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Auteur/autrice : Vivre le Marais

  • Retour sur le risque incendie dans le secteur Temple-Beaubourg (IIIe)

        Temple 103 rez de chaussée 09 05 12

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Immeuble 103 rue du Temple (IIIe)

     

    Cet immeuble fait l'angle entre les rues du Temple et de Montmorency. Il date de 1740 et fait l'objet d'une incription à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. Conçu comme un immeuble "de rapport", il offre de beaux volumes sous arcades de pierre en plein cintre et un portail avec une imposte en demi-cintre qui abrite une ouverture de petite taille. Les fenêtres des étages sont généreuses et agréablement réhaussées de garde-corps en fonte.

    L'immeuble a un frère siamois et symétrique au numéro 101. Qu'on a du mal à reconnaitre comme tel aujourd'hui. Qu'on en juge :

     

    Temple 101 rez de chaussée 09 05 12

    Immeuble 101 rue du Temple (IIIe)

     

    Il a pourtant bénéficié d'une réhabilitation récente comme celui qui lui fait pendant. Que s'est-il passé ?

    Dans la nuit du 31 juillet au 1er août 2011, alors que notre vigilance s'était assoupie dans la torpeur des douces nuits méditérranéennes, des encombrants entreposés comme tous les soirs sur le trottoir, ont pris feu. Accident, mégot, main malveillante ? On ne le saura sans doute jamais. Il était 5h00 du matin. Un de nos adhérents dormait au-dessus, chez lui. La boutique et l'entresol ont été dévastés par les flammes. Les pompiers ont pu intervenir rapidement ; ils ont évité que l'incendie se propage dans les parties hautes de l'immeuble et fasse des victimes.

    Notre témoin n'en a pas parlé. Il a sans doute attribué le sinistre à la fatalité. Puis il a eu connaissance, plus récemment, de l'incendie similaire que nous avons relaté au 78 rue du Temple, qui a pris sa source la nuit dans une cave-entrepôt, sur des cartons contenant des marchandises inflammables. Une habitante de l'immeuble nous confiait dernièrement cette déclaration des pompiers  : "si nous étions intervenus dix minutes plus tard, l'incendie aurait totalement dévasté votre immeuble car ses murs sont à pans de bois". 

    Les observateurs constatent autour d'eux que de nombreux espaces sont affectés au stockage de marchandises et d'emballages et ils savent que la rapidité d'intervention des pompiers n'est pas garantie. Il leur est arrivé de relever la présence de pétards. Les riverains craignent maintenant pour leur sécurité et celle des personnes qui vivent dans un environnement similaire. En témoignage cette photo d'une entrée de cave au 101 :

    Temple 101 couloir cave 09 05 12
    Autre constatation : en dépit de la hausse du foncier, on dénombre encore dans le voisinage, des immeubles qui au lieu d'être habités sont remplis du haut en bas de cartons, comme celui-ci, au 88 rue du Temple, juste en face de l'immeuble incendié :

    Temple 88 immeuble haut (2)

    Nous en référons au Maire du IIIe, Pierre Aidenbaum, pour lui demander qu'un audit soit lancé pour répertorier les zones les plus critiques du quartier et décider d'actions à entreprendre. C'est une démarche de prévention mais également de protection de sa responsabilité dans l'hypothèse, que nous ne voulons naturellement pas envisager, où un drame plus grave encore que ceux que nous avons vécus viendrait à se produire.

    Les habitants du quartier s'étaient largement mobilisés au début des années 2000 sur ce thème mais le déplacement progressif des grossistes-importateurs vers Aubervilliers, qui est incontestable, a tempéré leurs préventions mais n'a pas mis à l'abri encore ces quelques foyers de désastre potentiel qui perdurent. En dresser l'inventaire serait un premier pas vers l'apaisement des craintes exprimées par les riverains.

     

    Pour agrandir les images et distinguer des détails, cliquez gauche jusqu'à deux fois dans les photos

    Intéressé par l'association : cliquer ICI

     

  • Exposition Matisse au Centre Georges Pompidou (IVe) : paires et séries, couleur et mouvement

    Matisse luxe calme et volupté cartes

    Nu drapé au fauteuil, à droite, nu au fauteuil avec plante verte, à gauche. Huiles sur toile de 1936

                                  

    Le titre de cette exposition, si remarquable que les organisateurs ont décidé une extension des horaires les week-ends jusqu'à 23h00, tient au goût cher à Henri Matisse de traiter sa peinture dans un mode "thème et variations". A partir d'un sujet qui constitue le thème (ici une jeune femme nue qui porte un collier et s'étale sur un fauteuil) il se livre à une ou plusieurs variations qui donnent toute liberté à son imagination.

    Lorsqu'il décline son thème, on perçoit les influences auxquelles il est sensible, notamment le cubisme de Picasso. Les visages révèlent simultanément une face et un profil. Les natures mortes s'affranchissent de la perspective comme l'a esquissé Cézanne.

    Ses personnages ne cherchent pas à refléter une personnalité mais à exprimer des mouvements du corps. Il fait l'apologie de la danse, non pas à la manière de Degas qui peignait des danseuses en tutus, mais à travers l'expression de corps nus et rustiques dans des attitudes qui sont des instantanés de groupes en mouvement.

    Matisse trio

    "Le luxe". Collioures 1907, huile sur toile

     

    Jusqu'au 18 juin 2012

    Centre Georges Pompidou (IVe)

    de 11h00 à 21h00, nocturnes du jeudi au lundi jusqu'à 23h00

    Tarif de base : 12 €

     

     

     

  • « L’impasse Partout » : quand l’almanach Vermot se décline chez nous dans la rue

    Archives impasse partout 02 05 12      Au numéro Numéro 2 de "l'impasse Partout", dans le 21ème arrondissement

                                               

    Information du 2 mai 2012

    Nous ne dévoilons pas tout de suite l'adresse précise de cette facétie. Fidèles à notre principe, nous sourions de l'initiative car elle est drôle comme un mot laid (de ceux qui font les gens bêtes) de l'almanach Vermot mais nous la désapprouvons car elle est illicite et susceptible d'encourager une avalanche d'oeuvres que nous pourrions ne pas apprécier.

    Il n'est pas très difficile d'ailleurs de la trouver. La façade du fond est un indice qui facilitera la tâche des chercheurs.

    L'histoire ne s'arrête pas là. Dimanche soir, mais pas avant 20h00, nous vous livrerons ici dessous une vue panoramique du lieu, qui tend à suggérer que la pensée des auteurs allait plus loin que le simple calembour. A moins qu'il ne s'agisse que d'une pure coincidence. 

     Post-scriptum du 7 mai 2012, 20h00

    La maturité de la classe politique s'évalue inversement au nombre d'affiches sauvages qui sont placardées de manière illicite sur les murs de la ville. Depuis dix ans, à l'arrivée des grands scrutins, nous demandons aux responsables politiques de nous épargner le spectacle désolant des façades d'immeuble et du mobiilier urbain défigurés par le papier et la colle, en leur rappelant que c'est bien assez des tableaux d'affichage officiel qui fleurissent autour des lieux publics.

    Nous avons obtenu des résultats. La campagne présidentielle a été plutôt digne de ce point de vue. Il faut observer que ceux qui se sont affranchis de la règle ont obtenu un piètre résultat qui donne à leur participation une allure de pirouette.

    L'auteur de la plaisanterie qui fait l'objet de cet article, dont on vous révèle le lieu : 57 rue des Archives (IIIe), a peut-être voulu apporter sa pierre à notre combat pacifique, en plaçant sa plaque au bord du champ de ce qui a été un des rares dérapages de la campagne de l'heureux élu.

    Archivs impasse partout hollande 02 05 12

    Etat des lieux le 2 mai

                          

    En faisant d'une pierre deux coups puisque les têtes avaient changé, l'espace d'une nuit :

    Archives impasse partout 03 05 12Etat des lieux le 3 mai

    Nous le disons une fois de plus aux candidats : chers amis, vous disposez de nombreux moyens licites de communiquer. Respectez le paysage de la rue. Vos affiches défigurent l'environnement mais aussi votre image car elles sont rapidement lacérées et partent en haillons. Vos colles, volontairement puissantes, exigeront des heures d'intervention des services de la propreté qui auront du mal cependant à restituer aux murs et parois leur apparence initiale.

    Nous ne le répèterons jamais assez : loin de nous convaincre en votre faveur, la prolifération de vos affiches nous éloignera de vous. Que ce soit bien compris !

     

  • Rencontre avec de discrets conservateurs de la mémoire des rues de nos arrondissements

    Mémoire rues de paris IVe
    C'était au 48 rue du Roi de Sicile dans le IVe, 1920 ? 1930 ? Qui peut répondre ? c'est un quiz …

     

    Jean-Louis Célati et Lionnel Mouraux dirigent une association, la "Photothèque des Jeunes Parisiens". Dans la tête de ces adeptes de la prévention, éducateurs de rues pour jeunes désocialisés, originaires du quartier du Sentier, l'idée a germé dans les années 80 de donner comme but à leurs pupilles de rassembler des témoignages photographiques des rues de Paris et d'en faire une activité qui conjugue commerce  et culture.

    Leur aboutissement, c'est l'édition de 20 recueils dédiés chacun à l'un des arrondissements de la capitale. Leur slogan : "s'intéresser au passé pour mieux se projeter dans l'avenir et le préparer". On voit ici celui du IVe. Il en existe un aussi pour le IIIe, s'agissant du Marais. Ils ont pour cela repris en y ajoutant des légendes, les 25.000 photos et cartes postales que constitue leur thésorus. Pas ou peu de texte, des images seulement. Elles gardent en mémoire ce qu'a été la capitale dans la première moitié du XXème siècle, jusqu'à la deuxième guerre mondiale.

    On y découvre un Paris surpeuplé, mal entretenu mais incroyablement humain, des devantures comme il en reste une poignée encore chez nous grâce aux soins attentifs des Bâtiments de France, devant lesquelles une foule d'employés sont venus poser pour la photographie ; un évènement à l'époque !

    On est tenté bien entendu de comparer ces témoignages du passé au paysage actuel de nos rues. En concentrant l'attention sur les immeubles, leurs portails, leurs ouvertures, leur décoration architecturale, on parvient assez bien à superposer le présent au passé en éliminant le temps qui s'est invité en imposant sa  volonté de changement à tout ce qui était structurellement éphémère.

    Une visite sur leur site est recommandée : parimagine.fr. Si on aime chiner, il vaut mieux aller sur place, 9 rue de Mulhouse (IIe) tél. 01 45 08 11 97 ou phototheque.parisiens@wanadoo.fr et se plonger dans leur stock de souvenirs. Ils vous vendront le manuel d'arrondissement (prix 22,00 €) qui vous intéresse mais aussi des photos ou des cartes postales à la pièce. Aidez les à sauver le patrimoine photographique parisien !

    Pour finir cette évocation, voici une photo de marchand des quatre-saisons dont la qualité technique nous ravit.

    Mémoire rues petits métiers

     

  • Prochaine visite guidée « Vivre le Marais ! » : le « village » de la Butte aux Cailles (XIIIe)

    Butte aux cailles restau des crêpes et des cailles

    Le restaurant "des Crêpes et des Cailles", belle harmonie de couleurs, juste à côté du "Merle Moqueur"

     

     

    La Butte aux Cailles : la province à Paris

    Jeudi 24 mai 2012


    Rendez-vous à 14h15 à la sortie du métro Maison-Blanche,

    côté numéros pairs de l’avenue d’Italie (XIIIe).

     

     

    La Butte aux Cailles, le Moulin des Prés, le square des Peupliers, la rue des Cinq Diamants… tous ces termes poétiques appartiennent à un quartier en forme de village avec petites maison individuelles et jardinets où fleure bon la glycine.

    Notre guide, Sylvain Solustri, nous fera découvrir bien d'insolites lieux qui, jusqu'en 1860, appartenaient encore à la grande commune de Gentilly. La Bièvre se divise, à la hauteur de la Poterne des Peupliers, en deux bras très voisins que nous suivrons pour découvrir un rarissime vestige des fortifications de M Thiers et un incroyable ensemble de maisons individuelles autrefois ouvrières et qui se négocient maintenant à prix d'or, telle la curieuse Petite Alsace.

    Nous connaîtrons l'origine du nom "Glacière" et trouverons encore des traces des fabriques, usines et tanneries qui bordaient la Bièvre. Nous gravirons les pentes de la Butte aux Cailles sur les traces du premier voyage aérien du monde en 1783 et nous pourrons même goûter l'eau très pure venue des 547 mètres de profondeur du puits artésien creusé en 1864 par Arago. Pas de demeures somptueuses mais un dépaysant et verdoyant voyage plein de surprises au cœur du Paris besogneux du XIXème siècle, en guise de prémices aux vacances.

    Et pourquoi pas un goûter en commun à l'issue de la visite dans un lieu qui est à lui seul toute une histoire "Le Temps des Cerises".

    Nous vous rappelons une participation aux frais de 10 euros par personne et vous remercions de prévenir de votre venue notre très dévouée organisatrice Marie-Françoise Masféty-Klein, téléphone : 01 42 72 61 41 ou mail : mfmk@free.fr

                                                                                              

  • Incendie rue du Temple (IIIe) le samedi 14 avril 2012

    Temple 78 rue incendie 14 04 12

    Samedi 14 avril 10h00, devant le 78 rue du Temple (IIIe)

     

    Police et pompiers se sont déployés ce matin-là autour du carrefour Temple-Michel le Comte. La rue des Haudriettes sur toute sa longueur et la rue du Temple entre Rambuteau et Michel le Comte ont été fermées à la circulation pendant plus de deux heures.

     

    Temple 78 magasin incendie 14 04 12

    En cause, le magasin de bijoux fantaisie "Temple 78" dont la cave a pris feu. On voit les traces de fumées au-dessus des deux bouches d'aération. Selon les responsables du magasin, des cartons ont pris feu, sous l'effet (c'est une hypothèse) d'un mégot incandescent qui serait entré par l'une des bouches.

    On a souvent évoqué le risque incendie dû à l'entreposage de matériaux inflammables dans les arrière-boutiques, sous-sols et étages des commerces de gros. L'enquête dira s'il s'agit là de la cause de cet incendie qui aurait pu faire de très sévères dégats matériels et humains, s'il n'avait pas été si rapidement maitrisé, par des pompiers qui n'ont pas la tâche facile dans nos rues étroites et encombrées.

     

  • Entretiens avec les candidats en vue des législatives : Benjamin Lancar et Déborah Pawlik, candidats UMP dans la 5ème circonscription (IIIe et Xe)

    Lancar pawlick 12 04 12

    Le Comte

    Te mesurer à moi ! qui t'a rendu si vain

    Toi qu'on n'a jamais vu les armes à la main !

    Don Rodrigue

    Mes pareils à deux fois ne se font point connaître

    Et pour leurs coups d'essai veulent des coups de maître.

    Le Cid, Corneille, acte II scène 2

     

    Benjamin Lancar pourrait méditer ces vers du Cid. Âgé de 26 ans à peine, il se lance à l'assaut d'une circonscription qui n'est pas jugée facile pour lui. Il est appuyé par Déborah Pawlik, sa suppléante, de quelques années à peine son ainée.

    Benjamin Lancar est diplômé d'HEC et de Sciences Po. Il est conseiller régional d'Île-de-France depuis 2010 et président des "Jeunes Populaires" (UMP). Il n'a pas eu l'occasion encore d'exercer des activités en entreprise mais il a eu des responsabilités sociales dans la direction de centres de vacances. Il a aussi enseigné les mathématiques pendant cinq ans à des jeunes candidats aux grandes écoles. En 2011, l'UMP le nomme "secrétaire national à la nouvelle économie". Il a ouvert une permanence dans le Xe et une autre dans le IIIe, 44 rue du Vertbois.

    Déborah Pawlik a fait des études en sciences politiques, elle aussi. Elle a été assistante parlementaire à l'Assemblée Nationale puis chef de cabinet de Rama Yade alors secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires Etrangères. Depuis neuf mois, elle est chef de cabinet à la Commission Générale au Développement Durable.

    La première partie de l'entretien a été consacrée aux sujets d'intérêt national. Nous avons commencé avec la dette. C'est une des priorités du programme du candidat Nicolas Sarkozy. M. Lancar estime qu'il est le seul, avec concède-t-il, François Bayrou, "à s'en préoccuper sérieusement et à être crédible". Pour lui l'arrivée de François Hollande au pouvoir signifierait l'entrée de la France dans le groupe des malades de l'Europe qui inclut la Grèce, l'Italie et l'Espagne (sans parler de l'Irlande et du Portugal) et "porterait en soi un risque de catastrophe et de faillite".

    Il nous détaille sa feuille de route : déficit de 4,7% en 2012, 3% en 2013, 2% en 2014 et l'équilibre en 2016. A la remarque que son concurrent principal a lui aussi son plan de redressement, Benjamin Lancar répond que "les hypothèses de croissance sur lesquelles s'appuie le projet socialiste ne sont pas raisonnables et pour tout dire irréalistes". Il souligne que François Hollande ne propose "aucune économie de dépenses"

    D'ici à 2016, il rappelle que, pour Nicolas Sarkozy, il y a 115 milliards d'€ de redressement budgétaire à opérer, qu'il entend obtenir par 70 milliards de réduction des dépenses et 45 milliards d'accroissement des recettes. Sur ces 45 milliards, 32 milliards ont été déjà votés. Reste 13 milliards à trouver. Ce sont les exilés fiscaux qui en feront les frais et les entreprises internationales qui paient trop peu d'impôt en France au regard de leurs revenus. A celles-là, un impôt forfaitaire sur le chiffre d'affaires sera appliqué".

    S'agissant des dépenses, son parti entend poursuivre la "révision générale des politiques publiques" (le "cost-killing" anglo-saxon"), "la maitrise et la rationalisation des dépenses de santé" (il rappelle que l'assurance-maladie vient d'annoncer un économie de 8,5 milliards d'€ sur son budget courant), "le remplacement d'un fonctionnaire sur deux, y compris dans les collectivités territoriales". Il pourrait y avoir quelques exceptions mais ce principe reste la règle.

    On a parlé du logement, problème prioritaire pour la plupart des français, plus aigu sans nul doute à Paris. M. Lancar récuse l'accusation qui est faite au gouvernement de n'avoir pas assez construit. Il rappelle que le programme de logements neufs était de 135.000 par an et qu'il a été respecté (l'abbé Pierre en réclamait, il est vrai, 150.000). La production de logements étudiants a suivi les préconisations du rapport Anciaux.

    Il admet néanmoins que des efforts restent à faire. Mesures proposées : pas d'encadrement des loyers mais division par deux des droits de mutation sur la résidence principale (NDLR : les prix baisseraient de 3% environ, les communes y perdraient une recette importante), élargissement des règles d'urbanisme pour étendre de 30 %, là où c'est possible, le coefficient d'occupation au sol. A propos du logement social, il milite avec son parti pour un "contrôle annuel de l'éligibilité des occupants et l'incitation à l'accession à la propriété".

    Considérant que la pénurie de logements locatifs est largement due à la réticence des propriétaires face au risque de non-paiement, il songe à instaurer, à côté du modèle de bail traditionnel, une version "donnant-donnant" par laquelle le locataire troquerait une partie de ses droits au maintien dans les lieux, contre un loyer plus bas.

    L'obligation de construire du logement social (20% par commune dans la loi SRU) lui semble devoir relever davantage d'une approche plus large, au niveau de communautés urbaines telles que le "Grand Paris". Une proposition qui pourrait faire grincer des dents : l'attribution des logements sociaux par un "jury de citoyens", "par souci de transparence".

    On n'a pas voulu éluder les questions d'intérêt local. La propreté : "il faut en faire une priorité absolue". Les amendes pour utilisation abusive de l'espace public "doivent être dissuasives". (On lui a rappelé qu'un projet de loi socialiste dans ce sens avait avorté l'an dernier faute de motivation de l'UMP). A la tentation – perceptible – d'exploiter de manière intensive le patrimoine architectural de Paris et de ses sites les plus attractifs, nous avons fait remarquer que la qualité de vie des habitants ne doit pas être sacrifiée sur l'autel de l'économie locale, notamment des commerces. Quand les habitants songent à partir, c'est le début de la fin de la poule aux oeufs d'or dans un centre ville transformé en musée ou en parc d'attractions.

    Dans cet ordre d'idées, nous avons mis en garde nos interlocuteurs contre la transformation de nos quartiers en hôtels meublés dont les logements sont loués à la semaine. Là comme ailleurs, c'est affaire de mesure. L'exploitation extensive de ce commerce est elle aussi incompatible avec la qualité de vie des habitants permanents, qui sont aussi ceux qui votent.

    Nous avons retenu le projet d'instaurer un péage urbain à Paris (dans les 11 premiers arrondissements) et une police municipale (NDLR : qui existe déjà peu ou prou avec la DPP -direction de la prévention et de la protection).

     

     

     

  • Entretiens avec les candidats en vue des législatives : Seybah Dagoma et Pierre Aidenbaum candidats dans la 5ème circonscription (IIIe et Xe)

    Dagoma aidenbaum 15 04 12 (1)

    Seybah Dagoma et Pierre Aidenbaum, au siège de l'association

     

    Seybah Dagoma et Pierre Aidenbaum, candidats du Parti Socialiste aux postes de députée et suppléant aux législatives de Juin dans la 5ème circonscription, qui comprend les IIIe et Xe arrondissements dans le nouveau découpage, nous ont rendu visite le 5 avril au siège de l'association, où ils ont été reçus par des membres du bureau et par le président.

    On a dit quelques mots de ce découpage étrange qui a semblé inévitable compte tenu de la petite taille des arrondissements du centre de Paris. Pour le regretter, car il fait fi de l'unité historique, architecturale et sociale des quatre arrondissements qui le constitue.

    La candidate Seybah Dagoma a 33 ans. Elle est avocate de profession, en "disponibilité" pour se consacrer à la carrière politique. Elle est en effet conseillère de Paris, élue du 1er arrondissement, Adjointe au Maire de Paris en charge de l'économie sociale et solidaire. Le parti socialiste l'a choisie pour défendre ses couleurs et son programme aux élections législatives qui se dérouleront en juin.

    Quant à Pierre Aidenbaum, déjà suppléant de la députée "Parti de Gauche" actuelle, Martine Billard (*), maire du IIIe depuis 1995 et conseiller de Paris, ré-élu en 2001 et en 2008 au premier tour, on ne le présente plus. Rappelons quand même qu'il est par ailleurs président du bailleur-social RIVP (régie immobilière de la ville de Paris) et signataire d'un appel paru en 2012 dans "Libération" qui défend la création d'un état palestinien libre et indépendant aux côtés de l'état d'Israël.

    Mme Dagoma affirme que son action à la mairie de Paris a conduit au retour à l'emploi, depuis 2008, de 10.000 personnes grace à ses mesures en faveur de l'insertion et de la création d'entreprises, notamment "l'appel à projets" financé en partie par la Ville de Paris et par l'attribution de "micro-crédits". Son intervention a souvent permis le sauvetage d'entreprises en panne de repreneur en recourant aux SCOP (sociétés coopératives de production).

    Elle fera campagne sur les thèmes du logement, de l'éducation, de la santé et de l'emploi. Elle considère que l'Etat n'affecte pas suffisamment de moyens à l'école, à la justice, et à la police dont elle souhaite qu'elle mette en oeuvre une nouvelle "sécurité de proximité". Pour corriger la situation, 1.000 postes pour la justice, la police et la gendarmerie devraient être créés chaque année.

    La question sur le financement de ces moyens supplémentaires conduit la candidate à évoquer une "réforme de justice fiscale" qu'un gouvernement socialiste serait amené à conduire, dans le but évident d'augmenter les recettes. Car elle convient que le spectre de la dette plane sur nous tous et sur tous les programmes politiques "responsables". Elle s'en prend aux "niches fiscales" (reste à définir lesquelles) et aux allègement dont a bénéficié l'ISF en 2011, qui ferait ainsi un retour en force.

    A propos de la construction, la prochaine législature se donnerait un objectif de création de 2,5 millions de logements neufs en France. La loi SRU (solidarité et renouvellement urbain) serait amendée de façon que l'obligation des communes à créer des logements sociaux passe de 20 à 25%  avec des sanctions renforcées en cas d'inexécution.

    Ce dispositif serait complété par des mesures contraignantes à l'égard des loyers. Elle suggère un "encadrement". A ne pas confondre avec le concept de "blocage" (dont on lui faisait remarquer qu'il n'avait donné aucun résultat dans le passé, en matière de modération des prix ou des loyers).

    S'agissant plus spécifiquement de notre ville, nous avons insisté sur le danger d'un Paris excessivement festif et sur la nécessité de brider le développement anarchique des locations meublées courte durée. Nous avons soulevé la question préoccupante de la pollution de l'air aux particules fines, danger mortel pour les bronches en particulier celles de nos enfants (en trois mois, à fin mars, nous avons absorbé la totalité de la quantité annuelle acceptable).

    Nous avons exprimé l'avis que poursuivre la densification de Paris intra-muros était une forme de suicide collectif car habitat et activité économique s'entretiennent l'un l'autre dans une forme de surenchère qui s'inspire de la course à l'échalote. Le concept de "Grand Paris" (UMP) ou "Paris Métropole" (PS), de ce point de vue, est probablement la meilleure façon d'éviter une faillite annoncée.

    Elle votera l'augmentation résolue des sanctions contre les terrasses et étalages qui débordent et contre les tags. Dont acte. Notre paysage urbain en a bien besoin.

    On peut visier son site  seybah dagoma

    Une fois élue, ce que nous lui souhaitons, elle aura sa permanence et rendra des comptes.

     

    (*) Pierre Aidenbaum nous demande de préciser qu'il a été le suppléant de Martine Billard, quand elle s'est présentée aux législatives de 2007 sous l'étiquette des "Verts", au terme d'un accord passé avec le Parti Socialiste. Martine Billard a quitté les "Verts" pour rejoindre le "Parti de Gauche" de Jean-Luc Mélanchon (NDLR).

     

     

  • Nouvelle convocation à comparaitre de « Vivre le Marais ! » devant le juge d’instruction du Tribunal de Grande Instance de Paris, sur plainte du gérant du COX pour « allégations portant atteinte à son honneur ou à sa considération »

    Cox attroupement 23 03 12

    Consommateurs du COX, 15 rue des Archives (IVe) le 23 mars 2012 en soirée (clic gauche dans la photo pour agrandir)

     

    Il nous est reproché par un réquisitoire "supplétif", à la suite de la plainte déposée contre nous par le gérant du COX, d'avoir été le porte parole des riverains dans leur protestation contre l'occupation du trottoir et de la chaussée de la rue des Archives et du square Ste Croix (IVe) le soir par des client du COX qui consomment debout leur verre à la main, au-delà de l'espace autorisé pour la terrasse.

    La photo ci-dessus a été prise depuis l'immeuble d'en-face le 23 mars 2012, et renouvelée le 25 mars à peu près à l'identique. Selon le gérant du COX,  les déclarations qu'il nous prête sont diffamatoires. Que dire de cette photo ? Sommes-nous tous collectivement victimes d'une illusion d'optique ?

    Les pintes que les consommateurs tiennent à la main en consommant debout relèveraient-elles aussi du mirage ?

    La terrasse "de fait" qui s'étend sur quasiment tout le trottoir au droit de la façade du bar, et sur l'ensemble du trottoir et de la chaussée du square Ste Croix de la Bretonnerie (IVe) qui débouche sur la rue des Archives, est-elle conforme au règlement de la Ville de Paris ? Les autres établissements du Marais, qui s'appliquent à  le respecter, aimeraient bien le savoir pour leur propre gouverne.

    On verra ce que la justice en pense, le jour où se tiendra l'audience à laquelle nous nous préparons.

     

    Pour soutenir l'association : Cliquez ICI

     

     

  • Symbole de l’hyper densité et de l’hyper activité de Paris : les Buttes Chaumont, par un beau dimanche de printemps …

    Buttes chaumont pelouse 25 03 12
    Les Buttes Chaumont, dimanche 25 mars 2012 après-midi

     

    Il y a une très belle séquence dans le film "Autant en emporte le vent" d'après Margaret Mitchell, mis en  scène par Victor Fleming. Elle montre la foule des victimes sudistes à l'issue du siège et de la bataille d'Atlanta. La caméra amorce un panoramique en filmant le coin gauche d'un champ où gisent quelques soldats. Puis l'objectif tourne sur la droite et révèle petit à petit, dans un crescendo à forte tension dramatique, un champ immense de blessés qui s'étend à perte de vue.

    En découvrant ce pré en pente des Buttes Chaumont, en contre-bas de la guinguette "Rosa Bonheur", l'image d'Atlanta nous est revenue. Pas de blessés ici, des gens plutôt jeunes et heureux de vivre, assoiffés de grand air et de soleil, mais assis au fesse à fesse sur une pelouse qui en perdait son charme bucolique.

    Il en est ainsi de Paris, trop dense et trop active, pour qu'il soit encore aisé d'y vivre quand on a soif de quiétude. Mais qui peut s'opposer à la fréquentation d'un lieu qui attire la foule venue d'ici et d'ailleurs simplement parce qu'il est attractif ? Aucun règlement ne s'y oppose, aucune morale ne peut le condamner. On peut se plaindre du manquement à certains règlements comme ces deux-roues qui encombrent les trottoirs à l'entrée. Mais ils sont trop nombreux pour que l'autorité sévisse. Qui plus est, un dimanche.

    Une seule attitude est concevable : renoncer à s'y rendre pour ne pas gonfler le nombre de ceux qui ne paraissent pas s'en offusquer.

    Gérard Simonet