibourg (IVe) : le retour (en cours) à la normale consacre la diplomatie du Maire Ariel Weil…

    L'étincelle 05 11 19

    Place (*) du Bourg Tibourg (IVe) : disparition de la contre-terrasse de "L'Etincelle" (Photo VlM)

     

     

    C'est un espace en mutation que nous avons aujourd'hui sous nos yeux ! Depuis quelques semaines, on assiste au retrait des contre-terrasses qui avaient transformé ce qui ressemble à une place en une sorte de bunker que tous les établissements présents avaient contribué à créer. 

    Tous sauf un, le "Feria Café", à l'angle Verrerie, qui avait admis il y a quelques mois que sa contre-terrasse n'était ni belle ni légale et l'avait spontanément retirée. En reconnaissant par la suite que ses affaires avaient été favorablement affectées par l'abandon de sa contre-terrasse disgracieuse…

    Les autres décidaient de faire de la résistance et certains comme "l'Etincelle" saisissaient le tribunal administratif pour forcer la main de l'autorité municipale. 

    Il y a eu alors une heureuse concomitance : l'arrivée du nouveau maire Ariel Weil et la reprise de "l'Etincelle" par un nouveau gérant, Pierre Long. Un dialogue s'est établi avec lui et l'ensemble des établissements de la place. Il a abouti à la reconnaissance par l'ensemble de la profession de la nécessité de respecter les règles d'urbanisme qui contribuent au charme du lieu, un bienfait dont tout le monde bénéficie.

    Les amoureux du Marais s'en félicitent tout en affirmant, pour certains, de façon circonspecte que les restaurants vont tout faire pour "regagner du terrain" en poussant au maximum leurs terrasses ouvertes sur l'espace public. Une méfiance qui s'explique par les nombreux précédents dont nos quartiers sont victimes mais qui ne doit pas nous empêcher de nous réjouir d'une évolution qui prend le bon chemin.

     

    (*) Ce lieu au sens strict n'est pas une place. C'est la rue du Bourg Tibourg qui s'élargit en débouchant sur la rue de Rivoli au point de ressembler effectivement à une place.

     

  • « Résidences hôtelières », mode opératoire dans le Marais : massacre des immeubles XVIIIème à la bétonneuse…

    Grav 20

    Gravilliers 20

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Evacuation de gravats 20 rue des Gravilliers (IIIe). Parmi eux, de belles pierres des bâtiments existants, de la "pierre de taille jaune" très demandée sur le marché de la construction…

     

     

    Pendant que les élus et ceux qui rêvent de l'être à Paris dissertent sur la pertinence de porter de 120 à 90 (ou moins) le nombre de nuitées de location saisonnière autorisées pour les propriétaires de leur résidence principale, des acteurs plus sournois démolissent allègrement des locaux commerciaux, sans déclaration à la mairie, sans panneau d'affichage, nous disent des témoins.

    Il est un fait que depuis des mois, des propriétaires de locaux de statut "commercial" (souvent d'anciens entrepôts ou ateliers d'artisans) convertissent leurs biens en "résidences hôtelières" sans qu'il soit nécessaire de demander à la mairie de Paris le changement de statut qui s'impose à ceux qui sont propriétaires de locaux "d'habitation" et veulent en faire des logements type Airbnb, changement que la mairie a rendu difficile voire impossible dans le but de lutter efficacement contre les locations courte durée. 

    Pour ces propriétaires-là, la voie est étrangement libre. Ils doivent passer le cap de l'assemblée générale des copropriétaires. C'est aisé quand une majorité d'entre eux y a son intérêt. L'étape suivante est l'exécution des travaux de transformation. Ils sont souvent lancés sans demande d'autorisation. Si demande il y a auprès de la direction de l'Urbanisme de la Mairie de Paris, il nous semble que les services concernés ainsi que l'Architecte des Bâtiments de France, chargés de protéger l'architecture du Marais (Site Patrimonial Remarquable) font preuve d'une permissivité regrettable.

    Dans l'affaire qui nous concerne au 20 rue des Gravilliers, un groupe de propriétaires choqués par ce qu'ils constatent ont lancé une action judiciaire au civil devant le TGI contre l'entrepreneur concerné en mettant en cause la validité de l'assemblée générale. 

    Nous attirons sans tarder l'attention des autorités municipales et du Ministère de la Culture sur cet aspect symptomatique du phénomène des locations saisonnières. Nous les invitons du reste à aller plus loin et à se préoccuper du statut de ces "résidences hôtelières" qui sont devenues le Graal des entrepreneurs qui se convertissent. Il est probable qu'il faille légiférer pour que ces activités touristiques soient encadrées par des normes compatibles avec celles de l'hôtellerie traditionnelle. Faute de quoi, on assistera à une concurrence déloyale qui n'est acceptable par personne, et à la dégradation de l'habitat urbain.

    GS

     

  • La présence d’un nouveau poissonnier à la charnière des IIIe et IVe a revitalisé la rue Rambuteau…

     

     

    Omar barOmar Franka exhibe un super bar de ligne !

     

     

    Les anciens du quartier se souviennent de la poissonnerie du 30 rue Rambuteau, où officiaient les époux Lacroix et leur employé Charly. Ils ont laissé la place à Nicolas le caviste, un commerce tout à fait respectable (si on n'en abuse pas…).

    Il est resté une autre poissonnerie dans le même tronçon de la rue Rambuteau à l'enseigne de "La Cabane du Pêcheur" mais, sans vouloir être désobligeant avec elle, elle n'a jamais pu combler le vide de Lacroix car elle s'est spécialisée dans le très haut de gamme, pour ne pas dire l'inaccessible. Ses produits certes très frais et très bons n'étaient pas à la portée de la majorité des bourses du secteur….

    Sa gérante a cédé son fond de commerce il y a un peu plus d'un an et Omar Franka l'a repris. Omar a fait ses armes dans le métier en 2002 dans la poissonnerie de la rue Lepic à Montmartre. Il s'est lancé depuis et possédait déjà deux poissonneries dans le XVIIe rue de Tocqueville et dans le Xe au Faubourg St Martin quand il a décidé de reprendre ce commerce dans le Marais.

    L'effet de masse est recherché dans la profession car la qualité première des poissons, crustacés et coquillages est  leur fraicheur. Pour l'assurer, il faut se rendre chaque jour à Rungis. Un déplacement couteux qu'il importe d'amortir sur le montant total des achats de gros. Posséder trois magasins de détail au lieu de deux assure une meilleure rentabilité du commerce et concourt en même temps à la fraicheur des marchandises.

     

    Omar étalageUne partie de l'étal, un kaléidoscope de formes et de couleurs…

     

    M. Franka connait bien son métier. Pour satisfaire ses clients, il doit respecter trois critères qu'il hiérarchise ainsi : (1) la fraicheur ; (2) le service rendu ; et (3) le prix.

    Pour l'avoir adopté, nous sommes nombreux à reconnaitre que la fraicheur de ses produits est imbattable, qu'il s'agisse des dorades à l'œil encore brillant, les délicieuses pinces de tourteaux ou les fameuses huitres de Marennes-Oléron, Gillardeau, spéciales n° 2 ou fines de claires.

    Le service rendu par ses employés est large et attentif. Chaque poisson est préparé comme il se doit mais les huitres, oursins ou palourdes sont ouverts aussi à la demande, les pinces de crabe cassées et soigneusement emballées. Le tout dans la bonne humeur d'employés qui aiment manifestement ce qu'ils font.

    Les prix qui avaient explosé chez son prédécesseur sont devenus sages pour des produits de cette qualité, dans la moyenne des poissonniers de Bretagne et de Montorgueuil.

    Omar Franka est conscient de son rôle social. Il affirme qu'un poissonnier et un boucher sont indispensables à l'équilibre d'un quartier. Pour bien faire, il faut aussi un fromager et un boulanger. Heureux habitants de la rue Rambuteau, ils ont leur boucher, Provins, leur poissonnier mais aussi un fromager et trois boulangeries !

    Il se démène pour que les commerçants de la rue Rambuteau financent les illuminations de Noël, auquel il est attaché. A ce jour une moitié seulement d'entre eux sont d'accord. La contribution n'est pourtant pas très lourde : 300 € environ pour chaque commerçant. Mais sans unanimité il n'y aura pas d'illumination. On suit l'affaire avec attention….

     

     

  • Rencontre avec Gaspard Gantzer et Benjamin Djiane, candidats à la mairie de Paris et à celle de Paris-centre

    Ganzer djiane gérardGaspard Gantzer et Benjamin Djiane avec Gérard Simonet

     

    Les candidats aux élections municipales de 2020 nous invitent à des entretiens à bâton rompu pour nous exposer leurs programmes. En général nous sommes heureux de les voir mais il nous importe davantage qu'ils prennent connaissance de nos attentes plutôt que nous faire part de projets mirobolants pour Paris, projets d'ailleurs que personne ne réclame.

    Les parisiens ont appris à se méfier des projets. Certes il en faut, pour autant qu'ils soient raisonnables, mais ils ne doivent en aucun cas occulter la nécessité de gérer correctement le quotidien. C'est ce que soutient Gaspard Gantzer, ancien conseiller communication de François Hollande, qui a lancé le mouvement "Parisiennes, Parisiens" en vue des prochaines élections et qui dans cette optique a souhaité nous rencontrer. 

    S'agissant de la propreté, il plaide pour un investissement massif de 300 Millions d'€ sur 6 ans pour la mécanisation du travail. Il souligne que l'époque n'est plus au balai qui équipe aujourd'hui nos agents… (Ce faisant il minimise le fait que Paris a commencé à s'équiper de ces gros aspirateurs qu'on nomme les "Glutons").

    Gluton  IVe 13 03 19"Gluton" prêt à l'emploi dans le IVe – mars 2019

     

    A ce propos, nous revenons sur notre manifeste du 16 juin 2019 qui appelle l'attention des candidats sur la nécessité de considérer la propreté dans sa globalité qui inclut le paysage de la rue et le mobilier urbain (tags anxiogènes, affiches et affichettes sauvages, bancs publics, armoires, boitiers électriques, plaques de rues, poteaux supports de signalisation, boites aux lettres…). L'impression de propreté ou de saleté découle directement de l'état dans lequel notre regard les découvre. Nos interlocuteurs l'admettent mais ils n'y avaient pas vraiment pensé !

    A propos de la densité d'habitants à Paris, Gaspard Gantzer observe avec justesse qu'elle recouvre non seulement les résidents mais aussi ceux qui s'y rendent pour leur travail et les touristes, une masse de visiteurs qu'il va falloir contenir et qui gonfle déjà notre population de 4 à 500.000 personnes chaque jour, concentrées sur les sites les plus attractifs dont le Marais fait partie.

    Il se demande "quels habitants on veut pour Paris". Cette interrogation recouvre son désir que Paris soit davantage accessible aux employés des services publics et aux familles, ce que d'autres appellent la classe moyenne. Il faut pour cela des mesures ciblées pour décourager l'affectation des logements aux locations hôtelières de courte durée et développer le parc de logements en location classique (NB : M. Gantzer a été conseiller de Airbnb dans son contentieux avec la Ville de Paris).

    Il perçoit comme un paradoxe le fait que Paris "se vide de ses habitants". Nous avons déclaré nous-mêmes que les variations détectées sont du même ordre que l'imprécision des statistiques. S'agissant de Paris-centre, le IVe perd en effet des habitants et surtout des familles du fait de l'agitation qui y règne mais le IIIe, plus "sage", en gagne. 

    Gaspard Gantzer juge "scandaleuse" la dette de la Ville de Paris. Il l'attribue à la baisse de la dotation de l'Etat mais aussi aux dépenses somptuaires pour la réalisation des grands aménagements de voirie, notamment les grandes places, et au coût des préemptions sur les ventes de logements. Il semble ne pas considérer que le gonflement de 40.000 à 55.000 employés depuis 2001 y soit pour quelque chose… Opposé à la hausse des impôts, il table sur des économies de fonctionnement par la réduction des effectifs de personnel de bureau. Comme la municipalité en place, il pense continuer à bénéficier – mais sans trop le dire – de la hausse des droits de mutation liée mécaniquement à la hausse des prix de l'immobilier à Paris.

    Partisan d'une vraie police municipale armée, il se plaint du peu de visibilité des 3.500 agents de la DPSP (la direction de la prévention, de la sécurité et de la protection de la Ville de Paris) et veut "qu'on voie du bleu dans les rues de Paris", une des manières de lutter contre la croissance inquiétante des incivilités, infractions, délits et crimes dans la capitale.

    Nous connaissions déjà Benjamin Djiane pour son engagement dans le IIIe aux côtés de Pierre Aidenbaum sur les questions de sécurité et son implication dans la gestion du dossier difficile du secteur St Martin/Blondel/Ste Appoline. C'était en revanche notre premier contact avec M. Gantzer. Notre sentiment est que les positions qu'ils défendent sont pertinentes et qu'ils sont tout aussi bien Anne Hidalgo que LReM compatibles. Leurs intentions gagneraient toutefois à être un peu plus étayées par des chiffres crédibles. Lorsqu'il s'agit par exemple de financer le surcoût destiné à améliorer la propreté, ou trouver de vrais moyens de résorber la dette.

    GS

     

     

  • Avec la IVème session des « Moments Lyriques du Marais », c’est « l’Opéra pour tous » qui a triomphé !

    MLM l'église

    L'église des Blancs-Manteaux et l'assistance qui se  pressait au concert du 30 octobre. On reconnait à gauche au premier rang Anne Lebreton et au centre Ariel Weil (Photos VlM – cliquer gauche dans la photo pour agrandir)

     

     

    La IVe session des "Moments Lyriques du Marais" s'est déroulée en présence de 250 spectateurs réunis dans l'église ND des Blancs-Manteaux et du Maire du IVe Ariel Weil entouré de membres des conseils municipaux des deux arrondissements du Marais.

    Il ne s'agissait pas pour autant d'un événement parainé par la mairie mais les organisateurs que nous sommes apprécions que ceux qui gèrent la cité affichent leur intêret pour des initiatives culturelles comme celle-là.

    "Vivre le Marais !" a organisé ce concert du cycle des "Moments Lyriques du Marais" avec la collaboration de l'association-amie Culture & Patrimoine et le soutien de l'Agence de communication Parismarais.Com. De son côté, l'Agence immobilière des Enfants Rouges (66 rue de Bretagne) a tenu à s'impliquer dans l'événement en offrant un vin d'honneur dînatoire à l'issue du concert à la brasserie La Perle (78 rue Vieille du Temple). Spectateurs, artistes et organisateurs s'y sont retrouvés à l'issue du concert pour échanger jusqu'à une heure tardive (mais réglementaire…).

    MLM finalNos artistes au cours du final, le "Brindisi" de la Traviata de Verdi

     

    Pour qualifier la prestation de nos artistes Magali Albertini au piano, Lorrie Garcia mezzo-soprano, Kaëlig Boché ténor, Pauline Feracci soprano (de gauche à droite sur la photo), qui ont interprété des extraits d'une douzaine d'opéras en solo, duo et trio, je suis heureux de citer Denise une spectatrice qui s'est exprimée en ces termes après le concert : " c'était superbe ! Un moment de grâce. Avec une programmation subtile qui allait crescendo…". J'ajoute qu'au-delà des voix qui sont magnifiques, nos jeunes artistes nous offrent une scénographie qui emporte l'adhésion du public et soulève son enthousiasme. 

    Nous avons fait l'annonce du prochain événement musical. Ce sera un récital de piano autour de Beethoven dont on célèbrera en 2020 l'anniversaire de sa naissance (1770). Notre soliste, rencontré au festival international de Canari, est Olivier Cangelosi. Il interprètera quatre sonates de Beethoven : deux sonates de jeunesse d'inspiration mozartienne et deux sonates de sa maturité, l'incomparable "Clair de Lune" et ce monument qu'est l'avant-dernière de ses sonates, plus connue sous le nom "d'opus 110". L'annonce formelle sera faite en temps utile sur ce blog. Précisons d'ores et déjà que ce sera le 29 janvier 2020. Une date à marquer d'une croix blanche sur vos agendas !

    Gérard Simonet